‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 12 sur 73 · II · texte numérisé non relu

II

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Morts

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Rapport

Age des vaccinés qui ont contracté la variole i Rome.

Aqb

Atteints

DeO à 40 jours 40 jours à 1 année 1 à 7 ans 7 à 14 ans 14 à 30 ans 30 i 60 ans *<Hlelide60ans

Morts

Proportion

dbs morts

sur 100 attaqués

Total

Ces deux tableaux font voir l' âge où les vaccinés

contractent la variole, et jusqu'à quel point dure l'ef-

tieacité de la vaccination. Nous les croyons donc de

h plus haute importance pour la prophylaxie de la

vano/e. fl en dérive que la proportion des varioleux

«ugmente de 10 à 30 ans, et qu'avant et après cette

q. Me Zes cas de variole sont en plus petit nombre,

'raves.

^ au*"V€Hites7 auxquelles nous ferons suivre nos ob-

doot. Qrsî d'accord avec les partisans de la vac-

a déduit de son tableau les conclu-

< 1° La virulence de la variole chez les vaccinés, c exception faite des 5 premières années à Turin , « est plus intense et mortelle dans l'enfance, encore « qu'elle soit plus rapprochée de la vaccination.

< 2f> La variole est plus mortelle pour les vaccinés « de 5 à 10 ans que pour les adolescents, et emporte

< plus facilement ces derniers que la jeunesse.

« 3° Le minimum de virulence de la variole est « entre 15 et 20 ans. Cette virulence augmente en-

< suite par degrés et devient mortelle dans l'âge viril « et chez les vieillards vaccinés ».

11 dit en définitive que les organismes vaccinés qui ont de 15 à 20 ans conservent plus de réaction spécifique contre la variole que les vaccinés plus jeunes, puisque s'il y a dans les premiers une plus grande réceptivité (ce qui fait qu'un plus grand nombre la contractent), il y a d'autre part dans eux un résidu d'efficacité vaccinale qui est cause qu'ils peuvent résister à l'assaut de la variole mieux que les vaccinés d'un âge inférieur. Ce qui revient à dire que le vieux vaccin humanisé perd de son efficacité en raison des divers passages qu'il a faits avec le temps; si bien que les derniers vaccinés sont moins garantis que ceux qui ont subi auparavant l'inoculation d'un vaccin dégénéré.

Nous nous sommes déjà suffisamment occupés de la î vaccin, pour qu'il soit né- • cette question ; mais nous •rsqu'on prétend nous dire

que désormais le vaccin humanisé a perdu presque entièrement son efficacité préserva ti ve, et qu'il n'a même plus assez de force pour prémunir les enfants. D'abord il est hors de doute que le plus grand nombre des atteints ont de 10 à 30 ans, ce qui fait supposer que pour contracter la variole avant cet âge, il faut que l' organisme y ait une disposition particulière. Cette supposition acquiert un certain degré de probabilité, si Ton considère que la variole à été plus funeste dans le premier âge et chez les sujets en-dessus de 30 ans , dont la plupart échappèrent encore à la contagion. Gela signifie, selon nous, qu' ils sont doués d'une réceptivité spéciale, qui est d'autant plus grande que la contagion est plus violente. Nous en avons une preuve dans les épidémies de 1860-62-65 de la Lomhardie, durant lesquelles le doct. Martorelli a noté que les enfants en bas âge ont été pour la plupart à l'abri de la contagion. On a constaté dès les premiers temps de la vaccination des cas de variole chez des enfants inoculés ; qu' il nous suffise de rappeler qu'en 1806 des enfants de 2 à 3 ans, vaccinés dans les premiers mois, contractèrent la variole par infection ou par inoculation. Thompson nous dit que dans l' épidémie d'Edimbourg (1818) la petite vérole se manifesta surtout sur les vaccinés de fraîche date, si bien que le plus grand nombre n'avaient pas encore 10 ans. Vers le même temps Gibson nota à New Lamark que sur 251 vaccinés varioleux 94 avaient de 5 à 6 ans et 82 de 6 à 10. Dans l'épidémie de Marseille sur 45 morts fournis

par les vaccinés 14 étaient entre le il»6 mois et la 5"16 année et 6 entre la 10me et la 15me année.

Le doct. Franceschini vit à Venise (1818-19) des cas de variole sur des enfants vaccinés qui avaient de 3 à 5 ans, et sur des adultes de 20 à 24. À Milan en 1837-38 sur 1411 varioleux généralement vaccinés 130 étaient en-dessous de 5 ans, et 161 avaient de 5 à 10 ans. II en fut de même à Ille, à Cette, à Nantes et dans le Wurtemberg. Nous devons donc en conclure que la variole n'a pas attendu jusqu'ici pour frapper les sujets récemment vaccinés, et qu'une analyse soigneuse des épidémies confirme que dans les contagions pas trop intenses le premier âge est préservé, mais que lorsque la maladie éclate avec gravité, il n'en est pas indemne. Il est naturel qu'alors le fléau est plus funeste, car l'organisme encore tendre ne saurait résister à l'assaut violent et aux mortelles complications de la variole.

