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de 1a langue, nous trouvons deux petits espaces dépa-
pillés. A droite, toujours sur la face dorsale, se voit une zone longue de 2 cm. sur 1 cm. 1/2 de large, opaline.' En regardant de très près, on voit qu’à son niveau les papilles subsistent, mais sont cependant légèrement atrophiées. Le reste de la langue est normal.
Esvamen microscopique. — La biopsie a été faite dans la région où persistent encore les papilles ; celles-ci se retrouvent sur les coupes. Elles se détachent d’un corps
x muqueux qui paraît épaissi et dont l’union avec le cho-
rion se fait suivant une ligne presque rectiligne sur certains points. L’éleidine, au lieu d’être répartie granulations serrées sur une ou deux couches de cellules, est répartie d’une facon use et assez clairsemée dans tout l’ensemble des cellules qui “forment -l’axe central des papilles. À -Dans l'intervalle des papilles, le corps muqueux apparaît formé dans sa région superficielle par des cellules
aplaties, presque lamelleuses, dont les noyaux sont étirés et allongés parallèlement à la surface. Le proto-
plasma est peu coloré ; il prend une teinte uniforme très claire. Les limites intercellulaires ne se distinguent
absolument plus ; de sorte qu’il se forme des espaces de bandelettes sur lesquels tranchent les espaces clairs,
irréguliers, vacuolaires. L'ensemble de cette région . prend ainsi un aspect feuilleté et on serait tenté d’assimiler cet aspect à celui que donne la couche cornée en parakératose au niveau de la peau s'il n'existait
entre ces deux lésions des différences notables. Il est
impossible, en effet, d'assimiler les noyaux allongés, mais encore globuleux que nous venons de décrire aux
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simples bâtonnets rectilignes des cellules cornées en parakératose. |
Au fur et à mesure qu’on descend vers les parties profondes du corps muqueux, les cellules malpighiennes reprennent leurs affinités tinctoriales habituelles et leurs noyaux redeviennent arrondis ou polyédriques. Dans les prolongements interpapillaires, au ‘voisinage de la conte basale, on peut constater l’existence de karyokinèses. N
En résumé, ces lésions de la muqueuse sont caractéristisées par une kératinisation anormale, par une égère hyperacanthose et par l’état spécial que nous avons ‘décrit à la surface de la muqueuse entre les papilles.
Les lésions dermiques sont caractérisées d’une part par des dilatations vasculaires, d'autre part, par l'exis- ” tence d’une infiltration répartie surtout dans la portion superficielle du chorion. Les dilatations vasculaires ne consistent pas seulement en ces dilatations banales que l’on rencontre dans toute région enflammée. La di+ latation des vaisseaux préexistant est certaine : elle est de plus très importante. En outre, il paraît y avoir des néoformations de petites capillaires. On trouve, tantôt coupés en long, tantôt coupés en travers de nombreux vaisseaux béants encore gorgés de globules rouges. L’'infiltration occupe, comme nous l’avons dit, la région superficielle.du derme. Elle est répartie d’une facon assez diffuse, ne paraissant pas se systématiser autour des vaisseaux qui ne présentent jamais de véritables manchons d’infiltrat. Par côntre, au niveau d’un des prolongements interpapillaires qui s'enfonce en végétant dans le derme, on trouve à son extrémité inférieure une ré-
os démo
gion dans laquelle l’infiltrat est dense, plus tassé que sur le reste de la coupe. Au point de vue de la nature des éléments. cellulaires, ceux-ci sont constitués par des lymphocytes, des cellules fixes du tissu conjonctif et par de très rares plasmazellen. né
e : Obs. 6(Pautrier et Fage).
À... 55 ans. Lupus éryhémateux symétrique des joues. Placard ancien de lupus érythémateux du cuir ‘chevelu. Lésions frustes de la commissure des lèvres à droite et de la face interne de la joue droite. Sur la face dorsale de la langue, commençant à 3 em. environ de la pointe et longues de 2 cm. 1/2, il existe 2 petites bandes d'environ 7/mm. de large. Ces bandes ont une teinte violacée et sont comme voilées par un léger enduit blanchâtre. Elles sont très légèrement déprimées. -A leur niveau, les papilles n’ont pas disparu, mais elles sont comme séparées les unes des autres par de minuscules travées de sclérose. Elles donnent au toucher une sensation de râpe. Ces lésions, comme dans le cas
. précédent, avaient un caractère assez spécial qui éveilla l’idée dé manifestations frustes de lupus érythémateux de la langue.
Examen microscopique. — Nous serons très brefs en ce qui concerne l’histologie de ce‘second cas qui est combarable au premier. Bornons-nous seulement à faire remarquer quelques “différences en ce qui concerne le
corps muqueux. Nous ne trouvons pas, en effet, dans ce second cas de papilles filiformes comme chez notre précédent malade. La surface de la muqueuse présente partout les troubles de kératinisation anormale que
nous avons signalés dans notre précédente observation
dans les régions interpapillaires. Par sa face profonde,
le corps muqueux est assez végétant et présente, de
place en place, de longs et flexueux prolongements inter-
papillaires. j Les lésions dermiques consistent encore csbentiellé
ment en dilatations vasculaires et fifiltrations cellu- :
laires diffuses, beaucoup plus discrètes cependant que dans le premier cas.
Obs. 7 (Culver).
Homme, agé de 67 ans, d’aspect très robuste. Venu consulter pour des lésions. ayant. débuté sur le côté gauche de la face dorsale de la langue. On pouvait re-
marquer à ce niveau que la muqueuse, tout en ayant conservé la coloration primitive, avait de faibles re-.
