Si donc nous avions à tracer des règles
(4) Boudet : Revue médicale, 1843.
générales au point de vue des indications des opérations chirurgicales chez les individus en proie à la diathèse tuberculeuse, nous nous résumerions en adoptant à peu près les conclusions de M. Bauchet (1\
a. On n'hésitera pas h pratiquer les opérations urgentes (hernies étranglées, trachéotomie, ligature d'artères).
(3. On pratiquera sans crainte les petites opérations : ouvertures d'abcès, débridements, etc.
x. Quant aux opérations graves et non urgentes, on les pratiquera si, par l'abondance ou la fétidité de la suppuration, le séjour prolongé au lit, etc., elles menaçaient d'une manière trop immédiate la vie du tuberculeux , et n'étaient pour lui que des causes redoutables d'hectisie et de résorption putride. On aura soin, de plus, de remplacer par des révulsifs ou des dérivatifs l'heureuse action que ces lésions avaient sur les mouvements fluxionnaires.
M. Boudet se montre moins sévère que nous. Cet auteur conseille d'opérer à tous les degrés de la phthisie pulmonaire ; il a vu trois amputés de la jambe guérir, quoiqu'ils fussent arrivés a la der-
(•I) Bauchet : Considérations générales sur les tubercules au point de vue chirurgical. — Thèse de concours , Paris, -1857.
nière période de leur phthisie, et, basant son opinion sur les nombreuses autopsies qu'il a eu occasion de pratiquer, il pense que les tubercules sont très-fréquents , que peu de personnes en sont exemptes durant leur vie; qu'ils sont curables à toutes les périodes de leur évolution, surtout lorsqu'ils sont acquis au lieu d'être héréditaires, et que, par conséquent, il est peu important pour une opération chirurgicale de se préoccuper d'un état diathésique si peu redoutable par lui-même, et dont la guérison est si fréquente.
M. Boudet nous semble avoir confondu dans ses observations les tubercules diathésiques et les tubercules locaux, et ainsi s'explique l'opinion trop exclusive qu'il professe. Les tubercules de cause locale ne sont, en effet, nullement influencés par les opérations de chirurgie, et ils nous paraissent être entrés pour une large part dans la statistique sur laquelle l'habile praticien que nous citons fonde sa doctrine. Il ne saurait en être de même des tubercules de cause générale, des tubercules héréditaires, par exemple, et c'est justement à leur sujet qu'il est porté à faire quelques restrictions.
Les conclusions auxquelles M. Barraud (1) est arrivé dans sa thèse, viennent contredire sur plusieurs points les vues que nous combattons aussi,
{]) Barraud de Lyon : Réflexions sur les suites des opérations. • Thèse inaugurale, Paris.
et font ressortir l'influence. que peuvent avoir les opérations comme cause occasionnelle des poussées tuberculeuses chez les individus diathésiques.
ÉCARTER LES CAUSES DIRECTES DE FLtJXÏON ET d'initamMATIOS.
SOMMAIRE. — -187. De l'organe prédisposé a la tuberculisalion. — 488. Eloigner les causes mécaniques d'irritation. — 1 89. Favoriser le repos de l'organe faible ou malade. — \ 89 (bis) Atmosphère ammoniacale. — -190. Atmosphère goudronnée. — -190 (bis). Surveiller l'action des agents climalériques. — 191. Influence du coup de froid. — -192. Climats cquinoxiaux. — 193. Climats maritimes. — -194. De quelques stations maritimes. 195. Conclusions fournies par quelques statistiques — -196. De la profession de matelot comme prophylactique. — 197. Des climats de montagnes.— 198. Des atmophères paludéennes. — -199. Conséquences pratiques. — 200. Conclusions générales.
187. — « L'observation la plus complète et la plus scrupuleuse en médecine, dit M. Devay (1), prouve qu'il existe, dans chaque homme, au moins un organe qui manque relativement aux autres de ce degré d'énergie dont il devrait jouir dans l'état de santé le plus parfait... Dans ces organes oii la réaction des forces vitales manque d'énergie ou de vivacité, des maladies longues et rebelles tendent à s'établir. »
(1) Devay : Hygiène des familles, page 69.
Il serait donc important de connaître chez un sujet en puissance de diathèse tuberculeuse quel est cet organe prédisposé, afin de diriger sur lui spécialement les ressources de l'hygiène préventive. Suivant Zimmerrham ce serait toujours la partie de l'économie qu'affectent plus particulièrement les fortes émotions de l'âme : M. Devay remarque que cet organe exécute difficilement ses fonctions, et est plus fréquemment affecté de maladies. Ces diverses considérations pourront donc guider le praticien dans l'application des moyens prophylactiques; on n'oubliera pas non plus, que le poumon est de toutes les parties de notre organisme, celle que les tubercules affectionnent le plus, et le tableau suivant emprunté à MM. Rilliet et Barthez (1), en indiquant la fréquence et l'abondance des tubercules clans les différents viscères, fournira des données précieuses à l'hygiéniste :
Total des Tuberculisation Tuberculisation Tuberculisat.
tuberculisations.
considérable.
moyenne.
peu intense.
