AI61NE DE LA VACCINE
Jenner le pramier, eut l'idée que le cow-pox des vaches provient du grëase ou, comme il l'appelle plus souvent, sore-heels (mal des talons). Il basait cette idée sur le fait que dans les localités où Ton retrouva le cow-pox, on avait aussi rencontré la maladie dans les chevaux d'où elle passait dans les vaches par le véhicule des gardeurs. Loy et De Garro partageaient aussi ]a même opinion. Mais bette thèse ne manqua pas d'être combattue. Woodewille et Pearson assurent qu'on a vu la maladie dans des lieux oîi les vaches ne communiquaient pas avec les chevaux; et Arboval est dumême avis (1). Verheyen croit que la vaccine se développe de toutes pièces sur l'espèce bovine, et dit que c'est l'opinion de la plupart des observateurs. Hering qui avait depuis bien des années la même opinion la confirme encore dans une lettre à Leblanc en 1863: € Je puis, ditril, vous assurer que le cow-pox originaire chez nous n'a aucune relation avec les eaux aux jambes du cheval (the grease des anglais); non seulement je n'ai jamais trouvé un cas où l'on put soupçonner la dite source, mais j'ai vu trèssouvent des vaches malades de cow-pox originaire dans des villages où il n'y avait pas de chevaux (il n'y a presque plus de pâturages chez nous pour les grands quadrupèdes), ou dans des étables d'où elles ne sortaient jamais, pas même pour aller à l'abreuvoir >.
;1) Diction, de médecine, ehirurg.f et i^ hygiène vHérinaiire,
MM. Manoury et Pichot attribuèrent, encore ces derniers temps l'origine de cette maladie au val ; Auzias-Turenne, Mathieu, Steinbrenner pei de même. Us s'appuient sur l'observation que ch cheval l'éruption est généralisée, tandis que cbt vache elle est limitée aux mamelles, et seulemf l'époque de Tallaitement. Ils voudraient en com qu'elle leur est alors communiquée par ceux qi traitent, tandis qu'on ne l'observe ni dans les g ses ni dans les bouvillons. Maïs outre qu'il ne rép pas à la raison de conjecturer qu'à l'instar du ch de la brebis et d'autres animaux, l'espèce bovine aussi être sujette à une affection varioleuse, 1 d'enflure des mamelles à l'époque de l'allaitei peut aussi fournir une condition favorable à so veloppement
Macpherson nous atteste d'avoir trouvé cette ladie épizootique au Bengale avec éruption gént et de graves symptômes. Au reste comment expli tant de cas de cow-pox sans faire mention d'un val infecté dans les mêmes étables ou aux envir
Dans son rapport (1868) à la société de médt vétérinaire M. Leblanc mentionne deux nouvi cas de cow-pox chez des vaches qui, selon qu'il assure, n'avaient pas été en contact avec un cl: malade (1). On lit dans le voyage d'une femm< Spitzberg par madame Léonie d'Aunet: Comn
;l) H'ftiMl <U miitene vMriniûrf, octobre, 186*.
étonnais de n'avoir vu a\iouD Lapon marqué par la tite vérole, l'interprète m'assura que les renues rtent, comme les vaches, autour des mamelles le infajsant cow-pox ( vaccin), et que les hommes et les ûmes sont préservés de la maladie en le8-trayant(i). .1 est probable que la variole n'est pas importée is ces pays lointains grâce k l'intensité du froid et i'absence de relations commerciales. La présence cow-pox dans les rennes en dehors de toute muunication avec les chevaux, vient d'ailleurs à )pui de notre thèse. — Nous croyons donc que, Igré la difficulté que l'on rencontre toujours en liant remonter aux origines premières des malas, OD ne peut nier à l'état actuel des choses que la :lie est susceptible de développer originairement :ûw-pox, bien que l'on constate qu'il lui est commuué iadirectement par le cheval. Nous sommes heu- X de partager cette idée avec Bousquet et d'autres eurs contemporains, tels que Bouley et Reynal etc. )'ailleurs la vaccination n'a qu'à gagner à cette ible origine. On expliquerait ainsi les nombreux (le cow-pox qui se montrent ça et là chaque jour is qu'il soit possible d'établir leur provenance du 'val, surtout lorsqu'ils revêtent le caractère épizooue.
Remarquerons encore qu'il semble exister la plus uide analc^ie entre le horse-pox et le cow-pox. La
li.Uiiit-TuBiNitE. Jeniurti lavaefini.ftg.Vi.
marche des deux maladies est également bentgi développement et le cours des pustules est presq même, et si l'on relève quelques diversités, cela ble dépendre de la diflérence des organismes, je tissus cutanés oh elles se développent.
