‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 21 sur 73 · COCO CM · texte numérisé non relu

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Chose singulière ! Le nombre des succès des revaccinations diminue chaque année dans la statistique de Wurtemberg et il va toujours en croissant dans celle de Tannée prussienne ; mais nous devons ajouter que cette décroissance cessa dans les années successives, car dans les revaccinations pratiquées dans le même royaume du Wurtemberg de 1846 à 1859 la moyenne atteignit même le 66 p. 100. Dans Tannée prussienne elle augmenta d'un degré, et arriva au 70 p. 100. L'importance de cette statistique est telle qu'il convient d'en résumer les principales données.

De 1833 à 1860 on fit 1,288,471 revaccinations. Sur ne nombre la première revaccination eut un cours régulier chez 704,536 (54 p. 100); la seconde re vaccination eut son effet sur 73,512 (4 p. 100); cours irrégulier et sans effet chez 513,423 (42 p. 100). En répétant ainsi l'expérience et en multipliant les piqûres jusqu'à obtenir que plus de la moitié des revaccinés offrissent de 6 à 10, de 11 à 20, et même de 20 à 30 pustules légitimes, on constata que la proportion des revaccinés avec succès qui fut en 1833 de 33 0[o> augmenta graduellement de 1854 à 1860 comme suit : 39, 42, 46, 49, 50, 51, 54, 57, 58, 60, 64, 64, 64, 64, 69, 69, 69, 70, 70, 70, 69, 70 pour 100. Tel qu'on le voit, la disproportion entre les premiers succès (39 p. 100) et les derniers (70 p. 100) est bien grande, et la cause n'en est pas bien connue. Nous ferons simplement observer qu'un des motifs possibles de cette disproportion réside dans le nombre des piqûres et consé-

quemment dans celui des pustules obtenues sur chaque individu.

Mais ce qui est plus important, c'est que les épidémies qui envahirent l'armée dans les années précédentes causèrent un vrai ravage, et que depuis le nombre des atteints fut restreint et presque nul. En effet l'armée prussienne qui comptait en 1833 108 victimes de variole et 28 en 1834, n'en eut plus depuis 1839 que trois par année, et le plus souvent moins encore. En 1847, 1855 et 1856 personne ne fut atteint bien que les épidémies varioleuses dominassent parmi le peuple. Durant ce même long espace de temps, sur 1,288,471 revaccinés, 267 eurent la varicelle, 299 la varioloïde, en tout 566/ soit 1 sur 2276; enfin 38 eurent la vraie variole, soit 1 sur 33,907. L'hôpital (1) de Vienne au contraire recouvra en 20 ans (1836-1856) 6213 varioleux dont 5217 (presque 84 °[o) avaient été vaccinés. Voilà certes des documents qui n'ont pas besoin de commentaire et qui fournissent la meilleure preuve de la bonté de la cause que nous ne cesserons de soutenir. Bisons enfin relativement à Allemagne que l'Autriche et le Hanovre introduisirent la revaccination dans l'armée, la première en 1835 et la seconde en 1837.

Le mérite des premières expériences de seconde inoculation en Italie qui datent de l'an 1825, revient au doct. Grabner Maraschin. Il revaccina indistincte-

(1) Pr$u$ti$che Militairârztliche Zeitung. Berlin, 1860.

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ment des enfants et des adultes 6 ou 8 ans après la vaccination. Mais les résultats ne furent évidents que sur les adultes et sur ceux qui comptaient un décennium au moins depuis la première inoculation. Les succès furent du 75 °{o chez ceux qui à raison de l'âge étaient doués d'une plus grande réceptivité. Avant M. Grabner et déjà en 1820, le docteur Fantonetti avait essayé de revacciner." Les italiens qui se sont le plus distingués dans cette pratique sont MM. Festler, Gamberini, Tonelli, Sacco, Sacchero, Derossi, Cugino, Ferrario et Fertile Centomo.

