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le pouls bat aux environs de 130. Pas de dyspnée. Les yeux ne sont pas cernés.
Le diagnostic est hésitant. En présence de la suralimentation avérée, surtout dans les derniers temps; en présence des vomissements et des troubles digestifs manifestés par l’enfant, surtout depuis plusieurs semaines ; en présence des vomissements, des coliques intestinales, de la fièvre, on pense à la possibilité d’une infection intestinale aiguë. Peut-être s'agirait-il d’une infection à streptocoques, comme il en a été rapporté des exemples, avec des selles liquides, sanguinolentes. Cette diarrhée séreuse, et surtout la souplesse et l’absence de ballonnement du ventre, paraissent éliminer le diagnostic d’occlusion. D'ailleurs la sensation de tuméfaction iliaque avait été trop vague, trop incertaine, trop fugace et elle fut considérée comme non existante. On fit donner à l'enfant de grands lavages de l'intestin, et elle fut soumise à la diète hydrique.
Evolution de la maludie. — Le 4 septembre létat est stationnaire, plutôt amélioré. La température est tombée à 37°2, le pouls est bien frappé. L'enfant est plus éveillé. Pas de nouveaux vomissements. Le ventre est toujours assez souple, pas très douloureux à la pression. Îl parait se laisser examiner assez facilement, étonne sent aucune tuméfaction. L'enfant continue toujours à présenter des selles liquides, toujours tein-
tées de sang. Elle en a six à sept semblables dans la
journée.
Le 5 septembre, vers 9 heures du matin, subitement
l’état général s'aggrave. La température remonte à 3808, et surtout le pouls se précipite, bat à 150, devient peut,
filiforme. La figure est mauvaise, les yeux sont excavés, cernés. La respiration s’accélère.
En même temps le ventre se ballonne, devient très douloureux. Il semble qu’il y ait une zone de matité dans la fosse iliaque droite. Les selles sont complètement supprimées. L'enfant a un vomissement ayant mauvais aspect et assez mauvaise odeur. Ainsi brusquement apparaissent des signes évidents d’une occlusion intestinale aiguë.
On songe à la faire opérer immédiatement, mais il n'y a pas à cette heure de chirurgien à l’hôpital. Puis les événements se précipitent très rapidement, l'enfant tombe bientôt dans le collapsus, et l'opération apparaît alors comme inutile.
L'enfant meurt vers deux heures de l'après-midi, dans des convulsions. |
Autopsie. — Pratiquée vingt-quatre heures après la mort.
Il s’agit d’une invagination iléo-cæcale, longue de 8 à 10 centimètres environ. Cette invagination se réduit assez facilement ; il y a peu d’adhérence entre les deux feuillets péritonéaux accolés. Le boudin invaginé est congestionné, rouge foncé. Au niveau du collier de l’invagination, l’intestin est de couleur rouge vineux par places.
Les anses de l'intestin grêle sont distendues. Le côlon transverse, et VS iliaque sont aplatis.
Pas de liquide dans le péritoine.
Congestion des deux poumons.
Observation II.
Hogsen (1).
Le 17 avril, je fus appelé pour voir une petite fille âgée de 3 mois que je trouvai souffrante d’intussusception. Durant le jour précédent et jusqu’à près de midi aujourd’hui, l'enfant avait semblé comme d'ordinaire. Elle eut alors une selle de couleur anormale, accompagnée de beaucoup de vents, et commença à crier comme si
elle souffrait et à vomir. Une heure plus tard, la mère fut alarmée en voyant passer du sang par le rectum. L’enfant était devenu pâle, ne voulant plus rien prendre ; elle avait les yeux fermés, criait, agitait les jambes.
Quand je vis l’enfant vers 4 heures, je trouvai tous les symptômes ci-dessus décrits et de plus je sentis une tumeur abdominale siégeant transversalement de chaque côté de l’ombilic, principalement au-dessus de lui. Le toucher rectal ne me donna aucun renseignement ; mais je retirai le doigt couvert de sang presque pur.
Un peu plus tard, dans la soirée, je vis l’enfant avec le docteur Hentin. Nous endormiîmes l’enfant au chloroforme et procédâmes à une injection d’eau chaude avec une canule à double action de Maw, employant un tube rectal d’adulte que nous introduisimes aussi loin que
(1) Hossex. — Intussusception in an Infant curid by in-. jections of warm water and chloroform, British med
Journal, 2 septembre 1882 p. 425.
