‹ De la Tuberculose Primitive Folliculaire de la Glande ThyroïdeChapitre 6 sur 35 · CHAPITRE II OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II OBSERVATIONS

Toutes ces observations se rapportent à des cas dont la nature tuberculeuse a été prouvée par des examens anatomiques et bactériologiques sauf pour une d’entre elles (obs. X) où l’aspect du plus grumeleux avec des fongosités était tellement caractéristique, qu'il dispensa d'une inoculation; l'apparition ulté-rieure de localisations bacillaires multiples confirma le diagnostic.

C’est à dessein que nous n'avons pas rapporté les. observations de Clairmont et de Lydstone, dont l’origine tuberculeuse n’a pas été suffisamment démontrée.

Quant aux autres observations, toutes ont présenté soit des formations folliculaires typiques, soit desbacilles de Koch sur les coupes ou ont été inoculées positivement. Il est certain que ces deux dernières. preuves (bacilles de Koch et inoculation positive.) opt une valeur irréfutable. On ne saurait en dire autant lorsque seule la présence de follicules a permis d'affirmer la tuberculose, puisque d’autres affections, en particulier la syphilis peuvent présenter des caractères histologiques analogues. Nous avons néanmoins conservé tous ces faits, lorsque les recherches de laboratoire (séro-diagnostic) ou les signes cliniques

Rif ane -Concomitants, parlaient en faveur de la tuberculose. Dans ces cas en effet cette existence de symptômes -cliniques et humoraux, et de follicules de Koester nous à paru suffisamment démonstrative. Du reste, la recherche des bacilles même dans ces cas bien caractérisés ne donne pas des résultats constamment positifs, et malgré l’absence d’inoculation, les auteurs -se contentent de la signature anatomique qui leur paraît “conserver une valeur suffisante.

Nous avons classé les observations en quatre caté- .gories suivant leur aspect clinique :

l: Les cas de thyroïdite ligneuse ;

2 Les abcès froids de la glande thyroïde ; 3 Les goîtres d'apparence banale;

4 Les goîtres exophtalmiques.

À. — Observations se rapportant au type:

thyroïdite ligneuse.

OBSERVATION I (Due à l’obligeance de MM. TixiEr et Savy)

B. Catherine, 46 ans, entre dans le service de M. Tixier le :29 juin pour un goître.

Père mort à 61 ans de néphrite chronique; mère vivante ; un frère mort à 47 ans d’une affection indéterminée.

Rougeole dans l'enfance et coqueluche probable. Réglée -à 10 ans 1/2, régulièrement depuis. A 20 ans, coliques hépatiques qui se sont renouvelées au cours de ses grossesses. Mariée à 22 ans, une fausse couche de 4 mois; 6 enfants dont 4 sont morts, un né à 7? mois est mort 2 jours -après sa naissance, 2 sont morts en bas âge, l’un d’une gastro- -entérite aiguë, l’autre d’une affection pulmonaire. Le quatriè-

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me est mort à 3 ans 1/2 d’une « bronchite » ayant duré 3 Semaines. Les deux autres sont bien portants. Depuis 2 ans,

‘la malade avait des hémorragies, elle perdait parfois pendant 20 jours de suite. Elle attribue cet état à la ménopause car elle n'a pas reperdu depuis 3 mois.

Pas de syphilis avouée. Pas de stigmates de syphilis.

Le début de l’affection actuelle est vague, remonterait à un. an environ, s’est fait par des troubles de la respiration. La malade était essouflée, surtout à l’occasion des efforts. La montée d’une rampe d’escaliers provoquait des phénomènes de suffocation. Plus tard, la dyspnée apparut au repos.

L’inspiration devint particulièrement pénible, un peu sifflante. Mais jamais d’accès dyspnéiques paroxystiques en dehors des efforts. Depuis un mois, au cours duquel on a fait remarquer à la malade que son cou grossissait,. elle a eu quelques quintes de toux. Depuis quelques jours la voix s’est voilée, sans caractère bitonal. A l’entrée, on note une tuméfaction thyroïdienne diffuse, très dure, avec un noyau médian plus nettement isolable comprimant la trachée et plongeant vers de sternum. Dans la région sous-mentale, existe une tuméfaction médiane et dure.

Pas de douleurs, notamment à la nuque. Pas de dysphagie. Pas de troubles de compression vasculaire. À l'examen des poumons, on ne signale qu’une expiration un peu prolongée aux sommets.

Du côté de l’appareil circulatoire, on note un peu de tachy- .cardie, mais la malade est émotive. Elle a maigri de 6 kilos en 2 ans, de 1 k. 1/2 ce dernier mois.

La température est de 37,9.

Pas d’albumine.

Intervention le 1e juillet 1912.— La malade ayant du tirage, du cornage, on ne fait pas d’anesthésie générale. On injecte 0,02 cgr. de morphine et 0,06 cgr. de novocaïne. On fait une grande incision transversale par section des muscles sous-thyroïdiens; on découvre tout le corps thyroïde. La capsule est difficilement dissociée, car il existe une véritable sclérose adhésive de la capsule avec les aponévroses voisines. Le corps thyroïde est luxé en dehors dans son entier, et, la corne supéieure gauche se présentant la première, on luxe le corps

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thyroïde de haut en bas. La corne inférieure gauche descendant derrière le sternum n’est luxée qu'après une petite incision verticale descendant jusqu’à la fourchette sternale. On: pratique une thyroïdectomie avecligature successive des pédi-cules, en ayant soin de respecter une petite portion du corps thyroïde, D'ailleurs, il reste au niveau du lobe droit un noyau qui paraît suflisant pour assurer les fonctions thyroidiennes. x

La malade sort le 11 juillet.

20 juillet. — La malade revient pour des crises de suffoca-

tion, une dyspnée intense. M. Molin fait d'urgence une trachéotomie le 22 juillet. |

13 août.— M. Coliet examine son larynx. Celui-ci est nor-mal. La trachée paraît perméable dans la région immédiatement sous-glottique. M. Collet conseille de décanuler.

29 août. — La canule ayant été enlevée, la malade est envoyée en médecine, dans le service de M. le professeur Courmont où nous l’avons examinée. On note alors:

Malade un peu dyspnéique (29 à 32 mouvements respiratoires à la minute;) lèvres légèrement bleuâtres; ganglion sous-maxillaire du volume d’un œuf de pigeon, non douloureux.

Pas d’adénopathie cervicale.

Poumons: Expiration prolongée un peu soufflante aux deux sommets surtout à gauche.

Appareil circulatoire. Cœur ; pointe dans le Ve espace, en dedans du mamelon; 1er bruit un peu soufflant, Eclat du 2eme bruit au foyer aortique. Pouls régulier à 80.

Tube digestif et Système nerveux ne présentent rien à signaler.

30 août 1912. — Wassermann négatif.

30 août 1912 — Séro-diagnostic tuberculeux aglatine à 1/5 ; négatif à 1/10, 1/15.

Radioscopie: quelques ombres ganglionnaires paracardiaques. Les deux sommets s’éclairent mal;

La malade sort le 31 août en bon état.

10 septembre. — Elle fait appeler chez elle, son médecin habituel, le D' Trouilleur pour des accidents dyspnéiques. analogues à ceux qu’elle avait présentés après son intervention.

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