Poumons. . . .
Ganglions bronch.
» mésentériq.
Intestin grêle. . .
Rate
Péritoine. . . .
Gros instestin . .
(I) Rilliet et Barlhez : loeo cilato, tome 3, page 354.
— (2GÏ —
Total des Tuberculisalion Tuberculisation Tuberculisat.
tuberculisationg.
considérable.
moyenne.
peu intense.
Méninges. .
9A ÙM
Reins* . . .
Cerveau . . .
Estomac . . .
Péricarde-cœur.
Les organes externes ne sont pas non plus à l'abri tles dépôts tuberculeux. Par ordre de fre'quence, nous citerons parmi eux, les ganglions lymphatiques, les testicules, les os, les mamelles, les organes génitaux de la femme, le tissu cellulaire souscutané, les muscles ; on n'en a pas encore rencontré dans le tissu cartilagineux.
Les chiffres précédents nous montrent que ce sont surtout les parenchymes glandulaires, y compris les poumons, qui sont le plus souvent le siège des localisations diathésiques ; on cherchera donc plus spécialement à les préserver de toute cause d'irritation.
Nous croyons pouvoir réunir sous les trois chefs suivants les différents moyens que la prophylaxie nous présente h cet égard.
a. Eloigner toute cause mécanique d'irritation.
p. Placer les organes dans une sorte de repos salutaire.
y. Les soustraire à l'influence pernicieuse des agents climatériques trop excitants.
1" Éloigner toute cause mécanique d'irritation.
188. — Les contusions, les plaies, toute espèce de traumatisme en un mot, sera donc soigneusement évité; on comprend dès lors que les moyens à employer varieront suivant chaque organe. C'est ainsi que l'on veillera au régime dans la prophylaxie des tubercules intestinaux ou mésentériques, afin de ne pas irriter les organes digestifs par des aliments dangereux, soit sous le rapport de leur qualité, soit sous celui de leur quantité : c'est ainsi encore que l'on proscrira certains vêtements , l'usage, par exemple, de ces cols droits et raides qui faisaient partie de l'uniforme militaire , auxquels on a attribué avec raison les engorgements inflammatoires chroniques ou tuberculeux des ganglions sous-maxillaires si communs chez les soldats, et que l'on a si heureusement remplacés par la cravate, dans les récentes réformes introduites dans l'uniforme de nos armées de terre. C'est pour la même raison que l'on doit regarder comme cause occasionnelle de la phthisie pulmonaire, certaines professions exposant les poumons à l'influence irritante de poussiers divers : telles sont les professions de charbonniers, tailleurs de pierre, remouleurs, chaudronniers, cardeurs, plumassiers, pelletiers, chapeliers, couverturiers , etc. Outre les pseudophthisies auxquelles sont exposés les ouvriers qui se livrent a ces différents métiers, on ne peut mécon-
naître chez eux la fréquence de la véritable phthisie tuberculeuse, la seule qui doive nous intéresser ici.
2° Favoriser le repos de l'organe malade ou menacé.
189, — Cette grande loi qui domine toute la thérapeutique des affections inflammatoires est encore à respecter, lorsqu'il s'agit de prévenir des dépôts de tubercules ; puisqu'en effet , l'exercice d'une fonction entraîne nécessairement une sorte de fluxion sanguine du côté de l'organe qui préside à cette fonction , le calme et le repos de la partie de l'organisme menacée de la poussée diathésique devront constituer à eux seuls une saine mesure prophylactique.
Nous ne passerons pas en revue toutes les mesures à employer sous ce rapport; elles seront suffisamment indiquées par la nature de la fonction de chaque organe. Nous ne ferons que mentionner certains moyens préconisés contre la tuberculisation du poumon et qui nous paraissent devoir être rangés dans cette catégorie de mesures préventives. Nous voulons parler de l'usage de l'atmosphère ammoniacale et de l'atmosphère goudronnée.
189 (bis) — M. Turck (1) considère le poumon
{]) Turck : Archives générales. — Gazette médicale de Lyon, 4859, page 400.
comme un sécréteur alcalin, et par suite comme chargé d'électricité positive; par conséquent il regarde les alcalins comme devant être pour lui de véritables sédatifs, tandis qu'ils sont des excitants pour la peau , en vertu de l'état de sécréteur acide (sécréteur négatif) que l'on doit attribuer à l'enveloppe tégumentaire. D'après ces idées, le médecin que nous citons conseille de placer les malades dans une atmosphère très-chaude (-f- 29° -h 30° + 40° + 50°)assez chargée de vapeurs ammoniacales pour qu'une personne ressente en entrant du dehors un léger picotement aux conjonctives. En même temps des bains alcalins exciteront les fonctions cutanées pour suppléer aux fonctions languissantes du poumon, pendant qu'on entretiendra le malade dans un état de semi-constipation.
