RÉSULTATS
Deux faits frappants ressortent nettement de la lecture de nos observations : d’une part, la gravité relative de l'opération, et de l’autre la guérison radicale des malades qui ont survécu.
Résultats opératoires
Sur 25 opétions de Battey, nous avons 21 guérisons immédiates et 4 décès, soit une mortalité de 16 °/,. Ge chiffre est un peu supérieur à celui de la statistique de Wiedow, qui donne 15 décès sur 149 cas, soit 10 °/.. Il se rapproche davantage du chiffre de Tissier, 25 décès sur 171 opérés, soit 14,6 */,. Il est à remarquer que dans les 171 cas de Tissier en figugurent 88 de Wiedow. Bouilly, sur 26 castrations,
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a eu 3 morts, soit 11,5 ‘/,. Si on réunit les cas publiés en France, on arrive à un total de 56 opérations qui donnent 9 décès, soit 16,1 °/..
Gas de Botilly Mere 3 décès Cas de Richelot... 2,.... O0 — Cas de Seronde nes rc O — Cas de Terrillon res ere À — Casderlerrier PONT ERS 2 — Cas de Monod..... free O — CiSde Polilone Messe 2 — Cas dé Dune een ne 1 — Cas de Reymond.. DNS OM LORS OA ent 9 soit 16,1 ?/..
Lawson Tait (1) est le seul à avoir publié une statistique différant notablement des précédentes au point de vue de la mortalité, puisqu'il n’accuse que 12 morts sur 600 opérées, soit 2 °/..
De cette mortalité relativement élevée, on doit conclure que la castration pour fibromes n’est pas une opération bénigne à entreprendre à la légère, mais bien au contraire, une intervention à laquelle on ne devra se résoudre que lorsque l’on se trouve en présence d'accidents graves réfractaires à la thérapeutique plus imoffensive de l’ergotine de l’hydrasts, de l'électricité et surtout des cautérisations intra-utérines au crayon de chlorure de zinc (2), Mais
(4) L. Tait. — Brit, med. Journ., 1% nov. 1890. (2) Repelin. — Th, Lyon, nov. 1893,
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cette gravité n’est que relative si on la compare à celle de l'hystérectomie. Il est à l'heure actuelle encore assez difficile de connaître exactement la mortalité de cette dernière opération tant les statistiques publiées sont nombreuses et contradictoires. Cependant, nous trouvons dans le traité de gynécologie de Pozzi les indications suivantes: En 1875, dans sa thèse d’agrégation, Pozzi réunit 119 cas de fibromes traités par l'hystérotomie ou l’hystérectomie. Ces 119 cas comprennent 77 morts, soit 64 °/.. Quatre ans plus tard, Letousey (1) trouvait sur 84 cas postérieurs à ceux de Pozzi: 36 morts, soit environ 43 °/,. Gusserow (2) rassemblant les faits connus de 1878 à 1885 a recueilli le nombre considérable de 533 cas, dont 185 morts, soit 34,8 °/.. D'autre part, Vautrin (3), sur 173 observations nouvelles qu'il a recueillies, a compté 68 morts, soit 39 °/..
Plus récemment, Wehmer (4) à trouvé sur 574 hystérectomies, 151 décès, soit 26,3 °/,. Zweifel (5), également sur 246 hystérecitomies a 67 décès, soit 27 °/,. Terrier (6), en 1888, à la Société de chirurgie de Paris, estime qu’en attribuant à l'hystérectomie abdominale un coefficient de mortalité de 50°/,, on reste certainement au-dessous de la réalité.
(1) Letousey. — Hysléreclomie sus-vaginale dans le traitement des tumeurs fibreuses utérines. Th. de Paris, 1879,
(2) Gusserow. — Die Neubildungen des Uterus, 1886.
(3. Vautrin. — Du traitement chirurgical des myômes utérins. Th. d’agr., 1886.
(4) Wehmer. — Zeitsch. f. Geb. und Gyn., 1887, p. 106.
() Zweifel, — Die Stielbehandlung bei Myomectomie, 1888.
(6) Terrier. — Com. à Soc, chir. de Paris, 6 juin 1888.
