‹ De la tuberculose péritonéo-pleuraleChapitre 20 sur 39 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Traitement.

La question du traitement de la tuberculose péritonéosubaiguë est vaste et mal résolue. Elle comprend l'étude de toutes les médications, de toutes les méthodes thérapeutiques nouvelles journellement proposées pour la eure de la tuberculose, et elle englobe aussi la discussion toute d'actualité sur l'intervention opératoire dans les épanchements des cavités séreuses. Aussi ne voulons-nous pas ici en faire une étude spéciale. Nous indiquerons seulement quel nous paraît être, dans l’état actuel des choses, le traitement le plus recommandable el nous nous contenterons d’en tracer les grandes lignes. Trois indications semblent résumer toute la (hérapeutique utile dans ces cas. C’est d’abord, ici comme d’ailleurs dans toute tuberculose, de soutenir l’état général du malade pour le mettre en état de lutter contre l'infection ; ensuite de prescrire au traitement médicamenteux approprié aux signes que présente le malade, de faire la thérapeutique des symptômes; et enfin de hâter la résorption des épanchements péritonéaux et pleuraux.

1° Soutenir l’état général. — Ce n’est pas à des moyens pharmaceutiques que nous aurons recours pour atteindre ce but. On sait de quels soins il faut entourer les voies digestives chez les tuberculeux et encore plus dans les cas

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que nous étudions où les troubles gastro-intestinaux sont constants, Aussi la suralimentation à l’aide d’aliments simples et faciles à digérer sera-t-elle la méthode de choix.

Le régime lacté à la dose de deux et trois litres de lait par jour, la poudre de viande et les œufs seront la base du régime que l’on devra instituer.

M. Fernet a insisté à plusieurs reprises sur les bons effets de celte pratique qui est la sienne.

2° Faire la thérapeutique des symptômes. — Nous passerons simplement en revue les principales indications thérapeutiques tirées des grands symptômes de Ia maladie. Dès que les phénomènes intestinaux se montreront, il faudra y faire face. On combattra la diarrhée par le salicylate de bismuth, et les antiseptiques intestinaux : benzonaphtol (4 gr. par jour), bétol. Contre la douleur, on aura recours aux applications émollientes, aux lavements laudanisés, ou même aux piqûres de morphine.

Les vomissements seront combattus par la prise d’eau chloroformée saturée (une cuillerée à bouche toutes les heures).

Enfin la fièvre qui, comme chez tous les tuberculeux, est tenace, nécessitera l'emploi du sulfate de quinine, ou peut-être mieux de l’antipyrine.

3° Häter la résorption des épanchements. — Nous avons rapporté des exemples de cas légers dans lesquels les épanchements péritonéaux et pleuraux s'étaient spontanément et rapidement résorbés. Dans ces cas 1l n’y à évidemment pas à intervenir activement, on pourra simplement employer, pour favoriser cette marche favorable, les

badigeonnages du ventre et du thorax à la teinture d'iode, les répéter tous les deux ou trois jours.

Dans d’autres cas au contraire, l'abondance des épanchements (et nous savons que le fait est presque exclusif aux épanchements pleuraux) nécessite une intervention d'urgence. La ponction du péritoine ou des plèvres présente ici les mêmes indications que dans le cas d’ascite abondante ou de pleurésie avec épanchement ; elle nécessite les mêmes soins. Nous n'y insislerons pas.

En dehors de ces deux cas, dans les formes habituelles de la maladie on se trouve en présence d’épanchements peu abondants qui ne donnent lieu à aucun symptône nécessitant la ponction, mais qui cependant persistent assez longtemps. Quelle est alors la conduite à tenir.

Etant donnée l’innocuité des fonctions faites antisepliquement et leurs résultats favorables, on doit intervenir.

On pourra d’abord faire une simple ponction évacuatrice cherchant à retirer soit du péritoine soit de la plèvre, la plus grande quantité du liquide épanché. Cette intervention est parfois suffisante ; le liquide ne se reproduit plus. Son mode d'action est d’ailleurs hypothétique. Voici co mment l'explique Bumm (1) pour qui l'évacuation de la sérosité péritonéale par la laparatomie est.la cause principale de la guérison opératoire de la péritonile tuberculeuse . « La sérosité contient non seulement des bacilles, mais encore les produits chimiques secrétés par eux ; elle agit en empêchant les leucocytes de se rassembler au point malade, pour lutter contre le parasite et transformer les l6sions tuberculeuses en tissu de cicatrice. L’évacuation du

(4) Buunu. Munch. med. Woch, 1893, n° 25.

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