Cette méthode pourra rendre des services alors que l'on voudra combattre ces catarrhes chroniques ou ces états congestifs des organes pulmonaires, si puissants à appeler les jetées tuberculeuses chez un individu diathésique ; mais on ne saurait la considérer comme assez efficace pour empêcher de nouvelles poussées tuberculeuses, alors que la phthisie pulmonaire est confirmée; les insuccès de M. Louis le prouvent assez (l).
Quant à l'heureuse influence que l'atmosphère
(1) Louis : Archives générales, -1844, tome vi, page 43-i.
des étables exerce comme moyen préventif de la tnberculisation du poumon, on peut l'attribuer aussi bien à la température douce et uniforme de cet air confiné et aux bienfaisantes effluves animalisées provenant d'animaux jeunes et bien portants (1), qu'aux vapeurs ammoniacales auxquelles on a voulu faire jouer un rôle si important.
190. — Dans ces derniers temps, M. le Dr Sales- Girons a cherché, lui aussi, à produire sur les poumons un effet sédatif en diminuant l'action de ces organes ; et pour atteindre ce but, il a pensé à modifier et à diminuer l'alimentation pulmonaire , à établir une sorte de diète respiratoire comparable à la diète gastrique , dont l'heureuse influence sur le tube digestif est manifeste dans les maladies de l'estomac et des intestins.
Diminuer la quantité de l'oxygène respiré, en modifier les qualités afin que son contact devienne moins irritant, telles étaient les deux indications à remplir et les deux problèmes que M. Sales-Girons s'est posés.
Pour répondre au premier chef, le médecin que
(1) C'était «à cette influence spécifique de la chaleur animale que Sydenham avait une si grande confiance puisqu'il écrivait :
« Est humano corpori congener, tum simul blandus, humidus, « sequalis perennisque. » ( Opéra omnia, -1757, tome \ , page 39.)
nous citons, conseille le repos et lu respiration d'un air modérément chauffé. Ne sait-on pas , en effet , que les efforts musculaires augmentent l'absorption de l'oxygène, et que la quantité de l'air inspiré augmente aussi, en même temps que la densité en devient plus grande ? Il était naturel , dès lors , de rechercher des conditions contraires aux précédentes ; c'est-à-dire , de proscrire les exercices violents et de diminuer par la chaleur le poids spécifique de l'air à respirer.
La seconde indication à remplir consistait à atténuer les propriétés irritantes de l'oxygène. Cette indication a bien aussi son importance ; les expériences des physiologistes ont démontré d'une manière péremptoire l'action excitante qu'a sur la muqueuse pulmonaire la respiration d'un air trop oxygéné; MM. Demarquay et Leconte (1) ont fait voir que cette action phlogistique s'exerçait , nonseulement sur les muqueuses , mais encore sur les plaies ; en injectant chaque jour de l'oxygène dans des plaies sous- cutanées , ils ont montré que la cicatrisation était notablement retardée ; dans ces dernières années on a découvert que cette même
( I ) Demarquay et Leconte : De l'influence de l'air, de l'oxygène , de l'hydrogène et de l'acide carbonique sur la guérison des plaies sous - cutanées : Mémoire lu à l'Académie des sciences , séance du 25 avril -1859. — In Gazette hebdomadaire, 4859.
action du gaz précédent pouvait être modifiée en plus ; on a vu quelle était plus intense chez l'oxygène électrisé ou chez l'ozone ; on a pu aussi la modifier en moins , et c'est au moyen des vapeurs de goudron que l'on a obtenu cette heureuse modification.
Si, en effet, on place du phosphore dans un bocal rempli d'air, et au fond duquel ont été étendues seulement quelques gouttes de goudron ordinaire, on peut constater que le phosphore perd sa phosphorescence, et l'analyse chimique de l'air contenu dans le bocal retrouve intactes les 21 parties 0/q d'oxygène que l'air renferme normalement; la quantité normale d'oxygène est conservée en totalité, la qualité phlogislique du gaz est seule modifiée.
Les applications pratiques de cette heureuse découverte sont faciles à prévoir : on devait utiliser au profit du poumon cet effet des vapeurs de goudron sur l'oxygène et recommander aux malades des inhalations goudronnées comme moyen de sédation pulmonaire. Depuis longtemps déjà le goudron était employé dans ce but contre les affections de poitrine, mais d'une manière aveugle et empirique. Il appartenait à M. Sales Girons de rationnaliser ce moyen et d'en préciser le mode d'action, et, par cela même, d'en formuler plus nettement les indications.
Respirer l'air clos, chaud et goudronné, telle est la manière dont l'auteur précédent formule sa diète
respiratoire (1). — Air clos cl chaud, c'est-à-dire amoindri d'oxygène en quantité. — Air goudronné, c'est-à-dire amoindri d'oxygène en qualité.
