‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 25 sur 73 · NOMBRE · texte numérisé non relu

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D'après M. Orsi il ressortirait de ce tableau:

i° Que l'action du nouveau vaccin introduit dans les organismes se manifesta bien fréquemment par des vaccines complètes chez les enfants inoculés depuis peu d'années avec le vieux vaccin humanisé ;

2p Que le plus grand succès des revaccinations a été constaté à l'âge de 10 ans ;

3° Qu' on s' élève à ce maximum par une gradation d'efficacité déjà bien prononcée peu après la première vaccination ;

4° Que ce maximum de complètes vaccinations commence à diminuer dans les âges successifs jusqu'à atteindre le minimum entre 25 et 35 ans ;

5° Que de ce minimum l'efficacité des inoculations s'élève une nouvelle fois à raison de l'âge pour diminuer encore dans la vieillesse à mesure que s'affaiblit l'action organique d'assimilation.

C'est comme dire que les enfants déjà vaccinés avec le vieux pus humanisé sont doués de plus de réceptivité relativement au nouveau vaccin que les jeunes gens inoculés antérieurement, et que cette réceptivité augmente à mesure qu'on s'avance vers l'âge adulte et qu'elle s'atténue dans la vieillesse.

Le doct. Orsi ajoute que de nouvelles observations lui font attester que les revaccinations des enfants et celles des adultes et des vieillards produisent des pustules plus belles et plus complètes que les revaccinations dans les âges du milieu. C'est pourquoi il conclut que, comme les revaccinations donnent aujourd'hui

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de notables résultats même dans une époque trèsrapprochée de la vaccination, l'immunité des organismes contre la variole doit être aujourd'hui de beaucoup diminuée et que par conséquent la réceptivité doit être fort augmentée chez les vaccinés.

Nous avons déjà combattu l'opinion contraire du doct Wlemink en citant les paroles pleines d'autorité de M. Steinbrenner. Nous basant maintenant sur les mêmes principes, c. à d. que l'observation d'un seul, ou d' un petit nombre d' hommes n' est pas , bien ^étendue, une donnée suffisante pour qu'on puisse y fonder un principe certain, nous nous opposons également aux conclusions trop absolues du doct. Orsi.

Nous nous étonnons d'abord de trouver dans la statistique dont nous parlons un si gran nombre de accès jusqu'à l'âge de 10 ans et un nombre inférieur de 11 à 30 ans; car ce dernier âge de la vie est précisément celui où , au dire de tous les vaccinateurs, on a coutume d'obtenir un plus grand nombre de résultats heureux. Si même nous voulions admettre avec le doct. Orsi la dégénération du vieux vaccin humanisé, nous ne saurions pas mieux expliquer cette différence, puisque deux, trois ou cinq ans en plus ne peuvent détériorer la vaccine au point de priver les vaccinés de plus fraîche date du bienfait d'une majeure garantie. Il faudra donc chercher l'explication de ce fait ou dans la différence du nombre des vaccinés dans chaque âge ou dans une autre circonstance fortuite. Une autre chose digne de remarque

i 92 DE LA VACCINATION — CHAPITRE XX

et que le doct. Orsi lui-même a notée, c'est qu'il résulte du tableau général des vaccinations et des revaccinations de la province d'Ancône pour chacune des années susdites, que plusieurs vaccinateurs ont constaté autant ou à peu près autant de résultats complets que de revaccinations. Il n'est pas nécessaire que nous descendions aux moindres détails, et nous omettons la citation des effets partiels. Le fait indiqué existe et il est de telle nature qu'il nous fait croire que quelques vaccinateurs ont trop légèrement enregistré parmi les issues complètes des résultats illégitimes et même non vérifiés. On peut encore soupçonner qu'on a classifié au nombre des revaccinés des individus non encore vaccinés ou non bien vaccinés. Quoiqu'il en soit les succès extraordinaires dont il est question infirment les déductions de M. Orsi.

