CHAPITRE XX
DE LA REVACCINATION
La première idée de la revaccination remonte au fondateur de la science vaccinale, le doct. Jenner. Dès 1776, les médecins de Gloucestershire qu'il invita à manifester leur avis sur la vertu prophylactique du vaccin, répondirent qu' ils l' admettaient in génère, qu'ils en reconnaissaient la propriété, mais qu'ils n'étaient pas certains qu'elle servît sûrement et d'une manière absolue à préserver de la variole.
En Angleterre même, l'an 1804, M. le doct. Goldson se prit à taxer de temporaire l'efficacité de la piqûre. Plus tard, en 1809, M. le doct. Thomas Brown, Écossais, et en 1816 le doct. Willan, émirent la même opinion que d'autres encore partagèrent et professèrent. Le plus décidé de tous, le doct. Gilbert Blanc d'Edimbourg (1), fut un des premiers à demander que la re-
(1) A. StaUmen of faeU, London, 1820, pag. 18.
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vaccination fût adoptée pour obvier à l'insuffisance de la première inoculation. Cependant M. Jenner tout en ne contestant pas les faits contraires à la complète immunité du vaccin, tenta de les expliquer en les attribuant à l'imperfection de la méthode d'inoculation on au mauvais choix de la lymphe. D'où il arriva que la revaccination n'eut au commencement qu'une mince faveur. Mais le nombre toujours croissant des cas de variole chez les vaccinés fit qu'en 1823 on recourut à la nouvelle insertion comme au plus sûr moyen de réparer aux défauts possibles du vaccin. Ainsi qu'il arrive ordinairement, le doute et la défiance ne tardèrent pas à se manifester contre la revaccination. L'insuccès d'une part et la réussite douteuse de l'autre firent dire à plusieurs que cette pratique était ou une utopie ou une erreur. Mais l'incrédulité alimentée par des raisons partielles et exceptionnelles n'atteignit point ceux qui ne se laissaient pas décourager par quelques expériences manquées.
Ils devaient lutter contre des médecins qui désespérant de pouvoir jamais rendre le vaccin préservateur dans toute l'extension du mot, disaient ouvertement qu'il fallait l'abandonner et recourir nouvellement à l'inoculation de la variole. Dornbltuth déclara en 1824 que n'ayant pu constater sur 234 revaccinations que trois seuls cas de développement des pustules vaccinales, il estimait qu'on devait laisser de côté cette méthode. Mais il n'avait pas fait attention que sttf 234
revaccinés, il y en avait 50 qu'il avait inoculés quelque temps auparavant sans succès, et qu'ayant fait ses expériences sur des enfants âgés de moins de 10 ans, la vertu intrinsèque du vaccin conservait encore bien de sa force. Quelques années après se trouvant en présence de nombreux cas de variole et de varioloïde développés chez les vaccinés, il procéda à la revaccination d'individus d'un âge plus apte et avec du virus frais et régénéré. Le succès ne fit pas défaut, et M. Dornbltuth eut alors la conviction qu' il était non seulement utile de revacciner, mais que c'était le complément indispensable de la première inoculation. Un des plus illustres partisans de la revaccina* tion M. Harder de S.* Pétersbourg sut combattre toutes les objections que l'on avait soulevées contre elle. Krâus, Michâelis et Schutz avaient dit que l'éruption de la seconde insertion devait être réputée fausse et éphémère, puisqu'au huitième jour elle se desséchait. Harder répondit qu'on pouvait expliquer ce fait naturel par l'analogie qui existe précisément entre les pustules de la varioloïde et celles de la revaccination, analogie consistant en ce que tant dans cette dernière que dans l'autre l'éruption a une marche nécessairement modifiée qui subit l'influence restrictive de la force en réserve de la première vaccination. Dans ce sens, la modification n'est pas un défaut, c'est un effet spontané de la chose. Pour dire que le succès de la revaccination est tout aussi parfait que celui de la vaccination, il faut supposer que Tune
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ait perdu toute son efficacité lorsque l'autre la remplace. Mais personne n*a osé affirmer cette chose, et malheur à l'humanité si cela était réel. Ce fait signifierait que non seulement la vaccination est sujette à l'affaiblissement après un certain temps, mais qu'elle perd tout à fait la force et l'intensité qui lui restaient. Les diverses nuances de cette modification marquent précisément les divers degrés de validité que le vieux vaccin conserve tant contre un deuxième vaccin que contre la variole, la vaccine se modifiant en pustules presque éphémères et, fort probablement, la variole en varioloïde. Un seul degré de développement suffit pour prouver que la revaccination n'est jamais inutile, mais opportune et salutaire; car ce degré démontre qu'il existe encore un peu de réceptivité et qu'il y a par conséquent du danger.