Nous trouvons convenable de reproduire ici une autre statistique du doct. Toscani relative aux rechutes de variole dans la ville de Rome.

Varioles nouvellement frappés par la variole.

Agb

AmiHTS

Morts

Proportioit p. 100

De 3 à 7 ans 7 à 14 14 à 30 1 30 à 60

Total

Le prof. Toscani note que 6 des varioles avaient Don seulement déjà souffert la variole, mais encore qu'ils avaient été vaccinés, et étaient âgés, un de 9 ans, un autre de 29 et quatre de 50 à 60. Il arriva dans les rechutes de variole de même que dans les vaccinés, que la variole fut plus funeste dans les âges extrêmes. Il faut aussi noter que des 23 varioleux pour la 2* fois, 8 n'avaient pas dépassé la 7me année et qu'ils donnèrent une mortalité remarquable. Faut-il donc s'étonner si la variole attaque des vaccinés de date récente, lorsqu'elle n'épargne pas même les déjà varioles qui sont plus particulièrement garantis? Gela signifie tout au plus qu'il y a des organismes (qu'on nous passe le mot) insatiables et avides de variole et de vaccin, et qui, de quelque manière qu'ils soient prémunis, sans en excepter même le cow-pox originaire, échappent dans une violente épidémie aux lois générales et contractent la variole. Ce fait ne doit étonner personne, si Ton réfléchit qu'il en est de même pour d'autres virus, par exemple le morbillus et la syphilis. On pourrait objecter que les susdits 23 qui ont fait la rechute et dont 8 ne dépassaient pas la 7me année, constituent un nombre trop petit par eux-mêmes. Mais M. Toscani a répondu d'avance en disant que ce nombre est relativement assez élevé, si l'on considère que de semblables cas devaient être certainement rares dans une ville où depuis plus de trente ans on n'avait plus eu de graves épidémies de variole.

Il est ensuite singulier qu'on ait observé le minimum

de mortalité précisément là où, d'après nos contradicteurs, elle aurait dû arriver au maximum, c. à d. à Turin ou le vieux vaccin humanisé se montra malgré toute la dégénérescence qu'on lui attribue, bien plus efficace qu'à Ancône, à Gênes, à Naples et à Milan où l'on pratique depuis plusieurs années la vaccination animale.

Nous pouvons assurer pour ce qui nous concerne, que la variole n'attaqua que rarement en 1871 les vaccinés de fraîche date dans le territoire de notre juridiction. Les 86 cas de Goni se répartissent de la façon suivante:

De 1 à 10 ans 9, 5 non vaccinés De 15 à 20 > 17 De 20 à 30 > 37 De 30 à 40 > 19

Les quatre vaccinés de 1 à 10 ans n'eurent qu'une douce varioloïde. C'est pourquoi nous devons conclure en faveur du principe que nous avons soutenu jusqu' ici, que les cas de variole chez les vaccinés de fraîche date n'éclatent pas partout en si grand nombre et avec tant de virulence.

La première vérité qui découle de l'histoire des épidémies, c'est que les contagions qui ont précédé la découverte du vaccin ne peuvent être mises en comparaison avec celles qui ont éclaté ensuite. Ce que nous

ayons dit des premières est plus que suffisant pour démontrer qu'elles étaient au XVII et au XVIII siècle bien plus fréquentes et plus graves que dans le nôtre, etqu'elles frappaient particulièrement l'enfance. L'Angleterre dut en souffrir presque continuellement de 1660 à 1693, et de 1739 à 1749- L'Allemagne n'en fut pas moins éprouvée. En 1798, pour ne citer qu'une année, il y eut au dire de Girtanner 42,379 décès causés par la variole. Ces épidémies furent aussi très meurtrières en France en 1577 et 1719. Il suffit de lire les tristes descriptions de Sarcone, Roncalli, Ramazzini et Rica, pour voir que les plus terribles contagions qui ont éclaté dans ce siècle à Paris, dans la Suède et dans le Danemarck, ne sont rien en comparaison de celles qui désolèfent l'Italie au siècle passé. Souvent dans ce temps-là on avait autant de morts que d'attaqués. Si nous avions la statistique des épidémies varioleuses des siècles passés nous verrions que l'humanité ne payait que trop un lugubre tribut à cet épouvantable fléau. On compte qu'il emportait annuellement en Europe environ 450,000 personnes, sans tenir compte du nombre considérable de ceux qui restaient déformés au visage ou privés d'un œil ou d'une oreille ou des narines etc. Beaucoup de personnes restaient infirmes et succombaient ensuite à certains malaises dont la première origine ne pouvait être douteuse. Mais si dans notre siècle la petite vérole continue à se montrer par ci et par là, les véritables épidémies en sont pourtant bien rares et on peut facilement les arrêter

9 — Parola, vol. H, De la vaccination.

et les dominer. Les ravages que nous venons de déplorer ne se répètent plus chez ceux qui se soumettent à l'inoculation de Jenner.