Quanta nous, nous n'avons pas été si heureux, et M. Grancini ne l'a pas été mieux que nous. Sur 115 revaccinations pratiquées en 1859 chez les orphelins de Milan, il n'eut que 52 résultats heureux, tout comme en 1870 sur le nombre complexif de 584 revaccinés dans les collèges Marcellino et Calchi-Taeggi , dans les instituts militaires et dans les orphelinats, il n'obtint que 106 résultats complets et 418 nuls. Nous avons dit plus haut que M. Grabner-Maraschin eut en 1825 à raison de 75 p. °[o de résultats favorables dans les revaccinations; qu'en 1837 M. Neuman à Strasbourg et en 1842-43 M. Stadelmayer en Bavière constatèrent

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de nombreux succès dans un âge inférieur à la 15™ et à la 12me année; de sorte qu'on aurait pu dès lors déplorer l'affaiblissement du vaccin.

Du reste il n'est rien de si variable que les issues des revaccinations. Nous savons que dans la ville même d'Ancône le doct. Scricci donna pour 1871 sur 1100 revaccinations vérifiées 579 issues régulières et 317 nulles, et sur 861 revaccinés au bagne 305 résultats heureux et 491 nuls; pour 1873 sur 465 revaccinations vérifiées dans la population civile 267 issues favorables et 128 nulles, et sur 394 soldats revaccinés 145 issues favorables et 194 sans effet. Le lecteur a sans doute noté la grande différence des résultats obtenus en France par MM. Depaul, Husson et Danet, et qui vont du 18 au 24, 40, 60 et 66' p. >.

Le doct. Biffi a inséré dans son rapport au Conseil sanitaire de Milan le petit tableau (1) suivant qui vient à l'appui de notre thèse:

Revaccinations 1871, 1872, 1873, 1874.

Lymphe humanisée 45, 73, 41, 33, 36, 63, 57,73 p. °[0 Lymphe animale 48, 30, 33, 56, 48, 29, 29, 19 p. °i<>

Nous avons remarqué en parlant de la réceptivité, que diverses circonstances influent sur le résultat de la première vaccination. Nous ajoutons maintenant qu'elles ne doivent pas moins influer sur les revacci-

1ï Am. Univ. Méd., Milan, nov. 1875.

13 — Pàrolà, vol. Il, De la vaccination.

nations, et que dans le calcul des résultats des mêmes on doit tenir compte du plus ou du moins de facilité avec laquelle les vaccinateurs considèrent comme résultats heureux les cas qui ne présentent qu'une légère efflorescence locale de peu de durée, et qui manifestent tout" au moins un certain résidu d' action prophylactique du premier vaccin. Nous croyons encore qu'en cas d'infection varioleuse les circonstances qui en favorisent le développement, peuvent prédisposer l'organisme à ressentir l'action du nouveau vaccin. Nous en avons une preuve dans les issues parfaites que M. Orsi déclare avoir obtenues chez les enfanK et qui corrispondent à ces varioles confluentes qu'on vérifie dans le premier âge en temps de grave épidémie varioleuse non seulement chez les vaccinés mais encore chez ceux qui ont déjà souffert la variole.

G est pourquoi il nous semble que la statistique du doct. Orsi ne suffit pas pour l'autoriser à en déduire les conclusions susdites. Nous ne pouvons croire «jusqu'à présent que le vaccin humanisé soit si détérioré que le voudrait M. Orsi. Nous sommes en cela d'accord avec la grande majorité des vaccinateurs et avec le 3me congrès international de Vienne qui a établi que la force préservatrice du vaccin ne diminue qu'après 10 ans, et que les faits ne prouvent pas suffisamment la diminution de l'efficacité de la lymphe qui a passé par plusieurs générations. Nous convenons toutefois avec M. Orsi que la revaccination des élèves des écoles et des établissements publics ou

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privés, qui dépassent la neuvième année, est non seulement opportune mais qu* il faudrait la prescrire légalement, si Ton veut éteindre un des foyers qui développent et maintiennent les épidémies de petite vérole.

