‹ De la tyrannieChapitre 57 sur 79 · XLIII · texte numérisé non relu

XLIII

Des magistrats.

Un autre moyen de prévenir les cnmes, c'est d'écarter du sanctuaire des lois jusqu'èi l'ombre de la corruption, c'est d'amener les magistrats à trouver plus d'intérêt à conserver, dans toute sa pureté, le dépôt qui leur est confié, qu'à l'altérer dans ses moindres objets. Plus le tribunal sera nombreux, moins seront à craindre les usurpations sur les lois, parce que, entre plusieurs hommes qui s'observent mutuellement, l'avantage d'accroître sa propre autorité diminue en raison de ce que la portion qui en reviendrait à chacun sera plus petite, surtout en la comparant aux dangers de l'entreprise. Mais si, donnant trop d'appareil , de pompe et de sévérité à la justice, le souverain ferme tout accès aux plaintes justes ou même mal fondées du faible qui se croit opprimé, et accoutume ses sujets à craindre moins les lois que les magistrats, ceux-ci y gagneront autant que la sûreté publique et particulière y perdra.

§ XLIY

Des récompenses.

Les récompenses assignées à la vertu selîent encore un moyen de prévenir les cries. Pourquoi les lois modernes de toutes les itions gtirdent-elles sur cet objet un silence •ofond? Si les prix académiques proposés IX découvertes utiles ont multiplié les conlissances et les bons livres, ne verrait-on is aussi les actions vertueuses devenir plus immunes si la main d'un monarque bienfaint daignait les couronner? La monnaie de lonneur, distribuée par la sagesse, ne s'élise jamais et produit sans cesse les fruits s plus utiles.

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