Chez le cheval qui est doué d'une cîrculatioi active, d'une flbre plus énergique et plus apt« réactions, la maladie prend des caractères plus i ses, qui ne varient pas pour autant dans leur n essentielle. Vraiment si' t'horse-pox inoculé à la ' y produit le cow-pox, celui-ci, inoculé au cheval duit à son tour l'horse-pox.
Sacco sema plusieurs fois la vaccine dans dee lains et ces inoculations eurent un cours régalj constant. Introduite dans l'articulation du pied If cine montra son heureux effet sous la forme < pustule pleine, ronde, et tellement semblable à l£ tule des chevaux qu' un maréchal-ferrant app juger sur la nature du mal, le qualifia de jardoc La commission lyonnaise voulut en 1865 tenter expérience avec le cow-pox originaire sur 5 entn vaux et ânes, et dans les 5 cas d'inoculation il ^ une véritable éruption de pustules de horse-pox
Les effets que l'inoculation du cow-pox et de l'h pox produisent sur l'homme sont identiques; ils cai tous deux des pustules vaccinales ayant les m caractères; ils sont tous deux accompagnés dai
(1) Siccii. Trail/ de MreJfinltDN, png. 113.
ORlGIftË DE LA VACaNE dl 7
nières inoculations d'une plus grande intensité de pUmes; mais dans leurs passages successifs dans mme ils perdent beaucoup de leur virulence. Nous i u tiendrons seulemeiit à l'exemple du doct. De ■oquis'étantserviindistinctementdanssesinocula- 5 de l'humeur vaccinale à Londres et de celle des ja- 8 à Milan et à Vienne, en obtint des effets égaux ; orte qu'après quelques générations il était bien :ile de reconnaître Thumeurs primitive à laquelle levait attribuer l'origine de la maladie. Il ajoute dans les établissements anglais des Indes on inoit le horse-pox ; car les premières gouttes du lie qu'on y avait expédié, étaient la seconde géné- <n de l'horse-pox milanais ou la matière du javart sporté à Vienne. Si donc les effets sont semblala cause doit l'être aussi, et tout porte à croire es maladies produisant la vaccine dans le cheval as la vache sontà peu près identiques. Les études ites sur cette matière ne peuvent plus laisser de ; sur l'erreur de ceux qui voudraient que la vérivaccine originaire, c'est-à-dire la seule humeur î d'une faculté préservative complète et perma- ;, est seulement le cow-pox développé chez les es par inoculation adventice, ou procuré par le i du javart.
ikKteur Griraelli est le premier partisan de cette ion (1), Dans ses observations et ses réflexions
' £mm( «orie. Diapema. 1KI8, Modei».
sur le véritable cow-pox jennérien, il dit que le ' employé par Jenner, c'est-à-dire transmis du cl à la génisse, et de celle-ci à l'homme, était seul ca] d'une préservation complète et constante cent! contagion arabique, vt en déduit qu'une autre tion varioleuse vaccinale quelconque n'étant pa; duite par Thumeur du javart est insuffisante po préservation permanente; et qu'ainsi l'humeur venant d'une éruption varioleuse de seule origii clieval ou de la vache, bien que semblable dai marche et lians sa forme à l'éruption du chevs peut avoir cet effet absolu et constant ; en un mo le virus vaccin employé longtemps par Jenner bien différent de celui qui fut inoculé ensuite.
Ce sujet exige que nous parlions des expéri* faites par M. Ghauveau. Convaincu que la vaccin tnrelle n'est pas tout-à-fait spontanée, il se pr( d'en obtenir la production expérimentalement. Il mença ses recherches en se fondant sur bon no de considérations judicieuses. La genèse des mal contagieuses virulentes, dit-il dans son rappo nature de l'agent mystérieux, cause immédiate < maladie, son mode de procéder dans l'organisme a envahi, le mécanisme des différentes altéra qu'il y produit, son origine, son développemeni tendue de ses ravages sont des questions qui niér toute l'attention du véritable physiologue. 11 se pourtant de déclarer qu'il n'entend pas parl< l'origine primitive des virus, ni des condition!