Bon nombre d'auteurs, entr' autres MM. Bousquet, Steinbrenner, Marinus, Facen, Walter, Frua et Ferrario, réputent l'âge de 10, 12, 15 ans comme le plus opportun pour la revaccination. D9 autres ont noté l'âge ou les vaccinés sont atteints de la variole. Nous levons mentionner spécialement M. Rigoni Stem qui a fait le tableau suivant sur l'observation de cinq épidémies qui ont éclaté à Vérone de 1819 a 1834.

Proportion des infectés sir 100

De la naissance à un an 1,06

De 1 à 5 ans 2,33

En-dessus 0,00

Les âges de 10 à 20, et de 20 à 30 ans ont fourni m plus grande nombre de varioleux. La réceptivité ferait rapidement après cette époque.

Ona observé dans les épidémies de Lombardie(1862) Pa de H à 30 ans c'était de la vraie variole et que uns les autres âges il n'y avait que de très-rares

cas de varioloïde bénigne. MM. Frua, Facen, Strambio ont aussi vu ailleurs en Italie des individus vaccinés de 10, 13, 21 ans atteints de variole.

En France, M. le doct. Givèt a vu en 1849 des individus atteints à 12, 17 et 20 ans. M. Briquet a noté dans son rapport de Tan 1866 que jusqu'à 10 ans personne n'est atteint mais que depuis cet âge les cas augmentent progressivement. M. Besnier dit à propos de l'épidémie qui a régné en France en 1870-71 que les enfants vaccinés ont fourni un gros contingent.

Relativement à l'Allemagne, M. Walter a trouvé que la variole se développe rarement chez les vaccinés sous la 10me année, et qu'elle se manifeste plus fréquemment sur ceux qui ont de 15 à 25 ans, d'où il conclut que la revaccination devrait s'effectuer entre la ÎO016 et la 20me année (1). Les statistiques des dernières épidémies en Italie et en Prusse sont une nouvelle preuve que non seulement la variole est fréquente après dix ans à dater de la vaccination, mais encore qu'on la contracte même auparavant dans des circonstances extraordinaires.

Bien que, d'après nous, l'époque oti la revaccinatioû fournit le plus grand nombre de résultats, soit de 14 à 25 ans, et que dans celle de la puberté on perde plus facilement la modification inconnue de la vaccine à la suite des changements qui surviennent

(t) BtrHntr JT/mitce Wockentckrifl 12 nov. 1866.

DC LA RKYACCUUT10N 197

dans l'organisme, les effets des revaccinations après 10 ans d'un côté, et les cas de variole après le même temps de l'autre nous font estimer qu'il serait prudent 4e pratiquer la revaccination de 10 à 12 ans en temps ordinaire et même antérieurement lorsqu'une épidémie menace d'éclater, ou qu'elle éclate réellement

Il nous semble avoir jusqu'ici amplement démontré l'utilité et même la nécessité des revaccinations spécialement à l'occasion des épidémies varioleuses, mais pour dissiper tout doute à cet égard nous voulons encore parler du rapport dressé par l'académie de médecine de Paris sur l'épidémie qui dans la dernière guerre franco-germanique fît en France tant de victimes. M. le ministre de l'intérieur avait demandé an avis motivé à l'académie pour pouvoir agir avec autorité sur les populations en leur recommandant de nouveau les vaccinations et les revaccinations comme la meilleure prophylaxie de la variole. L'académie adopta à l'unanimité la note suivante rédigée par M. Depaul au nom d'une commission composée de MM. Tardieu, FauveL, Béhier et Depaul.

« L'académie de médecine croit utile de rendre publiques les déclarations suivantes qu'elle recommande à l'attention du gouvernement et des populations.

