MM
Au 7m« id.
Il résulte de ce tableau que l' efficacité virulente commence au cinquième jour, qu'elle, est au sixième à son apogée et qu'elle commence à diminuer au septième. Cependant, comme l'inoculation des génisses se fit à Sinigaglia par scarifications, et. non suivant la méthode linéaire, il parait que, le procédé d'évolution des pustules étant par ce motif plus rapide, le jour le plus convenable serait le cinquième, vu que la lymphe jaunissait déjà au septième jour.
Que de précautions à observer dans les transmissions animales! Combien peu dure la faculté virulente! Que de probabilité de . voir manquer l'opération, si l'on ne recueille pas la lymphe au moment fugace de son efficacité !
Il en est de même de la lymphe conservée; car on vit des pustules détachées depuis 4 jours et qui ne paraissaient pas altérées, développer une belle éruption sur la génisse et ne donner sur des enfants que des résultats illégitimes.
Ici le rapporteur se demande bien à propos, si dans ces pustules la période de décomposition était déjà commencée. Serait-ce, dit-il, que la matière virulente soit si muable qu'un degré quelconque de métamorphose puisse enlever la faculté de transmission à un germe quelconque de reproduction? Mais il ajoute qu'il ne peut résoudre la question avec le petit nombre de pustules transmises ailleurs et qui eurent un autre succès.
La lymphe recueillie dans les tubes au sixième jour servit parfaitement, tandis que celle qui le fut au cinquième ou au septième n'eut qu'un effet douteux. Il faut donc» la recueillir au sixième jour, et alors elle conserve quelque temps la propriété d'être transmise aux animaux, et l'on sait qu'elle fut efficace du printemps à l'automne et vice versa.
MM. Negri et Belluzzi recommandent de recueillir la lymphe dans sa période d'immaturité; mais il est [ bien difficile de pouvoir avec la méthode des incisions linéaires distinguer au quatrième ou au cinquième jour ce qui est le résultat d'un simple procédé inflammatoire d'avec le fruit d'un principe qui se vivifie, mais qui n'est pas encore mûr.
À cet effet le rapporteur bonseille pour obtenir 18 — Parola, vol. II, De la vaccination.
des pustules bien développées le système d'incisions plus petites ou tout au moins l'interposition de petites incisions.
Quant au mode de transmission dans l'homme il nous dit que les propriétaires n'ayant pas laissé emporter les pustules, on adopta, la méthode de fixer la pustule sur la mammelle de l'animal et de la presser avec une pincette pour en recueillir la lymphe et le détritus chaque fois qu'il y. avait dans la salle quelqu'un à inoculer.
Il ne veut pas que dans le but de rappeler au centre une abondante humeur, on alterne la compression avec les relâchements, vu qu' on inoculerait alors sans effet la lymphe transsudante. Avec une belle pustule on peut faire avec succès jusqu'à 20 inoculations, et ainsi une seule génisse peut fournir de la matière vaccinale pour environ 150 personnes. Mais le rapporteur nous avertit qu'il ne faut pas trap prétendre, et que les effets doivent être en rapport avec le développement vaccinal qu'on ne doit jamais surexciter artificiellement, si l' on ne veut pas inoculer sans effet. L'inoculation fut pratiquée avec de petites incisions superficielles, parce qu' on avait remarqué que les succès étaient bien moins nombreux avec le système des aiguilles.
Le résultat des vaccinations animales en rapport avec le jour de la lymphe, est pour la province d'Ancône comme suit :
Au 4"" jour avec succès . . N. 53 sans effel 60
|5]Au5" » » > 429 » 224
|| Au 6- » » » 571 » 99
^'Au7-' » » » 275 » 28
Si l'on compare les succès avec les expériences nulles on a :
Au 4me jour
succès 47
insuccès 53 p. 100
> 6me »
> 7me >
D'où il résulte: 1° que le 6me et le 7me jour sont les plus favorables pour inoculer la lymphe animale dans l'organisme humain ; 2° que la moyenne générale des insuccès serait encore considérable, étant à raison de 23,63 pour 100,
Il appert des caractères morphologiques tracés par le rapporteur que le développement de la pustule ne diffère pas de celui de la vaccine humaine; que la durée de l'éruption n'est pas plus longue ; que l'éruption elle-même se manifeste ordinairement au 3me jour, qu'elle arrive à son apogée au 7me ou au 8me, et qu'au 9™ jour la lymphe commence à jaunir. Ordinairement le vacciné manifeste du 3me au 5me jour un certain malaise auquel s'allie plus ou moins de réaction fébrile. Cependant la fièvre se développe avec plus ou moins d'intensité vers le 9me ou le 10me jour.
Le rapporteur assure que les pustules produites par la vaccine animale sont fort belles, mais que les cas de développement tardif des mêmes ne sont pas rares, tel qu'on Ta aussi observé ailleurs. Il dit au sujet du grave problème de la conservation du vaccin animal, que la pustule transmise dans des cristaux concaves et le détritus recueilli dans de petits trous pratiqués dans le verre, sont exposés à la putréfaction. Il ne croit pas qu'à dater du moment où Ton a enlevé la pustule, il puisse se passer impunément plusieurs jours sans qu'elle se détériore. De semblables pustules transmises de la sorte ont réussi sur quelques-uns et complètement échoué sur d' autres. Le succès de la lymphe recueillie dans des tubes n'a pas été meilleur.
Au printemps de 1871 entre la ville d'Apcône et 36 autres communes on inocula 150 jeunes veaux femelles dont 124 avec succès. On suspendit momentanément dans la même année les vaccinations à cause de l' aphthe épizootique qui s'était manifestée chez ces animaux, sur sept desquels l'inoculation avait échoué. C'est pourquoi le doct. Orsi recommande de ne pas recueillir le vaccin sur les veaux affectés de cette maladie, ni de l'inoculer à ceux qu'on a laissés quelque temps dans les étables où l'ophthe a dominé. Il observa de meilleurs résultats chez les veaux de trois à six mois bien nourris tant mâles que femelles, et qu'on doit préférer l'inoculation directe à celle de la matière vaccinale conservée. Il trouva encore que chaque animal ne présente pas le même degré d'effi-
cacité transmissible, et que cette efficacité dépend de causes extérieures qui produisent l'irritation des mamelles, telles que le travail prolongé des séances de vaccination, et la fatigue éprouvée par les animaux vaccinifères dans un long voyage. Il recommande de ne pratiquer que de 10 à 30 incisions par animal et de n'employer que les pustules modèles, dont chacune ne peut servir que pour 20 petites incisions sur l'homme.
Entre l'automne de 1871 et le printemps de Tannée suivante on inocula 151 bêtes bovines: 141 avec succès, 8 avec résultat nul et 2 avec résultat douteux. M. Orsi eut pareillement le bonheur de pouvoir renouveler la lymphe animale avec le cow-pox découvert à Bologne.
En 1873 on n'inocula que 84 veaux. À propos de ces vaccinations M. Orsi nous atteste les excellents résultats obtenus par le détritus vaccinal transmis dans des capsules et conservé dans une enveloppe ou un tégument de glycérine.
Devant maintenant passer aux vaccinations pratiquées sur l'homme, nous croyons utile de reproduire dans notre ouvrage le tableau compilé par le docteur Orsi, et qui comprend les vaccinations animales faites en Italie jusqu'à la fin de 1872.