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décollés, un fond inégal, grisâtre. Elle repose à la palpation sur un noyau infiltré, induré.
Outre cette ulcération, il existe sur la langue deux petites nodules perceptibles à la palpation qui paraissent être des lésions de même nature, mais à un stade initial. Le premier, qui serait apparu il y a 15 jours,
| siège sur la face dorsale, légèrement saillant de la grosseur d’un petit pois, la muqueuse amincie présente à
- son niveau une coloration blanchâtre. Le second au niveau duquel la muqueuse est légèrement déformée occupe le bord droit de l’organe. La malade s'est aperçue de sa présence hier pour la première fois.
Toutes ces lésions, aussi bien l’ulcération que les nodules sont indolentes, la malade se plaint toutefois d'une légère gêne permanente à leur niveau. Pas d’adénopathie.
La malade a eu une poussée de pleurésie sèche en décembre dernier, qui a rétrocédé rapidement. Depuis cette époque, amaigrissement assez accentué (elle aurait maigri de 3 kg. en 1 mois 1/2).
Expectoration légère le matin au réveil. On n’y a pas découvert de B. K. 1 frère mort de convulsions à quel-' ques mois ; 6 frères et 1 sœur bien portants.
Biopsie : tuberculose linguale (PI. 1).
Les 3 observations précédentes sont celles de malades du service du Professeur Janselme. Nous les devons à l’obligeance du D’ Burnier.
Obs. 4 (Rabé). — Résumée.
Dans le cours de l’année 1905, entrait à l'hôpital
PE Thehriee un homme âgé de 31 ans, porteur d’une large ulcération de la langue.
Cette lésion occupe le dos de l'organe, du côté gauche, dans la presque totalité de son diamètre antéro-posté-
rieur; en arrière, elle déborde même la face latérale de
à la langue pour s 'étaler sur le pilier antérieur; dans le
sens transversal, lle dépasse en certains points le raphé médian. Le fond de l’ulcère, d'aspect grisâtre, de consistance sèche, présente une surface irrégulière, mamelonnée, nullement saignante et sans bourgeons charnus. Les bide sont légèrement surélevés mais se continuent
en pente douce dans le tissu sain et, en aucun point de
la Circonférence de l’ulcère on ne distingue de circina-
tion ou d’aspect déchiqueté. La muqueuse qui entoure
cette perte de substance est tachetée par place de petites saillies blanchâtres du volume d'une tête d’épingle qui semblent répondre à des petits abcès milliaires intra épithéliaux ; en certains points, elle présente une teinte rouge pâle, celle d’un tissu en état d’inflammation subaiguë. Cette surface ulcérée repose sur une, base très indurée qui la déborde largement en dedans et en dehors
et, dans le sens vertical, la double sur presque toute la
profondeur du muscle lingual. Aussi la langue apparaîtelle dans son ensemble assez déformée, asymétrique et, surtout, très hypertrophiée dans sa moitié gauche. Il s’agit d’une induration massive, de consistance ligneuse et si l’on saisit la langue en totalité entre les doigts, on éprouve une”sensation analogue à celle que donne le toucher d’un tissu infiltré d’épithélioma. Le creux sousmaxillaire apparaît à la palpation comblé par des ganglions du volume d’une noisette, de consistance ferme,
sans périadénite. Le malade accuse de violentes douleurs lancinantes dans l'oreille gauche, spontanées ou provoquées par le contact des aliments : aussi les fonctions de mastication de déglutition, de phonation sontelles très entravées.
La lésion dont nous venons d’esquisser les caractères
est de date récente. Elle s’est développée, dit le malade, il y a 5 ou 6 semaines. à la suite du frottement sur la langue de dents cariées. 15 jours après le début de cette
lésion, le malade se fait arracher les dénts cariées, mais
il n’éprouve aucun soulagement. La tuméfaction progresse, l’ulcération se creuse et s'étend pour atteindre rapidement la proportion qu’elle présente aujourd'hui.
L'examen de l’appareïil pleuro-pulmonaire révèle des lésions de broncho-pneumonie tuberculeuse des deux sommets avec, en-plus, à droite, une cavernule. Le malade a beaucoup maigri depuis un mois : il tousse fréquemment et présente des crachats nummulaires. Température de 38° à 39°. (
Antécédents : alcoolisme. Pas de syphilis avouée.
Le malade, d'humeur capricieuse, sortit du service quelques jours après son entrée. Il sollicitait à nouveau son admission une semaine après et succombait brusquement le soir même de sa rentrée.
L’autopsie vérifia la nature tuberculeuse des lésions pulmonaires, beaucoup plus étendues que l'examen clinique ne l’avait laissé soupconner.
L'examen bactériologique immédiat, pratiqué après grattage du fond de l’ulcère décèle la présence de nombreux bacilles de Koch et l’étude histologique ultérieure montra qu’il s'agissait d’une tuberculose caséeuse massive avec glossite interstitielle secondaire.