< La vaccine est le préservatif de la variole. Toutefois après un certain temps la revaocination est indispensable pour assurer l'immunité complète contre la contagion. La re vaccination est absolument exempte de danger, et l'académie repousse formellement tout

ce qui a été dit de contraire. La revaccination peut être utile à tous les âges. Elle peut être pratiquée sans inconvénient durant les épidémies. Bien plus il est de fait que dans les petites localités, dans l'intérieur des familles, dans les pensionnats, ou dans certaines agglomérations d'individus, elle a suffi pour arrêter sur place une épidémie recommençante.

« L'épidémie actuelle de variole qui règne à Paris et sur quelques autres points du territoire a fourni les preuves les plus convaincantes de la puissance préservatrice des revaccinations. Dans les divers corps de l'armée, et notamment dans la garde de Paris, dans plusieurs établissements publics ou privés, et en particulier dans quelques-unes des écoles municipales, la variole s'est éteinte sous l'influeuce des revaccinations.

« Enfin, les dernières statistiques, notamment celle qui a été recueillie dans les hôpitaux civils de Paris, prouvent de la manière la plus formelle que les personnes récemment revaccinées, atteintes en très petit nombre, l'ont été très-légèrement et ne figurent pas dans le chiffre de la mortalité. Il importe donc au plus haut degré dans l'intérêt à la fois individuel et public de continuer et d'étendre par tous les moyens possibles la pratique des re vaccinations. Outre les mesures déjà prescrites et mises en exécution dans les mairies, dans les bureaux de bienfaisance , dans les hôpitaux et à l'académie, il serait bon que d'accord avec les parents, les entrepreneurs, les maîtres de

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garni etc., des médecins délégués à cet effet fassent autorisés à se rendre dans les ateliers, dans les chantiers, etc. et à opérer sur place les revaccinations nécessaires >. Après un avis si solennel et bien motivé de cet illustre corps académique il est inutile de dire un mot de plus sur ce sujet.

Rapport entre les revaccinations et l'aptitude des vaccinés i contracter la variole.

Ici nait la question assez délicate sur la différence de prédisposition à la variole et au vaccin.

Sur les faits rapportés par M. Wleminkx et d'autres, et relatifs à des individus chez qui la vaccine réussit plusieurs fois, quoiqu'en contact fréquent avec des varioleux sans jamais en contracter la maladie, le doct. Schina dit que l'aptitude de 1' organisme à recevoir la variole peut différer de l'aptitude à contracter la vaccine, et que conséquemment on serait en contradiction avec la pratique, si Ton disait que l'individu sur lequel la revaccination a donné un résultat positif conserve encore ou a acquis de nouveau l'aptitude à la variole, et viceversa que celui qui est réfractaire au vaccin appliqué avec les règles requises, Test aussi à la variole. Il en donne une preuve dans le cas d'un militaire qui revacciné sans résultat au régiment peu de temps avant, fut néanmoins atteint de la variole.

Cette question est bien intéressante. < L'aptitude ou « le défaut d'aptitude à prendre la vaccine n'impli- « quent pas rigoureusement, dit M. J. Guérin, la me-

< sure de l'aptitude à contracter la variole. On sait « empiriquement que la vaccine réussie diminue l'ap- « titude à contracter la variole, voilà tout; mais rien

< ne preuve l'impossibilité de faire naître la variole

< là où la vaccine n'a pu être inoculée. Il serait donc « utile de provoquer un supplément d' expériences à

< cet égard. Mais en attendant n'est-on pas autorisé « à conserver quelque doute ? À considérer la ques-

< tion théoriquement, n'y a-t-il pas lieu d'admettre « qu'en raison de sa force, de sa virtualité plus grande, « le virus variolique, dont l'action se généralise si fa- « cilement et dont l'intensité s'accroît encore en « temps d' épidémie , possède une faculté de germi-

< nation supérieure à celle de virus vaccinal, et par « conséquent que l'on peut encore être inoculé quand « l'autre parait avoir épuisé toute faculté de l'être.

