‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 18 sur 73 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

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De 0 à 10 ans 10 à 20 20 à 30 30 à 40 au-delà de 40

À ces diverses statistiques qui démontrent une différence dans le résultat des vaccinations suivant les lieux, le temps, l'âge et la constitution des individus, opposons maintenant celle de Saint-Pétersbourg.

« Ce qui , dit M. Serres, frappe le plus dans la pratique de la revaccination c'est la différence des résultats que l'on obtient dans les divers pays. Tandis qu'à Saint-Pétersbourg l'issue favorable des secondes vaccinations n'est que de 3 °[o chez les enfants-trouvés, et qu'en France elles ont atteint avec l'antique vaccin le 10 °i<>, et depuis 1836 avec le renouvellement de la lymphe le 20 °[o, elles ont dépassé en Prusse le 50, et

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touché dans quelques parties du Wurtemberg rénorme proportion de 70 °[o. On peut conclure de ces données que la revaccination a en Allemagne la plus heureuse issue; si bien qu'on ne peut la comparer aux résultats obtenus en Russie, en France et en Italie. Nous considérons en France comme secondes revaccinations, c'est la commission française qui parle, celles qui le sont en effet , c' esfrà-dire celles dans lesîuelles les phénomènes locaux sont accompagnés de symptômes généraux. Mais en est-il de même en Allemagne/ Les symptômes locaux ne suffisent-ils point fans le plus grand nombre des cas à constituer une bonne vaccination? Nous l'ignorons. Étant admis que ion n'est pas en Allemagne si rigoureux qu'en France fans l'énumération des succès de la vaccine, il en dérive que ou le nombre des bons effets est inférieur en Allemagne , ou qu'il est plus considérable (sous ce point de vue) en France, et Ton explique alors en ■ï autres termes une bonne partie de la disproportion. Sautons ce que dit M. Bousquet sur la facilité qu'ont * médecins du nord de caractériser pour vaccinale «t complète une éruption qui n'est point telle. « De

< même que les médecins du nord sont plus faciles sur «les caractères de la variole, ils le sont aussi sur «ceux de la vaccine; d'où, il résulte que là où ils 1 soient une vaccine secondaire irréprochable, nous

< ne voyons, nous, qu'une vaccine imparfaite et quel-

quefois la fausse vaccine ».

Le rapport de M.. Serres n'a pas à ce propos des

idées différentes. « Il faut bien dire qu'en Allemagne les

< dénominations de revaccination parfaite ou de bonne « revaccination ne représentent pas exactement le « groupe de phénomènes vaccinaux. Autrement, com-

< ment expliquer la dilforence des résultats que l'on « observe dans les secondes vaccinations d'un même « pays ? >.

Vraiment nous trouvons que dans le Wurtemberg, oh les revaccinations se font soigneusement, tandis que dans les cercles du Danube et de la Forêt-Noire les bons résultats n'outrepassèrent jamais le 29 p. 100, et ceux de l'armée atteignirent à peine le 34, par contre dans le cercle de Saxsh ils s'élevèrent au 70 p. 100 et au-delà. Est-il probable qu'une règle égale, identique, ait servi de base dans la classification des revaccinations de ces différents pays du même état, du même territoire? N'est-il peut-être pas plus naturel et plus logique de croire que les différentes issues proviennent de la manière multiple d'apprécier le vaccin, ou mieux de considérer comme vaccine secondaire cette espèce d'éruption que d'autres auraient dénommée vaccine modifiée ou bâtarde, ou imparfaite? Les vaccinateurs n'ignorent pas que la vaccine secondaire est souvent et par ses caractères et par sa forme bien plus précoce dans l'éruption et dans son cours, et qu'elle manifeste rarement de graves symptômes constitutionnels. Elle se divise ensuite en tant de degrés et de modifications que les vaccinateurs les plus avisés peuvent difficilement la caractériser

