PARIS
Ch. DELAGRAVE
UBRiLIBX-iDITBUB
15, Rue Souiflot, 15 PARIS.
pelle dans sa préface que € depuis la publication de la Docirina numorum veierum d'Eckhel, à la fin du siècle dernier, aucun ouvrage d'ensemble n'a été publié sur cette matière. » Cependant l'histoire des peuples de l'Orient, l'histoire grecque et l'histoire romaine ont été en grande partie renouvelées par les travaux de l'érudition contemporaine ; l'épigraphie et la nuçii^n^tique se sont enrichies de très-nombreuses découvertes ; < le nombre des monuments ni\mismatiques de l'antiquité grecque et romaine connus, dé.crits^ et âguf^s, a presque quintuplé », ceux de l'antiquité asiatique étaient à peine soupçonnés ; le rôle économique des monnaies est mieux apprécié qu'il ne l'était : autant de raisons que pouvaient engager un savant et qui ont déterminé en effet M. Fr. Lenormant à reprendre l'œuvre d'Eckhel, en lui donnant un cadre plus large. « Ce que j'ai tenté, dit l'auteup, est donc, eu même temps qu'une sorte de sommaire des principaux faits d'une des branches spéciales de l'archéologie, un chapitre de l'histoire économique, admi^ nistrative et cqmmerciale des sociétés antiques. »
L'auteur a- pleinement réussi, et. c'est à ce dernier titre surtout que son ouvrage intéresse l'Académie des sciences morales et politiques. Il n'est pas possible d'analyser ici deux volumes tout remplis de faits dans lesquels M. Fr. Lenormant étudie successivement, avec l'autorité d'un maître, les médailles. et les jetons, les origines de la monnaie, l'emploi et le rapport des trois métaux, l'usage de la monnaie fiduciaire fabriquée avec des métaux, les procédés de fabrication, la nalure du droit de monnayage. Il n'y traite guère cependant que le quçirt des matières dont il trace, à. la fin de sa préface, le plan général. On a donc le droit de dire que. l'ouvrage, lorsqu'il sera terminé, sera un des monuments importants de l'érudition française : les deux premiers volumQs sont u^e g^^rantie de l'étendue de l'érudition et du taleat.cl^ Goi]^i>sl1iop avec lesKj^els seront traités les volum^a^ éuivantab
Ne pouvant tout analyser, je m'attacherai seulement à une des ques^Tion^ qu'aborde M. Fr. Leriormaint: l'a valeur des monnaies romaines. Il y a plusieurs années, j'avais eu moimême roccasion- d'étudier cette question au point de vue économique et de rechercher quels avaient été le poids et' la valeur des principales monnaies en circulation durant c€rtte' époque de l'histoire, en me servant dès travaux dé l'érudition française et de Y Histoire de la monnaie romaine de M. Mommsen, qui est aujourd'hui l'ouvrage classique sur la« matière et dont la traduction française n'était pas alors achevée (1).
J'ai repris cette étude après avoir lu les deux volumes de Ml Pr. Lenormant et je leur ai fait de nombreux emprunts, tout en regrettant de n'avoir pu profiter du livre VII, qui n'est pas encore publié et dans lequel doit être exposée l'histoire des systèmes monétaires de l'Italie et de Rome. Je lui ad donné la forme d'un résumé qui peut, par sa brièveté même et par les tableaux qu'il contient, fournir aux historiens des renseignements faciles à consulter et quelquefois même nouveaux au point de vue économique. Je ne me dissimule pas que j'ai dû, dans le dessein d'être clair, passer sous silence un grand nombre de problèmes de détail qui divisent du embarrassent encore les érudits, et même laisser un peu dans Tombre certaines questions importantes, telles que celles qu'ont sou'evées le duc de Luynes et le baron d'Ailly. sur les monnaies royales. Mon dessein était précisément de dégager, autant que possible, les traits principaux du système monétaire des Romains.
(1) De cette traduction en quatre volumes, le premier a été publié en- 1865 par le duc de Blacas, les trois autres ont été publiés en 1870, 1873 et 1876, à l'aide des matériaux qu'avait préparés M. de Blacas, par un de nos plus savants numismates, M. J. de Witte, associé étranger de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. La traduction n'a pas seulement rendu l'ouvrage pluô accessible aux lecteurs français, elle l'a consi. dérablement enrichi et complété au point de vue de la science.