De la tyrannie
La plupart des livres sont dédiés aus luissants, dans l'espérance d'en obtenir redit, protection ou même récompense :
es brillantes étincelles, ô divine Liberté, le sont pas éteintes dans tous les cœurs î )uelques auteurs modernes, de temps en emps,nous découvi^ent, dans leurs écrits, uelques-uns de te-^^ droits les plus sacrés t les plus violés ; mais ces livres aux uteurs desquels il ne manque que la ourag'euse volonté d'exposer deg-randes ^érités, portent souvent à leurs preûières pag-es le nom d'un prince, de iielqu'un de ses satellites, et presque oujours celui d'un de tes plus cruels enlemis nés. On ne doit donc pas s'étonner
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?i tu as dédaig-né jusqu'à présent de jeter n reg-ard favorable sur les peuples modernes, et si ta as refusé de faire g*ermer dans ces livres déshonorés par de tels protecteurs, ce petit nombre de vérités enveloppées par la crainte dans des termes obscurs et équivoques, ou étouffés par l'adulation.
Mais moi qui ne veux point suivre de pareils modèles, moi qui ne me vois forcé de prendre la plume que parce que le temps malheureux dans lequel je vis, me défend d'ag-ir ; moi qui voudrais dans une pressante nécessité la jeter loin de moi, pour prendre l'épée sous tes nobles étendards ; ô Liberté ! c'est à toi que j'ose dédier cet ouvrag-e. Je ne prétends pas y faire un étalag'e pompeux d'éloquence, ie le voudrais peut-être en vain, encore moins une dépense fastueuse d'érudition, que je n'ai pas ; mais j'essayerai de tracer avec méthode, précision, simplicité et clarté, les pensées dont je suis rempli ; de développer ces vérités que les seules lumières de la raison m'indi-
quent et me dévoilent ; de mettre au jour enfin ces désirs généreux nés dans 1er premières années de ma jeunesse, et que j'ai renfermés dans mon cœur brûlant.
Quoique ce livre, tel qu'il est, ait été conçu avant tout autre, et écrit dans ma jeunesse , cependant j'ai l'espérance , après l'avoir retouché dans un âge plus avancé, de le publier comme le dernier de mes ouvrages ; et s'il ne me restait plus dans ce temps-là le courage, ou pour mieux dire, le feu nécessaire pour le penser, il me restera néanmoins assez i' esprit d'indépendance et de jugement ?our l'approuver et pour mettre fin par ni à toutes mes productions littéraires •
TRADUCTION DU SONNET ITALIEN QUI EST A LA TÊTE DE l'ouvrage.
On entencli'a plusieurs méchants dire (car il est si facile de le dire aux sots surtout), que je n'écris que sur les tyrans, et toujours d'un style très amer. On dira que ma plume sanglante et trempée dans le fiel, ne touche jamais qu'une seule corde et très ennuyeusement ; qu'elle ne porte personne à rompre les chaînes de son esclavage; mais qu'au contraire, ma muse rechignée, excite à rire.
Tout cela ne pourra jamais me détourner du but sublime auquel visent mon esprit et mon talent, tout faibles qu'ils sont, et insuffisants pour une si grande besogi?e.
Mes paroles ne seront pas perdues si après nous peuvent renaître des hommes qui regardent la liberté comme une partie esseotielle de la vie.