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avec une rigoureuse précision. Gela prémis, tout s'explique facilement, et le plus ou le moins de facilité à admettre comme vaccine l'affection qui n'en a que quelques signes, peut déterminer le nombre des succès consignés dans les statistiques. Nous laisserons donc de côté l'opinion que nous avons émise sur l'influence que les circonstances particulières et locales peuvent exercer sur la durée de l'efficacité du vaccin. Nous connaissons les causes de la différence; mais ce n'est pas encore le cas de les citer ici. Nous ne nous mettrons pas à rechercher théoriquement les principes d'où nait l'action très- vive de la variole dans les climats du nord, et tempérée dans les climats méridionaux. Ce sont des réalités que l'expérience a constamment attestées. Il est opportun de répéter ici avec M. Rosa que nous serons d'autant moins utiles à la science que nous nous jetterons dans les conjectures. Personne n'oserait se lancer dans d'obscurs et profonds mystères, â propos desquels on peut dire avec Newton que les hommes les plus instruits ne parviennent pas toujours à découvrir le secret de celui qui fait tout et cache tout. Contentons nous donc de mettre la chose en relief et d'établir que le midi est d'autant plus propice à la maladie de la variole que le septentrion peut la rendre funeste. On explique ainsi pourquoi l'Allemagne s'est hâtée de rendre obligatoire la revaccination à l'égal de la première inoculation. Les divers états allemands nommèrent partout des médecins vaccinateurs avec charge de

revacciner, et formèrent des commissions centrales dont les vaccinateurs dépendaient. Ils prescrivirent en cas de persistance des varioloïdes épidémiques, et même par précaution, que l'on visitât tous les individus sous les 30 ans et que l'on procédât à la revaccination, sur ceux qui n'offraient point d'indices satisfaisants de l'efficacité du premier vaccin. Ce furent là des précautions qui sauvèrent beaucoup d'existences. Mais ces gouvernements ne s'arrêtèrent pas là ; ils obligèrent strictement à la re vaccination non seulement ceux sur lesquels le temps avait effacé, les signes des cicatrices, mais encore cçux qui avaient des traces anormales et imparfaites de la première inoculation. La Prusse prescrivit en 1826 que toutes les cicatrices des vaccinés de 1811 à 1824 fussent revues avec soin pour reconnaître les sujets non préservés, et renouveler en leur faveur le bienfait de l'humeur vaccinale. Le gouvernement Saxon adopta de semblables mesures en décrétant en 1828 que tous les habitants du royaume de 3 à 25 ans de* vaient se soumettre à la vérification de l'inoculation et à la revaccination, si l'examen la jugeait opportune. En 1829 le gouvernement prussien et celui du Wurtemberg ordonnèrent la vérification des cicatrices vaccinales de tous les militaires. Les statistiques des décès de cette année et des suivantes comparées avec les précédentes démontrèrent la convenance de cette mesure. Mais comme l'expérience avait fait connaître que ceux-mêmes qui avaient les plus

belles cicatrices contractaient la variole surtout en temps d'épidémie, il fut statué en 1833 que toutes les recrues indistinctement seraient revaccinées chaque année lors de leur incorporation dans l'armée, que l'on tiendrait compte du résultat des secondes pustules et que l'on dresserait dans ce but des tableaux exacts. On omit la révision des cicatrices, parce qu' elle ne fournissait pas d' éléments suffisants de préservation d'un nouvel assaut de petite vérole. Il n'y a pas > dit Bousquet < de rapport constant entre l'aspect de la pustule et l'aspect des cicatrices. J'ai vu la plus belle vaccine laisser les marques les plus légères et réciproquement; toute-, fois je ne veux pas faire une règle de ce qui n'est peut-être qu'une exception. Mon expérience ne m'a pas prouvé que les cicatrices les plus saillantes répondent au plus haut degré dp préservation. Parmi mes revaccinés il y avait des cicatrices de tous les degrés et de toutes les apparences. Et cependant la revaccination se faisait à peu près de la même manière sur tous; en sorte que je regarde comme impossible de dire d'avance et sur l'aspect des cicatrices si la revaccination réussira ou non. Il en est de même du nombre des cicatrices. Jamais je ne me suis aperçu que ceux qui en avaient le plus, eussent moins de réceptivité que ceux qui en avaient le moins >.M. Serres fut en tout de l'avis 4e M. Bousquet, et on vit tomber dans le discrédit l'opinion de Grégory, que les petites traces laissées par H — Parola, vol. II, De ta vaccination.

le vaccin sur la peau constituent un indice certain de préservation.

