‹ De la Valeur de la Castration Ovarienne dans les Fibromes UtérinsChapitre 38 sur 47 · INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS

Dans le chapitre précédent, nous avons vu que la statistique brutale des résultats de l'opération de Battey, suffisait pour justifier son emploi dans le traitement des fibromes utérins ; mais tous les cas de fibromes n’en sont pas également justiciables. C’est la discussion raisonnée des indications de la méthode qui doit tracer à l’opérateur sa ligne de conduite, et souvent ce n’est pas chose simple que le choix du traitement à appliquer à un fibrome utérin, si multiples sont en effet les méthodes thérapeutiques, si variés leurs avantages et inconvénients respectifs !

Aussi, allons-nous soigneusement passer en revue toutes les considérations qui doivent entrer en ligne

Re.

de compte dans les indications dela castration, considérations tirées, soit du volume et de la situation de la tumeur, de son développement plus ou moins rapide, des accidents qu’elle cause, soit de l’état des annexes, soit de la santé générale et de- l’âge de la malade. s

Mais avant tout, il est un principe général à l’encontre duquel on ne devra jamais aller, c’est que, la castration pour fibromes étant une opération relativement grave, on s’y décidera seulement lorsque l’acuité des accidents ou la marche rapide de l’affection, feront prévoir que l’on ne pourra pas sans danger pour la vie de la malade, la conduire à l’aide de traitements palliatifs plus inoffensifs au port de la ménopause naturelle.

Y. — Indications tirées de la situation de la tumeur.

Sur ce sujet, la plupart des chirurgiens sont d’accord. On ne songera jamais à appliquer l’opération de Battey à des fibromes faisant saillie à la vulve ou facilement énucléables par le vagin. De même, lorsque l’on se trouvera en présence de tumeurs souspéritonéales pédiculées, leur ablation sera encore plus simple que la castration.

C'est donc surtout aux fibromes interstitiels que doit s'adresser la castration. C'était la conclusion très nette à laquelle était arrivé Richelot dans sa communication à la Société de chirurgie le 5 novem-

es

bre 1890, conclusion qui ressortait clairement de l'étude de toutes les observations connues à ce jour: « ne faut pas, s'exprimait-il, dire que la castration est bonne pour les petites tumeurs et l’hystérectomie pour les grosses ; ce qu’il faut surtout, c’est que les tumeurs soient interstitielles. »

Mais là se présente une difficulté ; il n’est pas tou- Jours aisé de reconnaître si, oui ou non, un fibrome est interstitiel ; la distinction des fibromes en trois catégories sous-péritonéaux, interstitiels et sousmuqueux est plus théorique que réelle; et il n’y a là souvent qu'une question de degré à peine appréciable.

Il est encore une autre série de fibromes qui, de par leur situation, peuvent être appelés à bénéficier de la castration. Nous voulons parler des fibromes à développement intra-ligamentaire. Les difficultés de l’hystérectomie, dans ces cas-là, peuvent en effet souvent obliger le chirurgien à lui préférer l’opération de Battey; malheureusement, cette dernière est parfois très laborieuse par suite de la peine que l’on peut avoir à trouver les annexes.

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