Reste le séjour en chambre auquel trop peu de malades peuvent s'astreindre, et dont il fallait trouver l'équivalent ; dans ce but, le médecin que nous citons imagina un petit appareil de la grandeur de la paume de la main et de l'épaisseur de quelques millimètres, que l'on applique devant la bouche et les narines, et dans l'intérieur duquel on place le goudron dont les émanations, se mêlant à l'air inspiré, doivent adoucir le conlact de l'oxygène sur les organes.
Avec cet appareil, dit M. Sales Girons, on peut dire que le malade emporte avec lui son atmosphère diététique. Son usage équivaut au séjour dans la chambre goudronnée et n'en a pas les inconvénients. Il n'est pas de condition sociale dans laquelle on ne puisse le porter au moins quatre ou cinq heures par jour, sans compter qu'on peut le garder sans gêne durant le sommeil ; enfin, avec une certaine persévérance, durant la saison rigoureuse, il équivaudra au changement de climat du Nord au Midi , et cette assertion n'est pas exagérée, s'il est prouvé, ce qui est vrai, que sur les 1500 litres d'oxygène qui servent à la respiration dans les 24
(1) Gazette des hôpitaux } n° da 20 avril -186-1.
heures, l'équivalent de plus de 200 litres peuvent être épargnés à la fonction, et une plus grande quantité encore au contact des organes pulmonaires.
Nous ne pouvons que recommander les moyens pre'conisés dans les lignes précédentes, sous le nom de diète respiratoire : ils pourront préserver les poumons de ces mouvements fluxionnaires que Ton doit éviter avec tant de soin dans la prophylaxie des jetées tuberculeuses; nous n'insisterons pas pour démontrer qu'ils seraient inutiles, quelquefois même dangereux, si l'on avait à prévenir l'état diathésique lui-même, à fortifier une constitution appauvrie et délabrée.
3° Surveiller l'action des agents climatériques sur
l'organisme.
190 (bis). — Parmi les éléments qui constituent les différents climats, le plus important est sans contredit la température : ses variations déterminent à elles seules presque toutes les autres variations météorologiques , et c'est principalement par elle que le climat fait sentir son influence sur les êtres organisés.
Nous avons déjà étudié dans la première partie de notre Mémoire les effets de la température sur l'organisme comme cause de corroboration ou d'épuisement des forces vitales et, par conséquent, comme
cause de la diathèse tuberculeuse elle-même. Nous avons vu, à ce sujet, qu'une température uniforme n'était jamais dangereuse, pourvu toutefois que le concours d'une nourriture et d'une gymnastique appropriées facilitât l'acclimatement de l'économie à son nouveau milieu ; et ne considérant les climats que sous le point de vue de leur température moyenne , nous avons dû, pour en étudier l'action sur la constitution, les diviser en climats chauds, climats froids et climats tempérés. Nous avons fait remarquer de plus que l'étude des brusques variations de température et de l'influence qu elles avaient sur l'organisme, appartenait plutôt à la prophylaxie des jetées tuberculeuses qu'à celle de l'état morbide général lui-même. C'est cette étude que nous allons aborder actuellement, divisant à ce point de vue les climats, en climats constants, climats variables, climats excessifs.
191. — L'action du coup de froid comme cause occasionnelle des dépôts de tubercules est assez généralement reconnue pour que nous puissions la considérer comme démontrée. M. Briquet sur 109 phthisiques l'a comptée 35 fois (1) ; M. Scott Alison ( 2 ) , sur 603 tuberculeux pulmonaires, l'a
(1) Briquet : loco citato, page 486.
(2) Scott Alison : De la phthisie au point de vue de son étiologie. — Gazette médicale, 1858.
trouvée 277 fois, et dernièrement encore M. Fossion (1) soutenait devant l'académie de médecine de Belgique que la phthisie pulmonaire n'était que le résultat du refroidissement des organes de la respiration , soit que ce refroidissement ait lieu rapidement par le contact immédiat d'un air froid sur la muqueuse du poumon, soit qu'il ne se produise que lentement et indirectement sous l'influence de toutes les causes débilitantes, dont l'action est d'affaiblir la calorification vitale, tels que les chagrins, la vie sédentaire, l'insuffisance de la nourriture, etc.
Il ressort de l'observation des faits que les climats les plus propices aux tuberculeux sont les climats constants et que l'on doit rechercher pour eux les circonstances qui semblent avoir quelque influence sur l'uniformité de la température d'un lieu : l'égalité du jour et de la nuit, et, d'une autre part, le voisinage de la mer paraissant incompatibles avec les brusques variations thermométriques, méritent donc de nous occuper quelques instants. Remarquons néanmoins que leur heureuse influence peut être modifiée par plusieurs causes perturbatrices, dont la principale est, sans contredit, la fréquence et la direction des vents.