Entre toutes les villes de la péninsule Milan fut la première à adopter la revaccination et à la mettre largement en pratique, comme déjà elle avait cultivé la vaccination mieux que tout autre. Cet empressement eut les plus heureux effets , puisque depuis quelques années on ne constata à Milan aucun cas de grave variole chez les revaccinés, et que les cas de varioloïde y sont en petit nombre et fort exceptionnels. Dans les anciens états sardes MM. Griva, Martini et Berruti soutenaient que la première inoculation était suffisante. Les partisans de la revaccination y étaient peu nombreux. Parmi ces derniers on cite spécialement les doct. Sacchero et Derossi. À Parme M. Tommasini se montra zélé partisan de la pratique de la revaccina tion.

Lors des premières revaccinations e» Frâiidè, \eë sentiments étaient fort partagés même au sein de l'académie de médecine. Plus tard, en 1845, elle écrivit

dans un de ses rapports qu'en temps ordinaire la revaccination doit être pratiquée à partir de la 14me année, et qu' en temps d'épidémie il est prudent de devancer cette époque. Les partisans de la revaccination devenaient d'autant plus nombreux que les rechutes de variole étaient plus iréquentes chez les vaccinés de vieille date, comme en font foi plusieurs épidémies qui éclatèrent depuis 1843. Onconnait aussi les arguments en faveur de la revaccination des doct. Bousquet et Fiard, qui exercèrent une influence si salutaire. M. le doct. Luroth ayant revaccinée l'occasion d'une épidémie du canton de Bischviller 86 individus de différent âge, tous vaccinés dans la première enfance et qui avaient de belles cicatrices, dut se convaincre que les succès augmentaient en raison du temps écoulé depuis la ière inoculation. En 1834 M. le doct. Moreau essaya de démontrer à l'académie de médecine que la revaccination prenait faveur. «Depuis quelque temps» dit-il « tout le monde veut se faire revacciner. Je ne blâme point cette précaution qui est assez sage et qui rassure les esprits». Il dit ensuite d'y avoir recouru lui-même, et d'en avoir fait plusieurs expériences, les plus heureuses sur les adultes et les moins heureuses sur les adolescents. Durant l'épidémie qui éclata à Tours en 1839 M. Villeret inocula 1143 soldats partie varioles, partie vaccinés, et le reste ni varioles ni vaccinés. Chose remarquable ! Il eut autant de succès que d'inoculations et dompta par ce moyen l' épidémie.

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Nous avons déjà cité les expériences de MM. Boucher, Dourlin et Bousquet; nous ajouterons maintenant celles d'un autre vaccina te ur réputé, M. Lalagade d'Alby. Il constata que sur 2,201 revaccinations qu'il fit dans le courant de quinze ans sur des sujets âgés de 5 à 70 ans, les plus heureuses furent celles des individus âgés de 20 à 30, puis de 30 à 35 ans. Finalement, une dépêche ministérielle du 30 juin 1858 prescrivit en France la revaccination des recrues sur la considération que cette pratique a toujours eu dans les épidémies de variole des effets satisfaisants. La revaccination fut introduite en Suisse en 1824 par M. le doct. Morin qui la pratiqua sur plus de 50 personnes, dont quelques-unes avaient été inoculées par Jenner. Les succès qu'il obtint furent complets chez les individus que Jenner avait vaccinés bien des années auparavant. Les plus célèbres revaccinateurs suisses sont MM. Peschier, Lombard, Pommer et Lurati. Ces deux derniers domptèrent au moyen de la revaccination l'épidémie de Zurich de 1836 et celle de Lugan de 1856.

Ce que nous venons d'exposer nous paraît démontrer clairement le peu de fondement des récentes assertions de M. Vleminkx: 1° Que la revaccination est tout à fait inutile chez les sujets bien vaccinés; 2° Qu'elle est généralement inutile jusqu'à l'âge de 25 ans, aussi bien que dans les armées. La meilleure preuve en faveur de la revaccination dans l'adolescence et la jeunesse, c' est que ces deux époques