< La cessation de l' aptitude à prendre le vaccin ne « doit pas être considérée comme l'indice certain de € l'impossibilité de contracter la variole >.

Il est bien vrai que M. Wleminkx essaya de répondre en partie à ces objections en avançant que le mode de transmission étant différent dans les deux cas, il en dérive que l'inoculation vaccinale et la varioleuse peuvent se développer sur des individus qui ont échappé à la contagion de la variole, « Parce que, dit-il, la vaccination ou plutôt la re vaccination

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réussit très-fréquemment chez le vieillard, ce n'est pas une raison pour dire que celui-ci est également apte à recevoir la variole. Celle-ci se contracte dans des milieux sans action suffisante sur son organisation, celle-là au contraire, consistant dans l'insertion d'un virus, peut donner lieu à des résultats que les milieux ambiants/ véhicules de causes morbides, sont impuissants à produire. Le vieillard contracte dans des conditions données une gonorrhée ou des chancres, mais il est complètement insensible aux causes de la fièvre typhoïde. Il contracterait de même la variole si on la lui inoculait ».

Cette réponse est remarquable et conforme à ce que MM. Steinbrenner et Serres ont émis en . s'appuyant sur une foule d'expériences et de faits.

Les résultats des revaccinations pratiquées à Gand et Villevorde, loin de laisser croire que l'aptitude de l'organisme à subir la variole diffère de l'aptitude à prendre le vaccin, paraissent plutôt confirmer que la disposition à contracter la vaccine par inoculation, tant chez les vaccinés depuis longtemps que chez les varioles, ne prouve pas toujours l'existence d'une éçrale aptitude à être infecté de la variole par simple infection ou contagion ; en d'autres termes, que la revaccination avec effet ne signifie pas toujours la disposition que peut avoir l'homme à contracter la variole, soit qu'il ait été vacciné, soit qu'il ait souffert la variole naturelle. Avec cette distinction entre les effets de la

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contagion par inoculation et les mêmes effets par simple transmission externe ou infection, on explique facilement (l'histoire et la statistique des épidémies sont là pour nous le démontrer) le nombre prodigieux des vaccinés qui étant exposés à la contagion de la variole sans la contracter, peuvent cependant par une seconde inoculation avoir une vaccine normale : tout comme on explique la plus grande quantité de boutons vaccinaux bien développés sur des gens marqués de la petite vérole, et sur ceux qui supérèrent deux fois le virus arabe.

C'est ce qui arriva dans le Wurtemberg de 1831 à 1836, à Kasan, en France et en Italie, comme nous l'attestent MM. Heim, Thièle, Bousquet et Baroffio, etc. La revaccination des adultes varioles et vaccinés y eut les mêmes effets qu'à Gand et Ville* vord, c'est-à-dire qu' elle y fut de 30 à 50 p. °[0. Cette proportion n'a été dans les plus terribles épidémies, celln de Marseille par exemple, que de 1 à 69 (et suivant d'autres de 1 à 100) chez les varioles et de 1 à 7 1[2 chez les vaccinés; et est une preuve certaine que la revaccination peut prendre sur des sujets qui ont échappé à la variole par simple contagion.

Cela étant établi, l'on ne doit point s'étonner si en force d'une idiosyncrasie organique exceptionnelle on trouve tant de sujets vaccinés que varioles dont l'organisme peut reproduire les phénomènes apparents de la vaccine ou de la variole. Des médecins ont obtenu presque à souhait un résultat heureux par des inoculations réitérées.

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Jenner citait déjà de son temps bon nombre de vaccinations heureuses sur les varioleux. C'est surtout sur une personne vaccinée dans son enfance et portant une pustule caractéristique de cow-pox que >L Woodville obtint dans ses premières expériences an virus qui préserva même de la variole inoculée plus tard. N'est-ce peut-être point de la varioléeFleury que Ton obtint en 1835 le récent cow-pox qui régénéra le vaccin dans toute l'Europe ?

