‹ De La Tuberculose LingualeChapitre 15 sur 40 · DIAGNOSTIC DE LABORATOIRE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DE LABORATOIRE

Dans tout ulcère dont la nature tuberculeuse reste

douteuse du fait soit de sa physionomie atypique, soit d’une complication, soit d'un trAtotent antérieur, le diagnostic devra toujours être confirmé par les AnOSenS de laboratoire.

Dès 1887, Orlow recommande de rechercher le bacille :

-de Koch dans les liquides secrétés par l’ulcère et, si

* cette recherche reste négative, d'examiner un fragment de l’ulcère au microscope. On peut, en effet, retrouver le bacille dans les. produits de râclage du fond ou mieux |

des bords, mais il faut avoir soin de gratter les tissus

assez énergiquement avec une curette jusqu’à faire sai-

gner un peu (Darier). C'est cependant là un procédé qui donne des résultats. très incertains. On lui préférera ‘Ia biopsie en se souvenant que celle-ci doit être faite assez profondément pour intéresser les lésions typiques.

L’inoculation au cobaye est, en général, inutile. : Quant à la cuti-réaction, sa valeur diagnostique est nulle è chez l’adulte qu’il s’agisse de tuberculose primitive ou secondaire,

Pau TRAITEMENT

ie Ulcération primitive.

On aura recours au traitement chirurgical, le plus

souvent possible, car il a toujours donné d'excellents résultats locaux à ceux qui l’ont employé (Morestin, Nédopil, Postnikoff, Tourneux, etc.). Le procédé de choix est l'extirpation cunéiforme de toute la masse tubercu- ‘leuse comme s’il s'agissait d'une tumeur. On dépassera largement de 1 à 2 em.-au moins les limites de l’ulcère, pour avoir la certitude de ne laisser aucun. follicule tuberculeux aberrant, sous peine de voir se développer ultérieurement une récidive. Dans certains cas, on peut se contenter de l’infiltration cocaïnique (Morestin). L’anesthésie générale sera autant que possible évitée, en tous cas, on n'aura pas recours à l’éther capable de donner un coup de fouet aux lésions pulmonaires Lambert). L'extirpation au bistouri sera suivie, après hemostase, de réunion immédiate et les fils seront enlevés le cinquième jour pour éviter la suppuration.

Certains chirurgiens associent à la cure de l’ulcère l'extirpation de ganglions du cou. C’est Ià à notre avis une complication inutile. Presque toutes les tuberculoses locales s’accompagnent d’adénopathie et personne ne songerait, par exemple, à enlever les ganglions de l’aïîne aû cours d’une tumeur blanche du genou même après résection articulaire, car ïls disparaissent spontanément. C'est faire courir, d’autre part, des risques incontestables au malade, car cette pratique nécessite en général 2 temps opératoires.

| l À \ i Re Fée fi SERRE à

‘té rite ciel chirurgical est formellement Dr

dans tout ulcère tuberculeux primitif, car il peut pré

server le sujet d’une atteinte viscérale ultérieure et

donne d’excellents résultats. Butlin conseille même

d’ opérer les, uleérations secondaires, si elles: ne sont pas v trop: étendues, si l'infection générale n’est pas trop

avancée et si le malade peut supporter l'intervention.

La cautérisation de Juleère a donné quelques guéri-

sons (Orlow). Elle amène une sédation rapide des dou-

leurs, mais, comme elle nécessite de toute façon l’anes-

Hhésie, 0 on à doit lui préférer era l’excision.

| / 2° Ulcération secondaire.

Dans certains cas, nous l’avons vu, le traitement

chirurgical peut encore lui être appliqué. L'intervention a surtout pour but, ici, de soulager les douleurs et

de permettre Palimentation.

Le traitement médical reste celui des sujets avancés ou cachectiques et des ulcérations multiples, étendues ou

| localisées à à la base dont extirpation est impossible. Il

consiste en lavages de bouche et cautérisations chimiques. Parmi les caustiques chimiques, le meilleur et le

plus connu est l’acide lactique en solution glycérinée à

80 ou 50 %. On pratiquera un badigeonnage énergique

. plutôt qu’un simple -attouchement, maïs la douleur ré-

veillée est très vive. On pourra Fatténuer dans une certaine mesure par attouchement préalable à la cocaïne.

Ce badigeonnage sera pratiqué deux fois par semaine

environ. Gawcher et Merle, Dally ont obtenu de bons

| résultats de ce traitement. Ce dernier l’a même appli-

Los qué à une ulcération primitive qui a parfaitement | guéri. Il pense toutefois que le médicament n'est pas

spécifique et a obtenu de très. bons résultats également de l'acide nitrique.