La revue que nous venons de faire des différentes épidémies démontre que la vaccine a toujours servi à en arrêter les progrès. Si les gouvernements de l'Europe voudront suivre l'exemple de l'Angleterre, du Danemarck, de la Bavière etc. et proclamer la vaccination obligatoire, on parviendra peut être un jour à préserver l'Europe de la variole. En attendant pour donner une nouvelle preuve de Y efficacité de l'insertion jennérienne, nous rapporterons encore d'autres données statistiques. Nous avons déjà cité pour l'Angleterre les calculs du doct. Lettsom, desquels il résulte qu'au temps de Sydenham la mortalité causée par la variole était presque de 10 fois supérieure à celle des temps actuels. Le doct. Cross dit que la variole s'introduisit en 1819 dans 1 12 familles de la ville de Norwick. Elles formaient en tout 603 personnes, dont 297 qui avaient déjà souffert la variole furent préservées. Quatre-vingtonze vaccinés résistèrent pareillement à la contagion, excepté 2 qui eurent une variole modifiée. Des autres 215 qui n'étaient pas prémunis, 200 contractèrent la maladie, et 46 succombèrent.

Le doct. Vacher nous fournit de précieux renseignements dans un tableau à périodes décennales relatif à la Suède et contenant les pertes causées par la variole de 1762 à 1871 comme suit;

Périodes Décès causés par la variole

Ce simple relevé mortuaire, dit M. Vacher, est peutêtre le plus puissant qu 'on ait produit en faveur ie la vaccine et de son efficacité toujours actuelle.

Depuis l'inoculation du vaccin (1801) la mortalité {jfiminua rapidement, et fut même peu remarquable en 1832 et en 1862 relativement aux décès antéj rieurs à la découverte de Jenner. Que si la mortalité tlla en décroissant de 1762 à 1801, on le dut à l'inorculation que le doct. Lilljebjoris nous dit avoir été t pratiquée en Suède dès le mi lieu du siècle passé. « Pour j apprécier à leur juste valeur, dit M. Vacher, les nombres inscrits dans le tableau précédent, il faut les rapprocher du chiffre de la population et de celui de la mortalité générale. En 1760 la population de la Suède était de 1,981,000 habitants et le total des décès dans le décennium de 1762 à 1771 s'élevait à 552,742, ce qui revient à dire qu'à cette époque on comptait, année

commune, un décès par variole sur 364 habitants, et les décès occasionnées par cette maladie formaient les douze centièmes du total des décès. Aujourd'hui on ne compte plus, avec une population qui dépasse quatre millions d' habitants, qu'un décès par variole sur 4650 habitants, et la petite vérole ne donne plus que la proportion insignifiante d'un centième sur le total des décès > (1). Mais il faut noter qu'en Suède le gouvernement s'est fait le protecteur de la vaccination par des subventions pécuniaires.

Le doct. Vacher regrette qu'on soit dépourvu de données statistiques sur la mortalité causée par la variole à Paris au XVII et au XVIII siècle. Se basant sur les calculs faits dans la Suède et le Danemark et dont il résulte que la variole y était avant le vaccin 13 ou 15 fois plus mortelle, il trouve que cette maladie devait moissonner en moyenne dans ce temps-là à Paris 2000 personnes par an. Ce montant n'est pas exagéré d'après lui; car il conste des tableaux publiés par ordre de Colbert, de 1670 à 1683, que les épidémies de variole étaient alors fréquentes et meurtrières. Comparant ensuite la population actuelle de Paris à celle d'alors, il conclut « que la vertu préservatrice du vaccin est telle que sans elle au lieu de 470 décès annuels de varioleux que l'on constate de notre temps à Paris, on en compterait 6000 environ > (2).

Ces chiffres sont assez éloquents et protestent contre

(t) Gaz. Méd.t Paris 1875, N. 38.

(*) Gaz. Méd., Paris 1869, pag. 125 et suiv.

Passertion du doct. Hamerik de Prague, que la vaccination est inutile. Mais nous ne saurions trouver de meilleures preuves contre la doctrine antivaccinique de M. Hamerik que dans l'Allemagne même, sa patrie. Le tableau suivant (1) résume les données statistiques de la mortalité causée en Allemagne par la variole dans une période d'environ 30 années avant Pintroduction du vaccin et de 40 après.

Moyenne approximative de la mortalité des varioleux snr un million de population.

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