Que la disposition de certaines personnes à recevoir tant le vaccin que la variole existe aussi chez les varioles, nous en avons une infinité de preuves. MM. Bréchet, Dornbluth, Heim, Muller, Thièle, Moreau, Chrestien, Shutz obtinrent sur eux-mêmes un vaccin prompt et efficace, avec la différence que M. Moreau parvint à se revacciner trois fois, M. Chrestien obtint à souhait sur sa personne l'effet de la vaccination, et M. Shutz ne put obtenir la troisième fois de nouvelles pustules. M. Heim variole donna impunément ses soins à beaucoup de varioleux. Il demeura plusieurs jours et sans en être atteint lui-même au chevet du lit de son frère qui avait la variole confluente. 11 se vaccina trois semaines après cette expérience décisive, et obtint une éruption régulière.

11 est certain que celui qui n'est pas insensible au vaccin, subit la variole par inoculation ou viceversa. Cela nous est attesté par un grand nombre d'inoculateurs qui réussirent ces années dernières à produire sur eux-mêmes et sur d'autres individus jadis varioles

des pustules là où avaient été faites les inoculations varioleuses. Ces pustules leur servirent souvent à propager l'inoculation.

On a aussi vu des personnes variolées et des nourrices qui avaient des pustules légitimes aux joues, au sein et sur les parties oîi les enfants à inoculer avaient appuyé leur visage couvert de cet exanthème.

Les éphémérides contiennent de nombreux cas cornprouvant la réussite de l'inoculation chez les varioleux. M. Dufresne cite à propos de l'épidémie varioleuse de Genève (1822)- le résultat de l'inoculation du virus varioleux à une femme qui l'avait déjà subi, et à deux jeunes gens de 17 ans qui en conservaient les cicatrices les plus évidentes.

Puisque, comme il n'y a rien d'absolu dans la médecine, nous en sommes aux cas rares et exceptionnels qui pourraient compromettre gravement la doctrine vaccinique et la théorie des contagions, si on ne les appréciait à leur juste valeur, nous dirons que M. Baron assure avoir connu un prêtre vacciné dans son enfance et revacciné plus tard sans effet, qui s'étant exposé trois mois après au contact varioleux, en fut affecté à un très-haut degré. M. Timermans nous cite un fait analogue relativement à un soldat qui se trouvait dans les prisons de Turin. Bousquet parle d'un jeune homme vacciné et revacciné qui eut néanmoins la variole. Mais ce cas ne l'étonné pas beaucoup ; car, si Ton peut contracter deux ou trois fois la variole, rien n'obste que l'on ne puisse subir les effets de ce virus après deux revaccinations.

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Jenner fait mention d un chirurgien du comté de Glocester qui contractait le virus arabique chaque fois qu'il était appelé à soigner un varioleux. Nous sommes de Tavis de M. Bousquet, qu'il y a des organisations insatiables et du virus varioleux et du vaccin; comme par opposition il y en a qui résistent longuement à leur action, même par inoculation. Mais ce sont des cas tout à fait exceptionnels et rares, MM. Pearson, Sacco, Hessert et Strombeyer essayèrent en vain de produire par l'inoculation de la variole une éruption quelconque chez des individus déjà vaccinés ou varioles. Il en a été de même de quelques revaccinations laites en Prusse, dans le Wurtemberg, dans d'autres partie de l'Allemagne, en France et ailleurs.

L'on sait que la revaccination fut faite des milliers de fois en Prusse et dans le Wurtemberg, que la 2œe et la 3™ inoculation ne furent ni plus promptes ni plus pleines que la première, mais que si la dernière compta de 40 à 50 résultats heureux l'on ne put jamais obtenir plus de deux succès sur cent dans la &*e vaccination sur des individus qui un an auparavant avaient subi avec effet la 2me vaccination. Et pourtant nous pouvons affirmer, l'histoire et la statistique à la main, que le vaccin a eu rarement un bon résultat après deux éruptions régulières et bieij conduites, et que l'inoculation des deux virus n'a presque jamais bien réussi chez des sujets récemment varioles ou vaccinés.