Parmi les autres caustiques employés avec succès citons : la teinture dl’iode en badigeonnages quotidiens (Bucquoy!, Laboulbène), l'acide chromique (eau et acide chromique âa, Verneuil), le phénol sulfo riciné à 40 %, le naphtol camphré. À

A côté de ce traitement classique sont venus se ranger des procédés thérapeutiques plus récents. Bonzani a proposé d'associer au traitement local des injections de solution iodo-indurée au voisinage du foyer et Stropeni aurait obtenu la guérison rapide et complète d’une ulcération étendue par la Ræœntgenthérapie. /

Avec les injections intra-musculaires d’éther benzyl : cinnamique préconisées par le D' Jacobson, on obtient quelquefois une cicatrisation rapide des lésions ulcéreuses. Malheureusement, dans les cas que nous avons. observés, il y a eu souvent des récidives.

En tous cas, cette méthode est intéressante, car, au point de vue subjectif, on obtient toujours une amélioration’ sensible. Il se produit tout d’abord une atténuation de la douleur qui en rendant l'alimentation possible est suivie d’une rapide reprise de poids.

On mettra toujours, bien entendu, en pratique le traitement général antituberculeux: À

Si les douleurs sont très vives, on touchera l’ulcère avec des solutions de morphine, cocaïne, antipyrine, glycérine phéniquée à 50 %. Mais leur action est passagère

PAR ho con RU Le PE

et on les ‘emploiera MR dans les ht qui pré-. tete l'alimentation. La morphine HSE est l'ultime ressource.

em d

ï : a OBSERVATIONS

Obs: 1. — édite.

PS Emile, 56 ans. Charron de son métier. Vient connier à Saint-Louis, le 15 octobre 1925, pour un ulcère de la langue.

L'apparition de cette ulcération remonte à plusieurs . mois. Elle a débuté sur le bord gauche, au voisinage de | la pointe et s’est étendue progressivement. Actuellement : ulcération étendue, occupant le bord ” gauche de la langue, débordant sur la face dorsale. Cette ulcération se prolonge sur la face inférieure de l'organe

et atteint le plancher de la bouche. Celui-ci n’est envahi, AUS

au dire du malade, que depuis une quinzaine de jours. Cette ulcération présente un fond. inégal, atone ; des. Ù An irréguliers et déchiquetés entourés d’une ne ; inflammatoire rougeâtre. Pas de grains jaunes. Pas d’induration de la base. La recherche des ganglions sous maxillaires et jugulaires est restée négative. Indolence é complète.

Le malade est atteint de. « bronchite chronique » depuis l’âge de 20 ans. Il tousse s'amaigrit et ses crachats contiennent de nombreux bacilles de Koch.

Le malade recoit du 20 octobre au 6 novembre 6 in- | jections d’éther benzyl cinnamique de 1 cc. et 9 de | ‘1 ce. 5. Après la dernière injection, son ulcération est

El { « No) AT PES MR Va | |

presque complètement cicatrisée, mais son état ner est de plus en plus mauvais du fait ‘de ses lésions pulmonaires auxquelles il succombe quelques mois plus tard. | +

Obs. 2. — Inédite. $

R. E..., 43 ans, vient consulter le 22 août 1923 pour ulcèrations de la langue. S

Il existe 2 ulcérations linguales : l’une située sur le

bord gauche date d'avril 1923, l’autre sur la face infé- rieure de juin de la même année. Une troisième ulcèration de la gencive est apparue à la même époque.

Ces ulcérations ont une forme générale arrondie. Leurs bords sont irréguliers. Le fond en est bourgeonnant presque végétant. À la palpation, la base de l'ulcération n’est pas infiltrée.

Douleurs surtout au cours de TRANS avec irradiations dans les deux oreilles et le cou.

Le malade est un tuberculeux pulmonaire. Il maigrit depuis quelques mois, tousse «et crache le matin surtout. R Toutefois, ses crachafs sont peu abondants et on n’y a

| pas trouvé de bacilles de Koch. Il a eu 4 enfants dont

1 mort-né, 1 mort à 7 ans de méningite tuberculeuse ; le 3° âgé de 13 ans est bien portant. Enfin, l’aîné âgé de

15 ans est atteint de lésions évolutives des deux som- :

. mets.

Biopsie : follicules tuberculeux. Cellules géantes. On n’a pas réussi à trouver de bacilles de Koch.

Page 1