INTRODUCTION
Les annexes de la femme, au même titre que les autres organes de l’économie, peuvent être le siège d’un développement de granulations grises, de masses caséeuses et d’abcès de nature tuberculeuse. Gette notion remonte à Louis, qui, le premier, en 1825, a observé deux cas de tuberculose de l’utérus et de ses annexes. Beaucoup de médecins et de chirurgiens ont publié dans la suite des observations plus ou moins précises ou complètes sur des cas analogues. |
La thèse de Brouardel a fait avancer la question d’un grand pas. Cet auteur montra que la tuberculose pouvait envahir primitivement les annexes ; malheureusement ses constatations ne pouvaient s'appuyer à cette époque sur un examen histologique sérieux.
Plus tard, les travaux de Lépine, de Vermeil confirmérent les idées émises par Brouardel, mais ce n’est guère qu'à partir de 1885 que la vérification anatomique de la spécificité des lésions put être donnée d'une façon rigoureuse par Dalché, Kütschau, Doyen, Gombault, Chandelux, E. Walther, Griffith, Jacobs, etc.
Les thèses de Daurios, de de Massia, de Joly (1898),
Re
toutes récentes, ont achevé de donner un dernier jour à la question delatuberculose primitive des annexes de la femme.
La lecture de ces différents travaux, le dépouillement et la critique de toutes leschservations suivies d’autopsie, aujourd’hui assez nombreuses, nous permettent de conclure que beaucoup d'annexites sont secondaires, survenant au cours d’une tuberculose extra-génitale (phtisie pulmonaire, péritonite tuberculeuse, etc.). D’après Cornil, la tuberculose génitale secondaire de la femme ne serait pas extrêmement fréquente, car on ne la trouve guère qu’une fois sur cinquante autopsies de femmes phtisiques.
Bien des fois aussi les annexes sont le siège primitif de l'infection tuberculeuse : dans ce cas particulier, tous les auteurs considèrent les lésions des trompes comme étant les plus constantes et les moins discutables ; c’est donc ce point des voiesgénitales qui est envahi en première date par la tuberculose, comme onle voit écalement en géneral au cours des autres infections. Les ovaires se prennent, eux aussi, dans la suite, par propagation de voisinage !, si bien qu'à un moment donné, on a affaire à une salpingo-ovarite tuberculeuse, ou annexite totale d’origine salpingienne.
Il nous a semblé intéressant de rechercher si, dans certaines conditions spéciales, la salpingo-ovarite tuber culeuse ne pourrait pas débuter par l'ovaire où se localiserait primitivement le bacille de Koch ; autrement dit, existe-t-il une variété primitive de tuberculose des ovaires?
! D'après les statistiques d'Orthmann de 1897, la tuberculose secondaire des ovaires est apparue à la suite d’une tuberculose des trompes 26 fois sur 48 cas.