de la vie sont les plus exposées aux attaques du fléau asiatique. L'histoire des épidémies nous Ta amplement démontré. Qu'il nous suffise de rappeler que le doct. Gkirlanda constata en 1817 200 cas de variole chez les vaccinés ; que M. Chaussier déplora ces rechutes pour la France, et que M. Grégory reconnut qu'en Angleterre les individus de 15 à 21 ans y étaient particulièrement sujets. MM. Wendt et Môhl comptèrent par milliers les vaccinés atteints de variole dans les épidémies du Danemark. M. Lossetti énuméra dans l'épidémie de Venise 3981 vaccinés sur 5906 varioleux. Il résulte des tableaux des contagions qui ont éclaté en France que sur 16,051 malades 6071 étaient vaccinés, et que parmi ces derniers les plus éprouvés par le fléau furent précisément ceux qui avaient de 15 à 30 ans. M. le doct. Fantonetti présente dans un tableau inséré dans le Journal de V Association médicale de Turin (1858) un total de 3044 varioleux observés en diverses régions de l'Europe. Il en résulte que l'âge de 15 à 20 ans est le plus sujet à la variole. La statistique de M. Marson sur l'hôpital des varioleux de Londres de 1836 à 1855 en est encore une preuve. Sur 5797 varioleux recouvrés 3094 étaient vaccinés, et le plus grand nombre avaient de 15 à 25 ans. Il en dérive donc la nécessité de la revaccination dans cette période qui plus que tout autre est sujette aux rechutes.

€ Il est pour toutes les maladies éruptives, dit le doct Thore, une époque de la vie qui paraît prédis-

posée d'une manière notable à contracter ces maladies. C'est pour la rougeole et la scarlatine l'âge de 5 à 6 ans. Pour la variole cette époque est plus tardive; c'est vers la iO"16 année que la variole non modifiée par une première vaccination atteint son maarimum; sur 89 individus non vaccinés 60 ( presque les 3[4) occupent la période décennale de i à 10 ans. Chez les individus vaccinés c'est dix ans plus tard, de 20 à 30 ans. Sur 140 vaccinés 67 se trouvent placés dans l'intervalle qui sépare la 21 me de la 30me année. Les résultats, ajoute-t-il, indiquent nettement l'époque où l'immunité procurée par la vaccine tend à diminuer et à disparaître, et par conséquent la limite extrême que l'on doit atteindre pour les re vaccinations ».

Mais les adversaires de la revaccination dans l'âge susdit reçoivent le dernier coup dans la différence de la mortalité causée par la variole au siècle dernier et dans le présent, et que la statistique comparative nous détaille par âge.

Pringle écrivit, il y a un siècle, que la variole était rare dans les camps et dans les armées. Mais il est certain que c'est maintenant le contraire. Outre les pertes immenses causées par ce fléau dans les troupes allemandes et françaises et les 3000 cas de variole observés dans l'armée de l'ancien État-Sarde, les statistiques suivantes de France et d'Angleterre mettent cette chose hors de doute.

M. le doct. Guillon (1) trouve que sur 1000 décès la variole comptait :

Vers 1800 Vers 1850

De 0 à 10 ans 008 380

Au-dessus 92 620

Le comité de vaccine de Londres déplora dans son rapport de Tan 1858 la fréquence de la variole dans l'armée anglaise, et présenta une série de tableaux progressifs indiquant la force ascendente et décroissante de la variole suivant Page dans ces deux époques différentes. Ils démontrent évidemment le besoin de la revaccination avant la 25me année.

Laissons maintenant nos adversaires sous le poids de ces preuves et venons au point* i le varioleux doit autant ou plus que le vacciné être soumis à la revaccination.

Nous nous sommes déjà assez occupés de cas plus ou moins fréquents de rechute de variole. C'est pourquoi nous nous bornerons à conclure :

1° Que la variole est plus fréquente chez les vaccinés que chez les varioles.

2° Que la rechute a lieu chez les varioles dans un âge plus avancé que chez les vaccinés.

3o Que par conséquent on peut actuellement et surtout dans les climats tempérés suspendre la revac-

(l; Gaz. Méd., N. 13. Paris, 1859.

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cination pour l'individu déjà variole. Mais cette pratique qui est d'ailleurs sans danger aurait de grands avantages, surtout en temps d'épidémie et dans les climats du nord ou les rechutes de la variole, comme nous l'avons plusieurs fois observé, sont plus fréquentes à cause de la plus grande intensité que cette maladie parait y avoir,

La rénovation du vaccin dans la Prusse, le Danemark et le Wurtemberg entre la ÎS"16 et la 20™* année, époque où la variole fait le plus de ravages parmi les vaccinés, justifie la maxime de M. le dock Gugino, que l'âge où l'on contracte plus facilement la variole, est aussi celui qui fournit le plus grand nombre d'heureuses vaccinations.

