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De la valeur et des méthodes du la vage des chambres oculaires [electronic resource]

En annonçant, il y a quelques années, ma conviction, acquise par l'expérience, que dans certains cas on pouvait avec avantage, par un moj^en décrit par moi (voir Revue générale, 1886, p. 169 et 455) plusieurs fois déjà, laver les chambres oculaires, après l'opération de la cataracte, et cela non seulement pour faciliter l'antisepsie, mais surtout pour rendre possible l'opération des cataractes non mûres, j'étais préparé à attendre longtemps avant que mon idée ne fût généralement acceptée.

Je ne m'étais pas trompé dans mes prévisions. Certains auteurs accueillirent l'idée avec enthousiasme, mais il n'en manqua point qui n'eurent pas le courage d'en faire euxmêmes l'expérience, tandis que d'autres condamnèrent d'avance la méthode sans l'essa^^er, sans même se donner la peine d'examiner ses avantages et ses défauts.

Aujourd'hui où il ne s'agit plus d'une idée théorique et éphémère, mais où je puis m'appuyer sur de nombreuses expériences et observations exécutées avec suite, je désire en exposer les avantages à un plus grand nombre de confrères. Comme les rapports statistiques sont les plus convaincants, j'ai tâché d'en donner un aperçu dans le rapport annuel de ma clinique; je me propose, pour épargner au lecteur la fatigue des cliifTrcs dans cet essai, d'en faire l'objet d'un mémoire spécial sur mes opérations dans les dernières années.

Dans ce travail-ci, je voudrais accentuer encore une fois la possibilité d'opérer les cataractes non mûres et en môme temps donner un aperçu historique du lavage des chambres ocu-

4 MÉMOIEES OEiaiNAQX. — D'" BOL. WICHERKIEWICZ.

laires, en exposant le but et les meilleures méthodes de cette manipulation et en y ajoutant la description de mon appareil perfectionné qui me paraît repondre à toutes les exigences de l'art.

Les opérations de cataractes sont souvent sans succès par suite de la rétention des restes de la capsule, qui peut provoquer des cataractes secondaires. Il est parfois possible de nettoyer la pupille de ces débris par des frictions et manœuvres de glissements ; mais cette manipulation n'est pas sans dangers, car si le malade n'est pas très tranquille, l'hyaloïde peut se rompre et provoquer un prolapsus du corps vitré de ce dernier. En outre, cette opération ne réussit pas toujours, surtout si le cristallin n'est pas entièrement opaque et si la capsule n'a pas été suffisamment ouverte. Cet inconvénient se fait sentir à un plus haut degré depuis qu'on emploie la cocaïne comme anesthésique, car ce médicament réduit tellement la pression intrabulbaire, qu'il est impossible d'éloigner suffisamment les restes par les frictions. Voulant donc éviter ces inconvénients et désirant avant tout pouvoir opérer des cataractes non mûres, j'applique une mélhode de lavage pour éliminer de l'œil tout ce que les chambres antérieures et postérieures pourraient contenir après l'extraction de la cataracte.

En exposant mon procédé, je n'avais pas l'intention de soutenir, comme on le supposait, que le lavage des chambres soit chose nouvelle. Bien qu'en général les chirurgiens avaient en horreur de toucher aux parties intérieures de l'œil, l'idée du lavage des chambres oculaires pour éliminer les débris du cristallin surgit déjà au commencement de ce siècle, toutefois sans suite, vu les difficultés d'un traitement pareil sans l'aide de l'antisepsie.

En général, il y a peu de données sur cet ancien mode de traitement. Pmdi l'envisage encore dans son traité Ueber die grcmen staare, etc. (Stutigart, 1838, p. 137) comme une lésion de l'œil, et Himhj prétend dans sou livre : Die KranJûieiten u. MissUïdunffen des Aîcges und deren Heilung (Berlin, 1843, p. 280) que Casamata et Fortenze faisaient mal d'éliminer les restes de la cataracte par le lavage à l'aide de l'eau tiède, tandis qu'ils auraient dû plutôt attendre leur dissolution dans l'humeur de la chambre antérieure. Mais si nous nous représentons combien leur mode de lavage devait être primitif, car on

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