AR
possible sans forcer. D'abord, nous laissâämes l'enfant sur le dos ; mais vers la fin de l'opération, les hanches furent soulevées à un niveau plus élevé que les épaules. Près de 16 onces furentinjectées ; et à la fin, l'abdomen était complètement distendu.
En retirant le tube, une portion de l’eau revint. Mais l'abdomen resta distendu avec le reste. La tumeur ” n’était plus sentie que dans le lobe droit. Un peu plus tard, l'enfant rendit de l’eau par le rectum, mais elle n’eut pas de selles : elle vomit un liquide aqueux.
Le lendemain, l’enfant avait pris le sein, mais elle n'avait rien gardé. Les vomissements élaient bilieux. La tumeur était maintenant à gauche de l’ombilic. Les replis de l'intestin étaient visibles dans la partie supérieure de l’abdomen. La mère pensait que les langes avaient peut-être été souillés d’une petite selle. A 3 heures de l'après-midi, j’endormis de nouveau l'enfant. Je procédai alors à une injection d’eau chaude, l'enfant étant la tête en bas, le tronc presque vertical avec la seringue d'Higgmore. Après cette injection, je ne trouvai plus qu'un petit nœud au niveau du côlon ascendant.
Le 3° jour, Je trouvai une grande amélioration dans l'état de l'enfant. Elle avait pris le sein pendant la nuit et n'avait pas vomi. Elle avait eu de fréquentes selles pendant le jour ; et 3 fois dans la soirée un peu de sang avait été évacué. Je ne sentis pas de tumeur. Depuis lors, l'enfant va tout à fait bien.
Observation III.
GurFirTs (1).
Le 11 mai dernier, une jeune femme m’amena son enfant à 6 heures du soir, me disant que cet enfant s’était mis à crier subitement il y avait 2 heures, qu’auparavant il se portait très bien. L'enfant avait le visage pincé, était sans repos mais n’avait pas de fièvre et je ne pus faire de diagnostic. A 10 heures du soir, j'allai voir l'enfant. On m’apprit qu’il avait eu dans l'intervalle deux ou trois évacuations sanguines.
Je diagnostiquai une invagination et prescrivis un lavement, de l’opium, de la belladone et des cataplasmes chauds.
12 mai. — Le lavement n'avait pas eu d'effet. On sentait une tumeur dans la fosse iliaque gauche. Le toucher rectal ne donnait aucun renseignement. Pas d'urine. Trois lavements furent donnés.
Cataplasmes chauds.
13 mai. — Insufflation d'air pendant 20 secondes.
1% mai. — Pas d'amélioration. Je recommence linsufflation d'air avec plus de vigueur. Le soir, l'enfant n’est guère amélioré. Toutefois il a rendu une petite quantité d'urine et le ventre est plus souple.
15 mai. — L'enfant à eu deux selles, a dormi et a
(1) Gurrirx. — A. case of intussusception, The Lancet, 23 mai 1885 p. 973.
bien pris le sein. L’abdomen est souple et la pression
n’y provoque qu’une légère douleur.
16 mai. — Grande amélioration qui depuis n’a fait que s’accentuer jusqu’à guérison complète.
Observation IV.
Overman Day (1), résumé d’après The Lond. Med. Record., 15 déc. 1885.
Enfant de 6 mois.
Subitement diarrhée qui dure quatre heures.
Emission d’une grande quantité de sang dans les selles. Par suite de cette hémorrhagie, l’enfant est dans le collapsus et très pâle. On lui donne un mélange d’éther et d’ammoniaque, et cinq gouttes d’eau-de-vie par heure.
Huit heures après, 0. Day voit l’enfant et diagnostique une invagination intestinale.
Il réduit cette invagination par un mouvement rotatoire des deux mains, de gauche à droite, vers la fosse illaque droite, ayant duré près d’un quart d'heure. Il entendit et sentit un gargouillement. Relèvement de l’état général.
Deux jours après, l'enfant a une selle foncée, infecte, sans trace de sang.
L'auteur a traité avec succès, par la même méthode, un enfant de cinq ans.
(1) Overman Day. — The Lancet, 1885, p. 570.
Observation V.
Invagination du cæcum chez un enfant de 6 mois.
(OusTanIoL) (1).
Georgette D..., âgée de 6 mois, et de belle apparence.
Habituellement constipée. Depuis huit jours, elle va plus fréquemment à la selle.
28 septembre. — À 11 heures du soir, réveil brusque avec cris, vive agitation. Elle refuse de prendre le sein et ne se rendort que le matin.