ORIGINE DE LA TACClnE dlV
précédèrent leur apparition dans le monde. Ce serait, eion lui, un problème trop obscur et jusqu' à préent insoluble. Nous ne parlerons pas de ses idées sur i spontanéité ou non des maladies virulentes ; mais ous rapporterons les expériences qu'il a tentées à ,yon dans le but d'obtenir la production de la vaccine ûturelle: < L'idée, ditril, qui présida à l'institution de mes recherches fut, que si les éruptions vaccinales, dites spontanées, se manifestent avec des caractères si différents de ceux de la vaccine inoculée, cela est dû à la manière différente avec laquelle le ^rme pénètre daiw l'économie animale >. Laissant de côté les voies par lesquelles les virus traduisent habituellement dans l'organisme, il rerut à r injection de la lymphe vaccinale dans les les et dans les artères de deux chevaux. — Ces atives ayant échoué, l'habile expérimentateur ne écouragea pas, .et recourut à l'injection du vaccin î un vase lymphatique interrompu par un ganî. Douze jours après ce cheval eut au nez et aux js un exanthème vaccinal bien développé. .\u orzième jour cette éruption se montrait au pli taturon de l'extrémité postérieure.',Ayant inoà un enfant le liquide qu'il en obtint, il se forma lUi un seul bouton vaccinal d'une marche moins de. Ce même, liquide porté sur un autre enfant luisit sur ses deux bras trois pustules prolongées, finirent par prendre des dimensions extraordi-
320 DE LA VACCINATION CtlAtlTHK X
Pour exclure la possibilité d'une coïncidence le susdit cheval d'une âroptiçn spontanée avec qu'on avait obtenue artificiellement, M. Chauvea courut à une contre-épreuve. H injecta trois tub* virus recueilli sur le premier cheval dans le lymphatique d'une génisse à peau très-fine, et jours après cet animal présenta à la mamelle pr l'aine gauche les symptômes d'une forte éruptioi tuleuse qui ne tarda pas à envahir d'autres ré^ et particulièrement les lèvres.
Au mois d'octobre de la même année (1866) M. i veau publia dans le Recueil de médecine vétéri une autre série d'expériences. Il voulait établir nouvelle forme de horse-pox, c'est-à-dire la va artificielle générale. La base de ses théories étai l'inoculation sous-épidermique de l'horse-pox n€ duit qu'une éruption locale. Il inocula de nouve vaccin dans les vases lymphatiques et en obtii mêmes effets que dans les premières expériei mais ayant de nouveau tenté l'injection dans tes veineux, il réussit enfin parfaitement. Il fit av seringue de Pravaz et à deux jours d'intervalle, injections de vaccin dans la jugulaire d'un poula six semaines. Douze jours après la première injei l'animal présenta au côté droit du naseau , enl narine et le I)ord libre de la lèvre supérieure, grosses pustules réunies en grou])es. Deux autre; tules survinrent ensuite, une sous le ventre et 1'; au pli du paturon du pied [lostérieur droit. L'ai
ORIGIME 01 LA VACCINE 321
E une flèrre d'éruption bien remarquable, M. Ghauiu inséra le liquide de ces pustules à des bêtes boles et à des enfants, qui furent tous parfaitement Kvaés. Il introduisit aussi le vaccin dans l'épaisr du tissu cellulaire sous-cutané d'un cheval, et il 1 développa un horse-pox général, semblable aux miers cas. 11 fait remarquer que dans toutes ces ériences, il ne s'est manifesté aucune pustule à droit de l' inoculation , et il attribue V éruption ërale soit à l'introduction directe par les vases phatiques et les veines dans la circulation du ;, soit à l'introduction indirecte au moyen du 1 cellulaire, sans qu'aucune absorption ne se fît
la peau. 11 conclut que < la peau étant le siège Latomique de la vaccine ou plutôt de l'éruption Lstuleuse, par oti elle se manifeste, il n'est pas onnant si le tissu tégumentaire possède, en vertu
cette aflSnité pathologique, une aptitude spéciale i lui permet, à l'exclusion des autres tissus, de cevoir l'impression immédiate du vaccin dont il bit le contact, et de se combiner directement avec
virus; d'oti, si j'ose m'exprimer ainsi la prolifétion vaccinale locale qui est la conséquence de tte combinaison >. Pour expliquer dans ces cas le ut d'éruption générale, il pense que, comme le tra-
loca) ne tarde pas à commencer, il en dérive une itioQ générale, et la peau n'est plus susceptible de elopper de nouvelles pustules, si on lui inocule ! nouvelle vaccine. Or l'éruption générale ne pou-
21 — Pabola, vol. I, De la paccinalion.
vant avoir lieu que huit jours au moins après 1 nétration du virus dans le torrent circulatoii peau est déjà depuis deux jours mise dans l'im bilité de se prêter au développement d'une noi éruption. Nous ne suivrons pas l'auteur dans t ses spécieuses théories; nous observerons seule que si ces expériences ont scientifiquement qu importance, les déductions qu'il en veut tirer blent hasardées et prématurées, même d'après G' Sanson etc. It faudrait pour cela des expérience; étendues, d'autant plus que MM. Mathieu, Lel Auzias-Turenne et Depaul attestent d'avoir obte moyen de l'inoculation sous-épidermique le hors généralisé, et que Leblanc assure avoir inoculé è très animaux le liquide de cette éruption secon et en avoir obtenu une vaccine complète.