VALEUR RESPECTIVE DES MEMBRES
La définition des membres doit reposer, non sur des caractères extérieurs, mais sur des propriétés anatomiques essentielles qui sont : la corrélation des membres, leur symétrie de structure, propriétés qui se commandent réciproquement.
Pour qu'un corps soit symétrique par rapport à un point, il faut que les facteurs influant sur son développement soient les mêmes dans toutes les directions. Un membre étant, par définition, en connexion avec d’autres membres ne peut pas avoir de symétrie dans plus de deux directions. Les conditions de cette symétrie ne sont pas les mêmes dans les différents membres.
Remarquons d’abord qu’au point de vue des connexions réciproques, l’un des membres (tige) est axile, les autres appendiculaires. La tige a pour caractère de porter les trois sortes de membres; ses connexions sont multiples. Les membres appendiculaires, qui ne contractent de relations qu'avec leur support se comportent d’une façon plus simple. La nature appendiculaire de la feuille est évidente. Celle de la racine est moins claire, etce dernier point demande quelques explications.
À première vue, il semble que le corps de la plante possède un axe double dont la partie supérieure (tige) est ascendante, la partie inférieure (racine principale) est descen dante. On oppose ainsi la racine principale, seule axile, à toutes les autres qui, abstraction faite des ramifications de
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la première, sont des appendices de latige. Mais si l'on considère que la racine terminale ne diffère par aucune de ses propriétés anatomiques des racines latérales, que, par suite de l'avortement prématuré du pivot, c’est souventune racine issue de la tige par poussée latérale qui en prend la place et prolonge l’axe à son tour, il n’est pas invraisemblable que, elle aussi, la racine terminale soit un appendice de la tige. Nous verrons au chapitre VIT l'anatomie du raccord des deux membres changer cette présomption en eertitude. Au reste, la racine ne porte pas d’appendices différents d'elle-même; et les radicelles, ses ramifications, naissent en des points symétriques par rapport à l’axe de plus fort accroissement du membre. Elles n’influent donc pas sur sa symétrie, autant du moins que les caractères héréditaires ne sont pas troublés par le milieu qui détermine l’atrophie ou l’hypertrophie de certains groupes.
Avant d'aborder le cas complexe de la tige, voyons les conditions de symétrie des membres appendieulaires.
Si le membre s'insère perpendiculairement à la surface du support, de manière à n’être influencé par celui-ci que dans cette seule direction : symétrique dans les deux autres directions de l’espace, il sera symétrique par rapport à un axe. C'est le cas de la racine.
Si le membre s’insère obliquement, l'action modificatrice du support s’exercera dans deux directions déterminées par la construction du parällélogramme des forces. Par suite, la symétrie disparaîtra, non seulement dans la direction perpendiculaire au support, mais aussi dans celle qui lui’est parallèle, et le plan déterminé par les deux côtés du parallélogramme divisera seul le membre en deux moitiés semblables. La feuille est dans ce cas. Elle est symétrique par rapport à un plan.
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Remarque. — An niveau de leur insertion, lés appendices dont les systèmes sont entraînés par l'accroissement général du support perdent leur symétrie initiale. Cette perte de symétrie ne s'effectue pas seulement au point de raccord, par exemple au niveau où les faisceaux de l’appendice pénètrent dans le cylindre central du support. Ellé peut s'étendre beaucoup plus loin. Ainsi il arrive que des racines latérales cheminent un certain temps dans l'écorce du rhizome. Bien que tous leurs tissus soient distincts de ceux de l'écorce, l’ensemble est comprimé, devient plan-convexe (plan du côté du cylindre central) et rappelle la coupe d’un pétiole. Les systèmes profonds, les faisceaux conducteurs en particulier, ne subissent pas toutefois cette influence lo-
cale et gardent la symétrie radicale (Gnaphalium supinum).