29 septembre. — Contorsions et cris. Refuse de prendre le sein. Ni matières, ni gaz, depuis le 28, dans l’aprèsmidi. Emission d’un peu d'urine. Dans la soiree, vomissements, d’abord peu fréquents, quelques gorgées d’un liquide jaune verdâtre, sans odeur. Quelques instants après, l'enfant rend par l’anus quelques mucosités fortement sanguinolentes. Nuit très agitée.
30 seplembre. — Diagnostic d’invagination. Lavement gazeux sans résultat. Par l’anus, quelques mucosités sanguinolentes. Les vomissements continuent, peu abondants. Le ventre est peu ballonné.
2 octobre. — L'enfant est trop faible pour une intervention chirurgicale, elle est reçue en médecine aux Enfants Malades. À ce moment, le ventre est un peu bal-
(1) Oustaniol, interne de J. Simon. — Aevue des maladies de l'enfance, novembre 1899.
Jonné, mais très douloureux à la pression; l’enfant pousse des cris dès qu'on la touche; elle fait des efforts d'expulsion presque continus. L’exploration du ventre est très incomplète et on ne sent nulle part de tumeur. Grande faiblesse. Facies très pâle et très amaigri.
L'introduction d'une grosse sonde est impossible : obstacle dans le rectun. Séance d'électricité avec un courant continu. Expulsion, quelques minutes après, des mucosités sanguinolentes, mais pas trace de matières fécales. L’exploration montre, à 4 centimètres environ de l'anus, une masse molle, facilement dépressible, de forme conique, à extrémité arrondie et percée d’un petit orifice où l’on peut insinuer le bout du doigt. On sent par le palper abdominal, dans la partie inférieure de l'abdomen, à gauche, une masse résistante, en forme de boudin, se perdant dans la fosse iliaque gauche.
À 4 heures du soir. Extrémités refroidies. Vomissements jaune grisâtre, sans odeur mauvaise, rares. Mort à 3 heures du matin.
Aulopsie. — Invagination du cæcum et du côlon ascendant.
Observation VI (résumée).
KRœmY (1).
Enfant âgé de 6 mois, bien portant jusqu'au 10 juin. 10 juin. — Le soir, il est inquiet.
(1) Krœæœmy. — Soc. de méd. int. de Berlin, 15 juin 1891.
11 juin. — À 5 heures du matin, selle muco-sanguinolente, suivie de selles purement sanguinolentes.
Le soir, le pouls et la respiration sont un peu accélérés. L’abdomen est un peu ballonné. On sent dans la région iliaque gauche une tumeur cylindrique qui se termine en pointe vers l’ombilic. Par le rectum, on arrive, à environ 10 centimètres de l’anus, sur l’extrémité de cette tumeur, qui donne la sensation d’un col ramolli. L'enfant a des vomissements.
Les selles sanguinolentes et les vomissements font porter le diagnostic d’invagination intestinale.
Traité par de grands lavements et par l'opium, l’enfant présente un mieux sensible.
13 juin. — L'état s'aggrave. On diagnostique une péritonite.
L'état général est bientôt nettement mauvais. On rejette l’idée d’une intervention chirurgicale.
Mort le 15 juin au matin.
Autopsie. — Invagination iléo-colique.
Observation VII.
Howarn Marsa (1), d’après la thèse de Trouvé.
L'enfant était âgé de 9 mois au moment de son entrée à l'hôpital, le 8 mai 1890. Il vomissait et rejetait
(4) Howard Marsh. — The Lancet, 14 février 1891, p. 367.
par l'anus des mucosités sanguinolentes assez abon-
dantes, mais il ne rendait pas traces de matières fécales. ;
L’abdomen était fortement distendu, le pouls très faible, misérable et le malade ne tarda pas à tomber dans un état de collapsus.
On sent au palper une tumeur siégeant au-dessus de l’ombilic. La laparotomie fut pratiquée sans retard et permit de réduire l’invagination, qui avait débuté dans le voisinage immédiat de la vaivule iléo-cæcale.
Guérison sans complication.
Observation VIII.
Lyor (1), résumée d’après la thèse de Trouvé.
Enfant âgé de 5 mois présentant des symptômes typiques d’invagination intestinale avec selles sanglantes. On constatait sous la fosse iliaque gauche une tumeur en forme de boudin allongé.
Par le toucher rectal, on sentait une tumeur avec un orifice ressemblant à l’orifice du col utérin.
M. Lyot essaya vainement la réduction manuelle, Il dut se résoudre à une intervention sanglante. Le début des accidents remontant à 72 heures, le chirurgien se
(1) Lyot. — Société anatomique, séance du 10 juillet