‹ De la vaccination; (volume 2)Chapitre 70 sur 73 · Troisième partie du programme · texte numérisé non relu

Troisième partie du programme

La vaccination exclut-elle pour toujours ou pour un temps plus ou moins long la disposition à la contagion variolique? Quelles sont les causes de la différence du degré d'immunité contre cette maladie? Analyse critique de la statistique de la mortalité des vaccinés.

Pour donner une solution scientifique à la question de la durée de l'efficacité du vaccin, nous nous

en sommes tenus aux données fournies par les épidémies varioleuses sur la fréquence avec laquelle les vaccinés contractent la petite vérole, et, sur les âges qui y sont particulièrement exposés; et tenant compte en outre des résultats que nous offrent les revaccinations générales dans divers pays, nous avons recherché les époques de la vie où le second vaccin commence à prendre, et celles qui donnent le plus grand nombre de succès.

Il ne nous a pas paru de l'ensemble de nos études pouvoir rien dire d'absolu à cet égard, et nous avons conclu que dans un grand nombre d'individus le vaccin se conserve efficace toute la vie, et pour un certain temps seulement dans d'autres.

Nous avons parlé dans un chapitre spécial de la réceptivité, de laquelle dépend, à notre avis, la solution de plusieurs questions vacciniques, de celle sourtout qui nous a occupés plus particulièrement, c.-à-d. du plus ou du moins d' efficacité du vaccin selon les diverses conditions individuelles, les constitutions atmosphériques et les climats. Nous n'avons pas négligé les autres causes relatives aux conditions physiologiques et morbides, à la qualité de la lymphe, et à l'opération même, causes toutes qui concourent avec les deux premières à établir le degré de préservation de la variole.

Nous nous sommes aussi occupés de la mortalité des vaccinés dans notre revue des principales épidémies. Nous devons noter à ce propos qu'elle varie selon l'in-

tensité des épidémies et selon les climats. Tandis que, par exemple, les docteurs De-Renzi et Riccardi n'ont constaté que i mort sur 300 vaccinés atteints de la variole dans les provinces napolitaines, et Galosi (de 1805 à i840) dix morts sur 912 vaccinés en Toscane; à Copenhague, au contraire, les pertes des vaccinés ont été à raison de 1/17 dans les épidémies de 1806 à 1835. Nous venons de dire que la mortalité des vaccinés varie selon l'intensité des épidémies. Le tableau que nous avons présenté des décès causés par la variole, en est une preuve. Ainsi, par exemple, tandis qu'en France on n'a eu de 1816 à 1841 qu'un seul décès sur 100 vaccinés, on en a eu à Vienne (1834-35) 12 1/2, dans la Garinthie 1/2, et dans les hôpitaux anglais le 7 p. 100 de 1836 à 1856, et 1/2 en 1863-64. Nous noterons encore qu'à une grande mortalité chez les vaccinés correspond presque toujours une forte mortalité chez les non-prémunis. Nous avons vu ce fait se reproduire en France et en Italie dans les dernières épidémies, durant lesquelles les proportions de la mortalité varièrent pareillement selon les localités. Gela prouve, à notre avis, que faisant abstraction de la diffusion de la vaccination, il y a d'autres causes, indépendamment de la qualité du vaccin, qui rendent plus ou moins graves et funestes les épidémies. Telles seraient entr'autres le climat et les influences cosmotelluriques.

On a aussi noté dans diverses épidémies une majeure mortalité progressive de 15 à 30 ans; mais nous

devons remarquer avec regret qu'on n'a pas à ce sujet des statistiques assez exactes pour pouvoir en tirer une conclusion rigoureuse. Il résulte du tableau statistique des épidémies observées à Vérone en 1819-31- 32-33-34 que tant le nombre des vaccinés qui contractèrent la variole, que leur mortalité augmentèrent à partir de la lO^jusqu'à la 30m6 année. Les statistiques des docteurs Orsi et Toscani sur les épidémies qui ont éclaté en Italie de 1870 à 1873, confirment également que les vaccinés furent en plus grand nombre atteints de la petite vérole de 10 à 20 et de 20 à 30 ans; mais que, par contre, la mortalité fut plus fréquente dans les âges inférieur et supérieur aux précédents. C'est pourquoi il nous semble que les lois qui règlent la manifestation de la variole parmi les vaccinés, ne diffèrent en rien de celles qu'on observe relativement à la réussite de la revaccination.

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