(3) Fossion : Gazette hebdomadaire, 1859. — Académie de médecine de Belgique, discussion sur la phthisie pulmonaire.
192. Cette loi, que la température est d'autant plus constante que les jours et les nuits ont une durée plus égale, est confirmée par les exemples de la Laponie et de la Guinée.
En Guinée, dit M. Tardieu (l), où la durée du jour est de douze heures, on ne trouve, entre la température moyenne des différentes saisons , qu'une différence de 2°. — En Laponie, par 70° de latitude, durant 80 jours de nuit continuelle, la température ne varie, pendant 24 heures, que Je — 9°, 51 à — 8°, 94 : la température de l'hiver est Je 4°, 6, et celle de l'été, de 6°, 4.
Ces climats méritent d'être classés dans les climats constants, et comme tels ils seraient favorables aux tuberculeux. M. Martins (2) affirme, en effet, quen Laponie la phthisie est excessivement rare, quoique la constitution physique des habitants de ce pays soit profondément altérée par les insomnies que cause, suivant les saisons, la longueur démesurée des jours et des nuits.
Malgré ces avantages , nous ne conseillerons qu'avec une grande réserve le séjour dans ces contrées éloignées aux habitants de la zone tempérée. M. Rochard ne conseille l'émigration dans les pays
(1) Tardieu : Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité, tome \, page 349.
(2) Martins : Revue médicale, Paris, -1847.
extra-tropicaux que dans la première période de la phthisic pulmonaire, et nous partageons complètement son opinion : plus tard, en effet, les dangers de l'acclimatement contrebalanceraient tous les bons effets que Ton pourrait attendre d'une température favorable, il est vrai, mais à laquelle l'organisme devrait apprendre à se prêter.
195. — Le voisinage de la mer a aussi pour effet de rendre la température plus constante ; c'est ce qui a fait diviser les climats en climats marins et en climats continentaux. Les premiers, dit M. Tardieu, dans lesquels les moyennes de l'hiver et de l'été diffèrent peu, sont par conséquent des climats constants ; les seconds, au contraire , où ces moyennes s'écartent l'une de l'autre , sont ou variables ou excessifs.
Cette loi , ainsi que l'a démontré M. Kaemlz (1), est applicable à tous les rivages ; mais il résulte des observations que l'on a faites à ce sujet que l'effet du voisinage des mers n'est pas d'augmenter ou de diminuer d une manière absolue la température moyenne d'un lieu déterminée par la latitude, l'altitude , les vents dominants , etc. , mais
(1) Kaemtz : Cours complet de météorologie, traduit et annoté par Ch. Martins, Paris, 1843.
bien tic diminuer la fre'quence, l'étendue et la soudaineté des variations de température.
M. Boudin (1), à l'appui des mêmes idées, et pour confirmer cette uniformité de la température de l'atmosphère maritime , rapporte que la différence entre le maximum et le minimum du jour qui , dans les régions équatoriales , est de 5° à G0 sur le continent , n'excède guère 2° dans l'atmosphère maritime. Il fait observer aussi que , entre les parallèles de 25° et de 50° nord, cette même différence dépasse souvent 15° à terre , alors qu'elle atteint sur mer à peine 5°.
La conséquence de ces données serait donc de recommander aux tuberculeux l'habitation des rivages maritimes comme moyen prophylactique des poussées diathésiques. Cependant, comme une foule de circonstances peuvent venir modifier ces heureux effets du voisinage de la mer, il est indispensable de tenir compte de ces causes perturbatrices.
Les vents sont une source puissante de refroidissement de l'atmosphère, et comme tels ils demandent à être pris en considération dans le choix de la station maritime.
Nous ne ferons qu'indiquer la brise de mer et la brise de terre qui régnent sur tous les rivages, l'une pendant le jour, l'autre à la fin de la nuit, et qui
(-1) Boudin : Traité de géographie et de statistique médicales, tom. 1, page 424.
sont ducs à l'inégal échauffement de la terre et de la mer parles rayons du soleil. Il suffit d'être averti de cette cause de refroidissement pour pouvoir lëviter. Des vents plus dangereux sont ceux qui, venant de plus loin et soufflant avec plus de force, entraînent des variations de température plus brusques et plus considérables. La permanence quelquefois continuelle de ces vents dans certaines localités, est due à l'exposition topographique de ces lieux, au voisinage et à la disposition des chaînes de montagnes, etc., toutes circonstances propres à modifier l'heureuse influence du voisinage du bord de la mer.
194. — C'est en tenant compte de ces diverses causes de variations de température que M. Rochard (1) a pu juger les différentes stations maritimes méditerranéennes; et c'est d'après ces don-' nées qu'il recommande Palma dans les îles Baléares, la ville d'Hyères, Venise, tout le littoral entre Gênes et Spezzia , tandis qu'il signale comme dangereux, h cause surtout des vents qui y régnent : Cadix , Gibraltar , Marseille , Montpellier , Nice, Gênes ; de même qu'il tient pour mauvais le séjour de Pau, Aix, Milan, Livourne, Sienne, Naples, Sy-
(1) Rocliard : Influence de la navigation et des pays chauds sur la marche de la 'phthisie jndmonaire. — Gazette hebdomadaire, 1856.
racuse, Messine ; tandis que Villefranche et Menton, en Italie, offriraient une habitation salutaire.