M. Veimer, recteur émérite de l'Université de Vienne, opine dans un mémoire (1844) qu'après la 40me année la revaccination doit être considérée comme superflue, et M. le doct. Lossetti (1) reconnaît qu'après la 30»€ année l'organisme va toujours en perdant de son aptitude à contracter le variole.

M. Çcholtz à Vienne (2), Marson à Londres et Lalagade en France disent unanimement que l'âge le plus disposé à la réceptivité est de 15 à 30 ans ; que la revaccination a alors les résultats les plus favorables sur le tiers des inoculés; qu'en temps ordinaire la revaccination doit être pratiquée après 14 ans, cid. que la puberté et l'adolescence sont les deux

(1) Annales de Médecine de Milan, 1844, vol. 109. » ft*. Méd. d$ Tienne, janvier 1857.

époques les plus opportunes à cette pratique; qu'enfin en cas d'épidémie il est prudent d'anticiper la nouvelle inoculation.

Si nous avons été contraints de réfuter certains points de la doctrine de M. Wleminkx, nous nous réjouissons avec lui, quand il dit que la revaccination réussit d'autant plus qu'elle est pratiquée à une époque plus éloignée de la première inoculation vaccinale ou de l'invasion de la variole. Il est juste de dire que MM. Lalagade et Scholtz ont reconnu cette vérité avant lui; mais comme il ne se trouve d'accord avec eux que sur ce point, il en rehausse grandement la valeur et l'importance.

Herschel a dit que les faits sont d'autant plus importants qu'ils diffèrent dans toutes les circonstances, excepté dans celle qui est l'objet de l'investigation, attendu qu'ils sont alors en quelque manière mis en opposition l'un avec l'autre dans leurs points de discordance, et qu'ils tendent ainsi à rendre plus saillants et plus dignes d'attention les faits avec lesquels ils concordent. C'est ainsi que nous avons déjà essayé de réfuter les oppositions soulevées par M. Wleminkx sur l'utilité de la re vaccination, mais en combattant cet auteur nous avons tenté d'établir par de nombreux faits quelques points essentiels de la doctrine de la revaccination.

Mais M. Wleminkx ayant répété en 1866 une grande partie de ses propositions sans mentionner nos arguments, nous rapporterons brièvement quelques

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données et les opinions des plus récents auteurs pour confirmer les vérités que nous avons démontrées et réfuter l'écrivain belge et ceux qui tenteraient encore de se montrer contraires à la re vaccination. Nous sommes d'avis que les vérités, même les plus évidentes, ont besoin . d'une nouvelle confirmation, puisqu' elles rencontrent toujours de nouveaux oppositeurs, même chez les savants, ou par esprit d'opposition ou parce qu'ils se forment d'autres convinctions. Relativement à cette pratique, il faut que les préjugés populaires •[u'elle a soulevés cassent enfin, et que les masses se persuadent non seulement de son innocuité mais encore de son utilité, et de sa nécessité.

M. Wleminkx ne s' était d' abord fondé que sur 1660 revaccinations. Plus tard, en 1866, il ne tint compte que de ses propres expériences, et formula des lois générales sur le nombre de 2281 vaccinations. Noos répondons à cette singulière façon de procéder dans la science avec les paroles de Steinbrenner. L'observation d'un seul, a-t-il dit, quelque riche en faits qu'elle puisse être, est bien pauvre en comparaison de l'observation générale; elle doit conduire à des vues étroites et exclusives, à des jugements précipités et mal motivés, si la considération de ce que d'autres ont vu dans des temps et des lieux différents et sous l'empire de circonstances variées n'est venu corriger la partialité de nos impressions et la crudité de nos raisonnements, et si l'expérience des temps n'est venue élargir notre horizon et nous élever

12 — Parola, vol. II, De la vaccination.

au-dessus des conceptions mesquines de notre propre suffisance.

