‹ De la Tuberculose Primitive Folliculaire de la Glande ThyroïdeChapitre 9 sur 35 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Ugo Camera (La Clinica Chirurgica. 31 octobre 1912. Num. 10. La Tubercolosi primitiva della ghiandola Tiroide. }

G. Thérèse. 51 ans, originaire de Chiaverano ; entre à la clinique le 10 mai 1910. Rien d’anormal dans sa famille. Réglée à 16 ans, depuis régulièrement. Mariée à 24 ans. 4 enfants (grossesses et accouchements normaux). Un avortement de cause inconnue,

Sans aucune Cause apparente, au cours de l’automne dernier, elle fut prise de faiblesse très accusée, de malaise général qui exigea un séjour de 5 semaines au lit.

Pendant cette période, elle eut la sensation d’un serrement au cou, lequel commença à se tuméfier sur la ligne médiane au-dessous du cartilage thyroïde. La tuméfaction se maintint pendant cinq mois environ du volume d’un œuf de poule, puis se mit à croître rapidement. La respiration se fit chaque jour plus difficile et la malade vint à la clinique, précisément au moment de ces troubles respiratoires.

L'état général est mauvais, le teint, terreux ; les muqueuses sont extrêmement pâles, les masses musculaires et adipeuses excessivement réduites.

A l'examen clinique, le cœur, les poumons et autres organes n’ont rien de pathologique. La respiration, pénible et stridente, oblige la malade à demeurer au lit demi-assise.

Température normale.

Pouls faible — 90.

Pas d’albumine dans les urines.

Voix rauque.

Dans la région antérieure du cou, on note une tumeur du volume d’an gros poing d’adulte, limitée latéralement par le bord antérieur des muscles sterno-cleido-mastoïdiens et s’élevant en haut jusqu’à l'os hyoïde. Cette masse est divisée en deux parties, une supérieure, plus petite , et une inférieure plus grande, Sa consistance est ligneuse.

Elle est adhérente profondément et suit les mouvements d’ascension du conduit laryngo-trachéal, mouvements faciles et non douloureux. La peau qui la recouvre est normale et peut se plisser.

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Pas de ganglions.

Etant donnés le siège de la tumeur, sa croissance rapide, sa fixité , les troubles respiratoires et la cachexie de la malade, on pe peut douter du diagnostic de tumeur maligne sténosante la de thyroïde.

On décide une intervention immédiate à cause des troubles respiratoires.

Opération.— Anesthésie au chloroforme. Incision de Kocher. On sectionne plan par plan les tissus superficiels et l’aponévroce cervicale moyenne. On atteint la tumeur, d'aspect gris sale, dure, lisse ; adhérences avec les muscles sterno-hyoïdiens et sterno-thyroïdiens gauches, sans englober cependant le paquet vasculo-nerveux du cou. On ne peut luxer la masse, en raison des adhérences intimes avec le conduit laryngotrachéal. On avance lentement en cherchant à les libérer. Mais dans les derniers moments de l'intervention, le pouls devient de plus en plus faible et plus fréquent. On est obligé d'interrompre l’anesthésie et de se hâter de terminer. Sans hémorragie abondante, les phénomènes cardio-vasculaires deviennent graves et la malade meurt peu après.

Aulopsie le 11 mai.— On trouve de « l’usure» de Ja trachée au niveau des premiers anneaux. Le lobe droit de la thyroïde est à peu prèsintact et normal. Cœur dilaté, atteint «d’atrophie brune». Adhérences étendues du péricarde au sternum. Grosse rate, par hyperplasie folliculaire. Rien d’anormal ailleurs.

La mort est probablement due au mauvais état du cœur, influencé de façon fâcheuse par le chloroforme.

Examen histologique.— Résumé. On trouve dans les préparations des deux parties prélevées :

1° Une zone circonscrite par une active prolifération cellulaire, qui rappelle l’adénome fœtal, à cause de !a morphologie de ses éléments et du rapport de la substance glandulaire avec le stroma.

2° Une formation spéciale qui présente tous les caractères d’un tubercule.

3° Une zone de parenchyme glandulaire, traversée par du tissu connectif hypertrophique atteint de dégénérescence plus ou moins avancée,

Dr an

4° Un tissu de granulalions, très riche en éléments cellulaires et interrompu çà et là par d’abondantes hémoragies et par des zones de dégénérescence caséeuse.

La recherche des bacilles de Koch, faite sur de nombreuses coupes, a toujours été négative.

B.— Groupe: abcès tuberculeux de la thyroïde.

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