‹ De la valeur des caractères anatomiques au point de vue de la classification des végétaux: Tige des composéesChapitre 59 sur 81 · MILIEUX · texte numérisé non relu

MILIEUX

Ce premier développement, assez uniforme, s'effectue dans des conditions de milieu invariables, puisqu'il se pré-

pare à l’intérieur même de la graine. La rapidité et le mode Vuillemin. 14

de différenciation de ce qui reste du méristème et l’organisation définitive du parenchyme, voilà ce qui varie, voilà ce qui est sous la dépendance du milieu interne ou externe.

Tout d’abord la lignification est localisée au bois, dont elle est une propriété essentielle. La lignification envahit secondairement d’autres éléments, et toutes sortes de cellules peuvent en être frappées. Il y a dans ce phénomène quelque chose d’analogue à ce que présente le tissu fibreux chez les animaux. Dans certains organes, les éléments jeunes deviennent naturellement fibreux (ligaments, etc.) ; c’est la condition même de leur développement, c’est leur raison d’être dans le corps. À côté des tissus différenciés primitivement en éléments-machines en vue d’une fonction utile à l'être complexe, mais au détriment de leur vitalité propre, de leur personnalité biologique, il y en a d’ autres qui restent actifs : c’est le tissu conjonctif, analogue au parenchyme des plantes. Avec les progrès de l’âge, tout élément peut perdre son activité propre ; : Ja transformation sénile qu’il subit alors est une dégénérescence fibreuse, une sclérose. La sclérose des plantes, c’est la lignification : elle frappe de même les éléments vieux. Il y a donc lieu d’établir une distinction entre la lignification normale et la dégénérescence ligneuse ou sclérose végétale.

Certaines portions de plantes conservent des éléments indéfiniment jeunes, dont foute la vitalité se traduit par la croissance, la multiplication, la différenciation en tissus essentiels. Le parenchyme reste mou, actif, cellulosique, acquiert parfois un volume considérable ; les systèmes essentiels à la vie s’accroissent aussi ; le bois en particulier se développe et se lignifie. Il n'ya pas de sclérose. Ailleurs, au lieu de cette évolution lente, les éléments prennent vite les caractères de la caducité : vieux avant l’âge, le paren-

chyme est frappé de sclérose, tandis que la lignification normale, aussi bien que la formation des autres tissus essentiels à la vie, est enrayée.

Ces deux types extrêmes sont sous la dépendance immédiate des conditions de milieux. Sile milieu est d'une grande simplicité, d’une grande fixité, la formation des nouveaux tissus présentera la même allure que celle des systèmes primordiaux ; la structure définitive sera très régulière : c'est le cas habituel pour les racines. Dans la tige, le milieu externe est tantôt fixe, tantôt variable. (Ces termes, bien entendu, ne sont que relatifs; il n’est milieu si fixe qu’il ne soit soumis à certains changements; il n’est milieu si variable qu’il ne reste pendant des périodes plus ou moins étendues sans modifier quelques-uns de ses facteurs.) Les rhizomes sont dans des conditions comparables à celles de la racine à l'égard du milieu extérieur. Mais de sa

nature la tige, qui donne insertion à des appendices va-

riés et en des points qui ne sont pas symétriques, présente à ses éléments un milieu interne compliqué. C’est dans les rhizomes profonds, dont les feuilles et les bourgeons sont avortés, les racines latérales peu abondantes, que la structure définitive se rapproche le plus de celle de la racine : Hieracium Pilosella, Tussilago, etc. La comparaison de ces rhizomes avec les tiges aériennes nous montre que le développement des appendices, l'une des conditions essentielles du milieu interne, est sous la dépendance du milieu extérieur. Commençons donc par lui.

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