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Au dernier Congrès de chirurgie de Paris, Bæckel a apporté une statistique personnelle de 20 hystérectomies avec 5 décés, soit 25 ‘/,. À co même congrès, Jacobs a cité 36 cas personnels d’hystérectomie qui lui oni donné 9 morts, soit 29 °/..
Nous n’attachons pas au chiffre de ces diverses stastistiques une importance très grande, mais faute de mieux on est pourtant obligé de compter avec elles. Or, elles nous montrent toutes que sila gravité de l’hystérectomie pour fibromes tend à diminuer de jour en jour, elle n’en est pas moins encore à l’heure actuelle, très nettement supérieure à celle de l’opération de Battey.
Causes de la mort après castration. —
Dans la statistique de Tissier, qui comprend 25 cas de mort, nous trouvons comme cause :
12 fois une péritonite septique.
1 fois une hémorrhagie secondaire par septicémie.
1 fois une thrombose de la veine pulmonaire,
1 fois une pyélo-néphrite.
1 fois une atrophie cardiaque d’origine antérieure à l'opération.
9 fois enfin, la cause n’est pas spécifiée.
Bouilly a eu 3 morts; l’une par pneumonie infectieuse grippale, la seconde par attaque d’asytolie, et la troisième par hémorrhagie due à la blessure d’une grosse veine du ligament large.
Quant à nous, nos 4 décès se répartissent ainsi : 2 par péritonite septique. L par péritonite et occlusion intestinale.
1 par ploro-pneumonie.
Dans le cas qui fait l’objet de l'observation XVII, on a opéré une malade infectée par un cathétérisme utérin antérieur. De plus, les annexes gauches ont été difficiles à trouver, situés qu'ils étaient dans le culde-sac de Douglas, plus à droite qu’à gauche de la ligne médiane et complètement cachés par la tumeur qu'on a été obligé de déplacer pour leur recherche. Du reste, l’opération avait été assez longue pour que l'on crut nécessaire de placer un drainage de Mickulicz.
Chez la malade de l'observation XVIII, au contraire, on ne trouve rien pour expliquer la mort.
Chez notre troisième malade (obs. XVI), la tumeur était très volumineuse, remontant à 3 centimètres au-dessus de l’ombilic, et dépassant de chaque côté la ligne blanche de 15 cetimêtres. L'’opération avait été pourtant simple, et l’on ne peut trouver le pourquoi de la pleuro-pneumonie qui l’a enlevée.
Nos malades étaient âgées de 37, 38 et 39 ans ; elles étaient toutes anémiées par leurs métrorrhagies, mais ne présentaient nullement un état exceptionnellement grave.
Complications. Parmi les opérées qui guérissent, beaucoup présentent des complications capables de retarder momentanément leur complet rétablissement.
C'est ainsi que sur 55 opérées, Hégar (1) a eu 16 fois, soit 29 */, des complications. A savoir :
3 péritonites légères.
7 abcès.
4 thromboses du membre inférieur.
1 pneumonie.
1 catarrhe de la vessie.
Segond (2), a eu une fois rupture de la cicatrice après ablation des fils au neuvième jour et hernie des anses intestinales.
Terrier (3), a eu également deux fois un accident semblable le lendemain de l’ablation des fils, le septième et le onzième jour après l’opération.
Dans ces deux cas, 1l y a eu éventration consécutive.
Quant à nous, nous avons eu six fois des complications.
Une fois, une parésie du bras droit ayant duré trois mois.
Une fois, une coccydynie persistant encore, mais très atténuée deux ans après l'opération.
Une fois, des abcès multiples et étendus de laparoï abdominale avec fistule intestinale consécutive en même temps que paraplégie; guérison complète dans les dix-huit mois qui ont suivi l'opération,
Trois fois, des phlébites du membre inférieur gauche dont une compliquée d’embolie pulmonaire et d’abcès de la fosse iliaque.
(1) Hégar et Kaltenbach. — Loc. cit., p. 405. (2) Segond. — Com. à la Soc. de chir., juin 1888 (3) Terrier. — Com. à la Soc. de chir., juin 1888,