L'Allemagne accepta définitivement la théorie de la nécessité de la revaccination dans chaque cas et pour chaque individu. M. Heim revaccina de 1840 à 1842 8861 individus entre 15 et 30 ans, et l'expérience réussit parfaitement sur 3215; mais il n'a rien dit sur l'influence des cicatrices. Les doct. Wagner, Baugatmer, Roesch, Eblé, Bauer, Hofler, Horlascher, Frits, Bodenmuller, Tritscher, Zipfehli et Spinger obtinrent les mêmes résultats. M. Wagner seul trouva une différence remarquable dans la nature et le développement de la seconde vaccination relativement à l'âge des individus. Sur 1000 revaccinations pratiquées sur des adultes de 30 à 40 ans, il eut 150 heureux résultats et 30 succès médiocres, soit de vaccin modifié.

On cite comme une chose singulière les succès obtenus par le doct. Walde dans les épidémies du Hanovre, de 1830 et 1831. Il déclara que l'humeur de la revaccination réussit dans beaucoup de cas aussi bien que la première inoculation. Son collègue, M. le docteur Muhry, attaché au service vaccinique de Tannée, constata qu'on pouvait quelquefois revacciner efficacement ceux qui avaient souffert la variole, mais à un degré plus faible que les personnes déjà vaccinées. En Prusse les bons résultats de la seconde vaccination montèrent à des centaines de milliers, grâce principalement aux doct. Lohmeyer et Ritter. Il suffira de rappeler le tableau sommaire qui se trouve dans le

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volume 110 des Annales universelles de médecine. Le nombre des revaccinés y est porté à 436,075, dont 342,080 présentaient de belles cicatrices vaccinales. Résultat régulier sur 191,273; issue efficace dans la deuxième revaccination sur 19,452; moins heureuse chez ceux qui n'avaient pas des traces évidentes de la première vaccination. Malgré cela l'Allemagne eut aussi ses préjugés et opposa à la revaccination des résistances de tout genre. Elles cessèrent enfin lorsqu' on vit que l'autorité était fermement décidée à faire respecter la loi, et que les cas de variole et de varioloïde devenaient dès lors fort rares.

Voyons maintenant les conclusions de la commission sanitaire du grand-duché de Bade, entendu Tavis des facultés médicales de Fribourg et Heidelberg : 1° La varioloïde et la variole dans leur imparfaite formation chez les sujets bien vaccinés ne constituent pas une rare exception ;

2° On doit en attribuer particulièrement la cause au temps écoulé depuis l'inoculation : car, après un certain temps, et spécialement après 10 ou 14 ans, on acquiert de nouveau la réceptivité varioleuse ;

2p La revaccination est conséquemment le plus sûr moyen de préservation contre la variole.

Mr Meyer constata que sur 3170 re vaccinations qu'il pratiquavait dans l'armée du grand-duché de Bade en 1840, 5 soldats seuls contractèrent une légère varioloïde. Ce fait vient à l'appui de notre assertion, que dans les régions du nord où la variole est ordinaire-

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cent plus intense et plus meurtrière, le Taccin possède par analogie un degré inférieur de préservation. Les cas de seconde variole y sont aussi plus fréquents. M. Wirer dit que Ton peut donner pour certain qu'an individu au moins sur 200 contracte naturellement deux fois la variole. Le doct Mohl reconnut dans l'épidémie de Copenhague que sur 6 atteints de variole, un Tétait pour la deuxième fois. M. Eichorn dit au contraire 1 sur 250. M. Heim et d'autres médecins du Wurtemberg soutiennent que sur 100 personnes qui avaient souffert la variole naturelle de manière à en conserver des traces évidentes sur la peau, 58 au moins étaient susceptibles d'en être nouvellement atteintes. De pareils résultats ont été constatés à Kasan (Russie) dans la revaccination des personnes déjà vaccinées ou qui avaient souffert la variole. Il en a été de même en Allemagne, au dire de M. Murhy. À ce point nous croyons convenable de rapporter deux tableaux statistiques dont un pour l'armée du Wurtemberg, et l'autre pour celle de la Prusse.

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