Gomment pourra-t-on rendre compte de faits si significatifs? Voudra-ton présumer qu'il est survenu

-200 DE LA VACCINATION — GHAPITUfc XX

dans l'économie du vacciné ou du variole quelque chose qui a causé la reproduction de l'éruption vaccinale? Steinbrenner répond que ce quelque chose ne peut être que la renaissance d'un certain degré de réceptivité. Cette réceptivité dans beaucoup de cas et principalement après la variole, ne parvient plus à acquérir assez de force pour pouvoir offrir prise -à la simple contagion contre laquelle l'individu se trouve par conséquent préservé; mais elle a cependant une force suffisante pour développer une nouvelle éruption vaccinale, après avoir été excitée et réveillée d'une manière aussi immédiate et aussi puissante que doit le faire le virus vaccin déposé dans le lieu d'élection même de la maladie. De là la proportion bien plus considérable de secondes vaccines que des varioloïdes et de vaccines après varioles que de secondes varioles. De là encore la production de belles éruptions vaccinales chez des individus qui s'étaient montrés bien préservés contre toute contagion de variole. Ces idées sont l'espression de la vraie théorie vaccinale, fondée sur l'expérience quotidienne.

En résumé nous croyons que les issues des re vaccinations et spécialement les issues parfaites» peuvent induire la présomption que ceux chez lesquels elles eurent lieu, étaient .aussi en danger de contracter la variole, mais qu'elles ne peuvent en fournir une preuve certaine et absolue. MM. Orsi et Carraro ne sont guères fondés lorsqu* après avoir vérifié plusieurs cas heureux dans les revaccinés, ils soutiennent que la

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disposition à contracter la variole est aujourd'hui bien plus grande dans les inoculés. Sans répéter ici que le nombre des vaccinés varioleux varie selon la gravité de l'épidémie et diverses circonstances qui diminuent la vertu du vaccin, nous disons seulement que cette différence dans le nombre des infectés s'est aussi vérifiée chez nous dans les dernières contagions, et que les faits invoqués par MM. Orsi et Garraro attestent précisément contre leur doctrine. Si la grande disposition des vaccinés à contracter la petite vérole existait en réalité, ce fléau aurait sans doute fait un plus grand nombre de victimes à Turin et à Ancône et aurait été meurtrier comme autrefois.

Nous avons parlé dans l'historique des épidémies de certains cas de variole qui se sont développés chez des vaccinés de fraîche date. Le doct. Bolla en constata aussi à N a pies. Plusieurs auteurs ont en outre parlé de vaccinations réussies chez des convalescents de petite vérole, et l'illustre prof. Baccelli en a dernièrement constaté une à Rome. Ces faits en apparence divers concourent à démontrer que non seulement la réceptivité varie selon les individus, mais encore qu'il n'y a pas toujours un rapport direct et constant d'antagonisme entre les deux contagions.

Finalement, les cas de revaccination parfaite sur des individus qui ont été impunément en contact avec des varioleux, sont bien plus nombreux, comme nous l'attestent aussi les doct. Toscani et Mascarella. Ce dernier cite dans un récent mémoire sur la vaccination

un cas observé par le docteur Gualdi et dont nous ne voulons pas priver le lecteur. Il s'agit d'une sœur de charité qu'il revaccina avec succès, après qu'elle avait servi durant 4 mois dans le lazaret des varioleux. Nous savons que les issues des revaccinations sont le plus souvent bien loin de présenter les caractères de la première vaccination, et qu'elles ne peuvent constituer ainsi la preuve que la résistance à la variole est éteinte. C'est pourquoi nous concluons que les résultats favorables des revaccinations ne sont pas une preuve certaine de la réceptivité de la variole.

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