L'uniformité clc la température de Madère et d'Alger devait aussi faire prévoir les bons effets de ces deux stations sur les tuberculeux pulmonaires. C'est, en effet, ce que sont venus confirmer deux récents travaux : M. A. Barrai (1) recommande Funchal aux sujets prédisposés à la phthisie, il promet même leur guérison à ceux qui présentent déjà cette affection au premier degré ; et M. A. Mitchell (2) insistant aussi sur l'uniformité de température de la ville d'Alger, la considère comme préférable encore à Madère sous le point de vue climatérique.
195. — Fort d'une statistique, roulant sur 899 7 décès survenus dans les hôpitaux maritimes de Toulon, Brest, Rochefort, Cherbourg, pendant la période de 1840 à 1854, M. Garnier (3) professe une opinion analogue à celle que nous soutenons quant à l'heureuse influence de l'air marin sur la marche de la phthisie pulmonaire. — Il a vu que
(H Barrai : Le climat de Madère et son influence, traduit par Garnier. — Union médicale, -1858.
(2) Mitchell : Alger, son climat et sa valeur curative, etc. — Union médicale, 1858.
(3) Garnier : Influence de l'air marin sur la phthisie pulmonaire. — Académie de médecine, 7 novembre 1858.
Fair de la mer était en général favorable aux tuberculeux, puisque sur ces 8997 décès, il a compté 847 cas de phthisics , c'est-à-dire un peu moins d'un dixième , tandis que la moyenne générale dans les hôpitaux civils, serait de 1/5, suivant Bayle, et de 1/3 , suivant James Clark. Mais il a établi de plus, que cette influence de l'atmosphère maritime sur les tubercules varie dans chaque lieu, suivant les diverses conditions climatériques capables de modifier la température de ces lieux. En effet , tandis que dans les hôpitaux de Toulon, sur 5282 décès survenus en 15 ans, on ne compte que 157 phthisiques , c'est-à-dire moins du vingtième, on trouve à Cherbourg la phthisie figurer pour plus de 1/1G des décès, (84 sur 5G3 décès survenus en 12 ans), et la proportion être de près de 1/5 à Lorient (103 phthisiques sur 557 décès).
Chassinat a constaté à peu près les mêmes différences en relevant les chiffres proportionnels des décès par phthisie dans les bagnes de Brest, de Toulon et de Roche fort ; il a vu que la phthisie figurait dans la mortalité pour 21 1/2 0/0 à Brest, H 1/2 0/0 à Toulon, 2 1/2 0/0 à Rochefort.
variation dans les chiffres qui ne peut être imputée qu'à la différence qui existe, sous le rapport de l'uniformité, entre la température de ces trois stations maritimes.
N'est-ce pas aussi aux brusques variations de température que I on doit attribuer la fréquence de la phthisie dans les pays chauds, ainsi que Ta fait remarquer M. Rocliard dans le Mémoire que nous avons déjà cité ? Quant aux voyages sur mer que Ton a conseillés aux phthisiques, à cause probablement de l'heureuse uniformité de la température marine , ils ne pourraient rendre des services que s'il était permis de se placer à bord dans des conditions hygiéniques spéciales, de changer de climat et de localité suivant les saisons et les vicissitudes atmosphériques. On comprend qu'il est impossible de réaliser toutes ces conditions sur un navire qui aune mission politique ou commerciale à remplir. Il serait donc important et avantageux sous ce rapport de créer un service maritime spécial pour les phthisiques, espèce d'hôpitaux flottants que l'on déplacerait suivant les exigences des diverses circonstances climatériques.
10G. — Les considérations précédentes jugent suffisamment les services que l'on pourrait attendre de la profession de matelot comme préservatif des poussées tuberculeuses chez les individus en proie à l'état diathésique. L'humidité constante qui règne dans les navires, les brusques changements de température auxquels le matelot est soumis soit pendant le quart , soit en passant de l'intérieur du navire sur le pont , sont autant de circonstances
qui expliquent le grand nombre de victimes que
fait la phthisie pulmonaire parmi les marins.
La statistique est venue, en effet , confirmer ces données théoriques. M. Rochard a démontré par la voie des chiffres que la phthisie marche à bord beaucoup plus rapidement que sur le continent , et que cette affection est beaucoup plus commune dans l'armée de mer que dans l'arme'e de terre.