M. Harder dit ensuite qu'ayant revacciné quinze individus déjà vaccinés de sa main de 2 à 9 ans auparavant, il n'en obtint que des tubercules dont la lymphe jaunâtre ne fut jamais propre à transmettre la vaccine. Il jugea que cette éruption était fausse et passa à d'autres expériences. Il prit 12 individus qu'il avait également vaccinés de 14 à 20 ans en arrière ; et il obtint des pustules pleines, mais telles qu'on les distinguait, à un degré près, du faux et du vrai vaccin. C'était donc une éruption suigeneris, une éruption de revaccination qu'on ne devait pas confondre avec une autre. Les pustules se formaient quelques jours plus tôt que les vaccinales, et se desséchaient encore
plus rapidement. Si Ton pouvait établir une comparaison, on dirait que ces pustules se rapprochaient des vaccinales par leur nature intrinsèque et extrinsèque, de la même manière que la varioloïde se rapproche de la variole. Dans une troisième série d'expériences il pratiqua la revaccination sur vingt individus vaccinés de 14 à 32 ans auparavant. La plupart eurent le faux vaccin sans symptôme de réaction interne. Sur sept seulement apparurent des pustules d'un vaccin modifié, qui ressemblaient presque aux pustules vaccinales que nous avons décrites plus haut. De ces trois genres d'expériences Harder conclut (c'est son opinion particulière) que la revaccination n'a souvent d'effet certain, bien que modifié, que sur des individus vaccinés 14 ans auparavant, et qu'il n'en produit que très-rarement ou point sur les vaccinés depuis moins de dix ans. Il attribue le phénomène de cette nouvelle force d'inoculation après la période de 14 ans à un nouveau développement de réceptivité qui se forme peu à peu chez l'individu, tandis que la propriété préservatrice qu'il avait reçue par la première vaccination s'éteint lentement. Les expériences de cet auteur conduites avec ordre et étudiées dans les divers degrés des éruptions eurent un grand retentissement dans le monde médical. Bien des opérateurs voulurent en suivre la méthode, et les adversaires mêmes admirent alors que la revaccination n'était plus une utopie ou une pratique superflue. Les doct. Dufresne et Goindet de Genève, le
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Les flfàâânDes frâjnedes. les Tanoj^aes et la t*rl.-ks des inirôius àéik xaecmés atîesicreiiî en la- ^tcr des savants. Ne#i» ne rerïriiiîrons pas sar ce >:;ri Nous cfe3C»iiirer:c2* de prëfererise rue la i>e- TOônrâm arrèie sraveLî et ocœpîe même la t*- ~:"j* éi'îd£3Djzie. La staâsiijae àes ricanes de la ri.SoJe ea France deprâ 13àC» ;nsus"a 1835 en par^e c untae à 5P73l Ce eï±zre eprcTarialùe est end à? bob I" avons extraîi de F annuaire on Burea* te kmgit*-ie&- Les damés eue mms avons pu ro- «âiiir sar r Angleterre ne &jzA pas m^iit* i^àres* M. Grêgrarv parle ernr l^ae part àbz-s otnragesdn danger frir»rSï«rrg on ae trouvas i:»ii* î» Tsecînéa, de contracter la variiie après 1 j ans à oaier ^ la presûère inDCLlalïcçL.
En Angleterre «î en France » danger ilnizina hientftL part» qne la rerasinKâcci cncLinsDsa k çr pratiquer. On oaaîiimar: œz*ezi2kzl a d:»car â carme de l'Immense disproparàic: rossrrâesL cîtsts» t**7* dans le nombre des sûsks -s: 5tTHs j» TêsLLz£i£ presrr*e identique» chez lei varâùecx.5:z* 2?7 sries* ç>l »aflert la variole M. Heim orciri i^ res^'ra.: 95 ement une pariai;* vass^ «î 75 ia *fife; chez les autre* smsizn rài^c 3ii i>^ -** -x-^iscina à Kasan 1795 siuiais ïzsz. 1436 mûtt
petite vérole: 271 de ces derniers présentèrent de trèsbelles pustules vaccinales normales, et 84 des pustules modifiées; effet nul sur 1081. Ce qui signifie que le résultat fut parfait à raison de 19 sur 100, modifié dans 6 et nul dans 75. Le doct. Dornbluth de Meklembourg eut les mêmes résultats; et douta d'abord de la bonté de la revaccination. Il céda ensuite à l'évidence et confessa que certains effets peuvent être inexplicables, mais que l'effet général est une grande preuve en faveur de la seconde vaccination. Il en fut de même des médecins du Nord. D'abord décidés à repousser la revaccination tant que l'on s'attachait à l'observation partielle de quelques expériences, il furent unanimes à la soutenir lorsqu' ils eurent des preuves plus concluantes que celles qui paraissaient au commencement en démontrer l'inefficacité.
Les succès obtenus prouvaient évidemment que l'inutilité de certaines inoculations dépendait de l'âge, des lieux , de la saison et de la constitution des individus. La qualité de la lymphe pouvait aussi influer. M. Bousquet nous en donne un exemple. Il nous raconte qu' en 1841 M. le doct. Boucher revaccina 93 élèves de l'école primaire de Versailles, dont 32 avec succès. Six ans auparavant, en 1835, il avait fait cette expérience sur environ un nombre égal d'élèves (85) et n'en avait eu que 1 1 succès. Pourquoi tant de différence dans si peu de temps ? se demande M. Bousquet. La chose s'explique facilement. En 1841 on découvrit le coic-pox qui manquait en 1835. Il faut tenir
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mm m -xtte circonstance dans les résultat» prati- -- u* m ^vaccination. De semblables différences se ix --zrmucs poor tonte l'Europe dans les résultats s -vcttKina^ons. indépendamment des circonstan- - m Lhu ie :emps et de personnes.
ïi ï-vux. «Tant 1838, à peine pouvai t-on compter -jna taj-s résultats. Ils augmentèrent d'noe façon
lojik ieçi^s 1838. que sur 2199 revaccïnations : i :-:m.;rjc: l>fy\ 223 d'efficaces, sans parler des i >iiaci us T^-Mnales. M. le docL Dourlen de Lille,
ittit» f liori à la revaccina tion, chercha tout ce
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