La
flets opalescents. Sur. la muqueuse de la Joue droite
existait une zone inflammatoire circonscrite, superficielle et croûteuse.. On trouvait également sur la muqueuse de la joue gauche une lésion semblable, mais beaucoup moins prononcée.
À la muqueuse de la joue droite, il ne reste de la lésion qu’une cicatrice superficielle, mais encore reconnaïssable et la faible opalescence de la face dorsale de la langue est à interpréter comme une cicatrisation de la surface papillaire. Au point de vue du diagnostic on doit attribuer une grande importance à cette cicatrisation.
Obs. 8 (Lortat Jacob et Legrain). — Run Malade, âgé de 20 ans, présentant des lésions infil-
SEL 87 Mie
trées étendues à toute la muqueuse et la joue gauche
et d’ aspect différent suivant les points considérés. En
certains points, simple rougeur érythémateuse, en d’autres ponctuation ou stries. blanchâtres rappelant le
lichen plan, en d’autres enfin, plaques simulant la leu-
“coplasie. Petite lésion érythémateuse, non infiltrée de Ja face interne de la joue droite.
On retrouve des lésions analogues sur les faces laté-
rales de la langue et la seule particularité notable est, à côté de zones érythémateuses typiques, la présence de
stries blanchâtres simulant de façon véritablement curieuse les stries du lichen plan buccal.
Le diagnostic de lésions est affirmé par l'existence de
Le plaques de lupus érythémateux au niveau du nez et des . oreilles apparues il y a environ trois ans. Aucun anté-
cédent. tuberculeux personnel ni héréditaire. Aucune
trace de syphilis. W —
VI. FORME PAPILLOMATEUSE, HYPERTROPHIANTE, DE LA TUBERCULOSE LINGUALE
Cette forme diffère peu, morphologiquement, du lupus lingual à forme papillomateuse. Nous avons cru
toutefois, comme Blamoutier, devoir séparer complète-
ment l’étude ge cette forme de celle du lupus, parce que contrairement à ce dernier, elle é présente comme une
lésion isolée, chez des sujets indemnes de lupus de la
face ou des muqueuses. Son individualité est justifiée de
ce fait, car le diagnostic, évident en cas de lupus, est
toujours extrêmement difficile dans la tubereulose papillomateuse et n’a a en général, être posé qu'après
biopsie.
Nous conservons à la maladie l'épithète de tubercu-
lose papillomateuse de la langue qui lui fut donné par
Danlos et Lévy Frankel pour la première fois, car cette
appellation rappelle bien les caractères cliniques et ana-
tomiques de l'affection.
ÉTIOLOGIE . \ É Cette forme est assurément rare et aucun traité classique ne la signale. Nous avons pu toutefois en réunir 10 observations et ce chiffre augmenterait sans doute
ES 90 ee CNE EE 2m rapidement si l’attention était davantage attirée sur elle. Sa fréquence doit être voisine de celle des gommes ou du lupus qui sont cependant connus depuis longtemps. | \
Elle est souvent secondaire et sur les 10 malades dont nous relatons l’histoire, 6 étaient atteints de tubercu-
lose plumonaire avancée, 2 de tuberculose fibreuse, tor-
pide; 2 fois elle était primitive (Obs. 5 et 6). Dans tous les cas, il s'agissait d'hommes âgés de 30 à 60 ans. NU
SVMPTÔMES
Le début passe inaperçu et les malades viennent con-
sulter avec des lésions datant de plusieurs mois. Ils ne
se sont pas inquiété plus tôt, car ils ne souffraient pas.
Le siège électif en est la face dorsale, au voisinage de la partie moyenne. La localisation à la base n’a pas été notée. Ÿ |
La tumeur est unique. Elle présente la forme d’une plaque presque toujours ovalaire à grand axe antéro postérieur, dont le diamètre varie de 1 à 4 em. Cette plaque, est saillante de plusieurs millimètres au-dessus
. du plan de la muqueuse. La surface en est d'aspect pa-
pillomateux formée de la conglomération de petites granulations arrondies de la grosseur d’une tête dl’épin-
.gle ou d’un pois. Ces lobules dépapillés sont séparés par
des sillons peu profonds, non ulcérés, surtout visibles quand on étale la langue. En aucun point, il n’existe d’érosion ou d’ulcération de la muqueuse. La coloration
en est rosée, AE neue grisâtre mais peu dif- férente de celle de la muqueuse saine. | AU ds A Cette tuméfaction est bien limitée de tt même de Pie sa saillie. Les bords sont encore parfois accentués par ou
VAE ‘ Fa " à Cu | 7 : Ver .
v# # ‘ Un # ù LEE DV 2 KT: à Sr f l
4 ne papillomateuse (coupe histologique) à 0
la présence d'un petit sillon périphérique analogue ‘à | ceux qui séparent les différents lobules.
“ A la palpation la néoformation est de consistance ca na élastique, mais cette. induration. est limitée aux | lésions et Je muscle sous-jacent conserve sa souplesse. | . L'engorgement des HREADE du cou a été noté seunest 2 fois sur 10. je | Outre la ‘tuberculose pulmonaire : fréquente, tes ma-
lades présentent souvent des manifestations tuberçur
4 VE pe »
NOTE ER AT leuses multiples (laryngite, épididymite, fistule anale, péritonite, abcès froids divers).
ÉVOLUTION is
a La tuberculose papillomateuse de la langue étant une
affection limitée et unique a été presque toujours traitée
Tuberculose papillomateuse.
chirurgicalement. L'ablation en bloc suivie de suturea toujours amené la guérison locale complète. Par contre, * le pronostic est souvent défavorable du fait de la tuberculose pulmonaire associée. Rappelons toutefois. que
dans deux cas la lésion était primitive et fut suivie de guérison définitive (Sabouraud, Anzilotti).
2e MT RE