197. — Les variations atmosphériques ne sont pas moins à redouter dans les climats de montagnes que dans les climats maritimes. — On sait que dans les montagnes l'atmosphère se refroidit brusquement lorsque le soleil disparaît à l'horizon, et qu'il règne bientôt dans les gorges un froid humide, là où, quelques instants auparavant, on ressentait une douce chaleur : c'est là une condition nuisible qu'il serait facile au tuberculeux d'éviter ; mais il en est une autre qui a pour lui une influence encore plus funeste, je veux parler de la diminution de la pression atmosphérique, cause si puissante de mouvements fluxionnaires divers, qui se traduisent non-seulement par des hémorrhagies, des inflammations, mais encore, chez les individus en proie à la diathèse tuberculeuse, par des dépôts de tubercules. — -Aussi l'air des montagnes (1), si
(I) Lombard : Des climats de montagnes. — Gazette médicale , -1858.
utile comme tonique excitant chez les sujets non diathésiquesj doit, en raison même de ces propriétés, être évité par les tuberculeux.
198. — Nous ne pouvons terminer cette revue des influences atmosphériques sur les manifestations tuberculeuses, sans parler de l'atmosphère des pays marécageux, que l'on a conseillée aux phthisiques, par suite d'une sorte d'antagonisme que l'on a cru remarquer entre elle et la phthisie pulmonaire.
Une assez grande obscurité règne encore dans la science à ce sujet : tandis que, en effet, les travaux de MM. Well, Boudin, Hennen, Thielmann, Pacoud, etc., semblent prouver celte heureuse influence des pays paludéens sur les tubercules pulmonaires ; tandis que , dernièrement encore , à l'académie de médecine de Bruxelles, M. Delahaye (1) défendait la même opinion, des noms dont l'autorité est incontestée dans la science , MM. Gin trac, Forget, Lévy, démontrent par des chiffres que les atmosphères paludéennes ne sont pas toujours favorables aux phthisiques, et M. Roçhard accuse le Brésil, Taïti, la Guyanne d'être à la fois des foyers d'intoxication paludéenne et de tubercules pulmonaires.
(1) Dclahayc : Gazette hebdomadaire, 18o9, page 240.
D'où provient celte immunité que présente l'atmosphère paludéenne dans certaines localités , et les dangers qu'elle semble offrir aux phthisiques dans d'autres lieux? C'est ce que l'on ne peut décider d'une manière absolue actuellement; cependant , on peut croire que l'analyse jettera quelque jour sur cette question.
L'heureuse influence que certains pays de marais ont incontestablement sur la phlhisie pulmonaire, nous semble devoir être rattachée à deux causes principales : au climat , d'une part , et aux miasmes paludéens, d'autre part.
L'uniformité, la douceur de la température et l'absence des vents sont deux circonstances que l'on rencontre habituellement dans ces contrées, et dont l'heureuse influence doit se faire sentir pour le tuberculeux : c'est à ces causes climatériques que M. Fossion (1) rattache tout entier le privilège accordé aux contrées dont nous parlons.
Toutefois, on ne saurait nier aux effluves marémateuses elles-mêmes une certaine action prophylactique. M. Boudin, un des plus chauds partisans de cette idée, fait remarquer, en effet, que, dans quelques pays paludéens , après le dessèchement des marais ou leur transformation en étangs, la phthisie pulmonaire, jusqu'alors très-rare, n'a
(1) Fossion: Gazette hebdomadaire. -1859.
pas tarde- à paraître, en même temps que disparaissait la fièvre intermittente : ces faits ont été constatés, entre autres localités, dans les environs de la ville d'Hyères et près du territoire de Zurich. Dans ces circonstances, les diverses conditions climatériques restaient les mêmes après la suppression des marais, les émanations miasmatiques seules avaient disparu .
Cette heureuse influence des miasmes paludéens, ainsi démontrée dans certains pays, trouve du reste son explication dans la double action qu'ils exercent et sur la santé des personnes qui y sont soumises, et sur la quantité de l'ozone atmosphérique, agent si puissant d'irritation bronchique.
Tous les auteurs ont noté la chloro-anémie des habitants des pays marécageux : ce dès les premiers temps de leur naissance, ces malheureux, dit M. Tardieil d'après le portrait que M. Puvis a tracé des petits pâtres des Dombes, voient leur constitution profondément altérée par une cachexie spécifique, caractérisée par une taille très-petite, un teint blafard , une mollesse particulière et une sorte de bouffissure des tissus, l'appauvrissement du sang, le développement exagéré du ventre, l'engorgement du foie et de la rate, la tendance aux hydropisies, l'état de langueur et de paresse de l'intelligence et du système nerveux tout entier. » Il est probable qu'un état chloro-anémique si bien caractérisé doit être un obstacle aux mouvements fluxionnaires , à ces congestions actives dont l'influence est si
grande sur le développement des dépôts tuberculeux. C'est donc là une condition bien faite pour s'opposer aux: manifestations de la tuberculose diathésique.