Cependant nous sommes heureux de déclarer que M. Wleminkx s'est montré cette fois moins absolu et qu'il a quelque peu modifié son opinion , tant a dû lui parler clairement l'éloquence irrésistible des faits qui démontraient chaque jour l'erreur de sa doctrine. En effet tandis qu'il soutient toujours dans sa 2e proposition que jusqu'à l'âge de 25 ans on peut généralement s9 en passer (de la revaccination), il ajoute qu'à partir de cet âge elle devient vraiment et de plus en plus préservatrice. Il avait dit la première fois que jusqu'à 35 ans elle ne réussissait que sur un nombre d'individus excessivement restreint, et que ce n'était qu'après laSÔ"16 année qu'elle devenait vraiment préservatrice et nécessaire.

Nous accueillons bien volontiers cette concession de l'auteur comme une preuve qu'il ne veut pas se poser en oppositeur systématique de la rêva cci nation, mais qu'il est disposé à accepter les vérités que la science révèle. Nous nous flattons qu'il voudra une autre fois reculer de dix ans au moins les limites qu'il a fixées à la 25me année.

Il est également digne d'éloges pour avoir supprimé la dernière proposition, la 8rae, à savoir que la revaccination est inutile dans les armées permanentes comme en Belgique. Après les succès que Ton continue à obtenir dans les revaccinations de toutes les armées européennes et après les avantages qui en

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sont partout signalés cette proposition aurait frise le paradoxe.

Nous ne pourrions cependant pas convenir en tout avec lui, lorsqu'il répète dans la 5me proposition que lare vaccination des écoles primaires, des pensionnats et des athénées est inutile, vu qu'aucun des 2841 inscrits sur les tableaux n' a manifesté avant 15 ans le retour de la réceptivité. Il se fonde toujours sur les revaccinations des prisons de Gand , Vilvorde , Saint-Hubert et en dernier lieu de S> Bernard, qui ont été pratiquées dans des conditions tout à fait spéciales. Nous verrons bientôt que l'expérience générale a démontré l'exagération de sa doctrine. Il avoue cependant qu' il est en contradiction avec un grand nombre de vaccinateurs; mais en s'eflforçant d'expliquer cette contradiction apparente il dit que la préservation vaccinale est, toutes choses égales d'ailleurs, en raison des inoculations réussies, en ajoutant que cette opinion professée en Allemagne par Eichorn, en Angleterre parMarson, en France par M. Boulogne, réunit aujourd'hui beaucoup d'autres partisans (1).

Mais cette opinion est en contradiction tant avec le fait observé par plusieurs vaccinateurs que ni le nombre, ni la belle apparence des cicatrices n'ont pu préserver de la variole ni empêcher la manifestation d'un second vaccin, qu'avec la doctrine d'un grand nombre de savants.

il) V. Gaz. Méd. Paris, 1866. pag. 179 et suiv.

L'Académie de médecine de Florence a décidé sur le rapport de M. le doct. Santoni que l'efficacité préservatrice de la revaccination est désormais démontrée, qu'elle doit s'effectuer à 12 ans et être répétée entre la 30* et la 35me année. L'académie de médecine Belge est plus explicite ; elle a déclaré que la revaccination est un complètement nécessaire de la vaccination. La société médicale de Genève a couronné en 1860 le mémoire du doct. Stricher qui a vaillamment soutenu la revaccination. En Angleterre MM. Marson et Ballard s'en sont montrés d'ardents défenseurs. La loi anglaise la reconnaît. L'article 8 de l'acte de vaccination de 1867 prescrit que: « Si les Lords du Conseil de sa Majesté avaient émané et émaneraient plus tard des règlements sur la revaccination des personnes qui doivent être revaccinées, ce que les dits Lords sont autorisés à faire, les administrateurs (Guardians) payeront, etc. >

Nous citons ces témoignages en faveur de la revaccination pour démontrer qu' elle est partout reconnue comme utile et que la louable pensée de l'introduire dans les usages de tous le peuples civilisés est généralement répandue.

Le tableau suivant présente les revaccinations pratiquées dans la garnison de Paris.

ANNEES

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