Si, d'un autre côté, on se rappelle l'action irritante qu'a sur les poumons l'oxygène et surtout l'oxygène naissant, l'oxygène ozonisé ou l'ozone (1), on comprendra de quelle utilité sera pour le phthisique toute cause capable de détruire ou de neutraliser cet agent atmosphérique. Or, les effluves miasmatiques paraissent jouir de cette propriété ; elles se brûlent à son contact et le détruisent en se détruisant elles-mêmes. C'est en effet ce qu'ont démontré les intéressantes observations météorologiques instituées à l'école impériale de la Saulsaie, sous la direction de M. A. Pouriau (2).
La clinique vient de son côté démontrer cette action destructive que l'ozone et les eiîfluves marémateuses exercent l'un sur l'autre. M. Bœkel (5) a remarqué, en effet, que lors de l'invasion du choléra à Strasbourg, on ne trouva aucune trace d'ozone dans l'atmosphère, et M. Bineau a fait, à Lyon, la même observation : pendant les mois de juillet et d'août 1854, où le choléra sévissait dans toute sa
(1) Bernard : Substances toxiques et médicamenteuses, t857.
(2) Pouriau : Société d'agriculture de Lyon. — Annales, -ISîiGpage 39-50.
(3) Bœkel : Société médicale de Strasbourg, séance publique, 1854, page 27.
fureur, le papier ozonoinétriquc cessa, entre les mains Je M. Job , garde du génie, d'accuser la présence de l'ozone atmosphérique.
Des observations analogues ont été faites touchant les miasmes urbains et les miasmes paludéens. M. Bineau (1) n'a jamais trouvé que fort peu d'ozone à l'observatoire de Lyon, au milieu de l'atmosphère miasmatique de cette ville, et M. Pouriau a remarqué à la Saulsaie que l'intensité des fièvres intermittentes était en rapport inverse des proportions d'ozone atmosphérique.
En résumé, nous pensons qu'habituellement les contrées marécageuses sont défavorables au développement des tubercules pulmonaires, et cela par une ou plusieurs de ces trois circonstances : que dans ces contrées la température est en général uniforme, la proportion d'ozone atmosphérique peu élevée, et que la disposition aux fluxions est entravée chez les habitants par l'état chloro-anémique endémique.
Nous pensons néanmoins que ces heureuses conditions prophylactiques peuvent être contrebalancées par l'intervention de différentes causes occasionnelles de tubercules ; c'est ainsi que l'on peut expliquer les nombreuses exceptions que l'on a trouvées à la règle défendue par M. Boudin : peut*
(1) Bineau : Société d'agriculture de Lyon. — Annales, -185»,. page 250.
être, clans ces cas, des écarts brusques et habituels de température venaient-ils contrebalancer l'influence préservatrice des miasmes paludéens.
109. — Cette question n'offre ici, du reste, qu'un intérêt très-secondaire. Quelles que soient, en effet, les ressources prophylactiques que trouverait un tuberculeux dans une atmosphère marémateuse , nous ne conseillerions jamais un pareil moyen. Les dangers qu'offre pour la santé une habitation prolongée dans un pays de marais, et, d'une autre part, la facilité avec laquelle on peut, sans crainte de la cachexie paludéenne, réunir ailleurs que dans ces contrées les diverses conditions que nous avons vu former tout le secret des vertus prophylactiques de ces pays, sont des considérations qui nous paraissent assez importantes pour nous autoriser à proscrire l'usage d'un moyen préventif peut-être aussi incertain <|ue dangereux.
CONCLUSIONS «ÉNÉRAÏdES.
Il résulte des détails dans lesquels nous sommes entré, et comme conclusions principales de notre mémoire, que :
Le tubercule n'est pas un élément histologique particulier, mais le résultat d'une altération spéciale d'un élément histologique normal.
Nous nommons tuberculisation l'acte morbide qui transforme en globule tuberculeux cet élément histologique normal : tuberculisation qui peut envahir cet élément soit avant son complet développement, soit après que ce développement a été parachevé.
La tuberculisation ou formation de tubercules peut être sous l'influence de conditions toutes locales ou d'un état morbide général ; de là, pour nous, deux espèces de tuberculoses :
Une tuberculose locale ;
Une tuberculose générale, tuberculose diathésique, diathèse tuberculeuse.
La prophylaxie de la tuberculose locale doit consister en moyens locaux.
La tuberculose générale peut être héréditaire ou acquise ; de là d'eux séries de moyens préventifs :
Moyens dictés par les lois qui président aux phénomènes héréditaires ;
Moyens hygiéniques propres à développer un état de l'organisme antagoniste de la vitalité du tuberculeux, c'est-à-dire moyens hygiéniques propres au développement d'une forte constitution et du tempérament sanguin et bilieux.
La diathèse tuberculeuse a besoin pour se manifester du concours d'un travail local fluxionnaire : donc on peut prévenir toute manifestation symptomatologique par les moyens qui auraient pour but de détruire ou de prévenir ce mouvement congestif.