‹ De la valeur et des méthodes du la vage des chambres oculaires [electronic resource]Chapitre 2 sur 4 · DU LAVAGE DES CHAMBEES OCULAIRES · texte numérisé non relu

DU LAVAGE DES CHAMBEES OCULAIRES

versait de l'eau immédiatement après l'incision, et qu'on n'avait alors aucune idée des procédés antiseptiques , qu'en conséquence en négligeant tous les soins que la connaissance de leur valeur nous force actuellement d'observer consciencieusement, on ne faisait qu'aggraver le danger d'un tel lavage, nous comprendrons facilement pourquoi les premiers pas de cette méthode , au lieu d'encourager son développement technique, n'aient pu que décourager les initiateurs et pour longtemps en paralyser les efforts ultérieurs.

Ce ne fut qu'en comptant sur un allié tel que l'antisepsie dans toutes les opérations des organes et des cavités accessibles aux chirurgiens, que j'entrepris de nouveaux essais dans l'idée unique d'abord de pouvoir opérer les cataractes non mûres. Ce n'est que plus tard que j'y ajoutai un second but, celui d'étendre l'antisepsie aussi à l'intérieur de l'œil.

Du reste, d'autres, comme M. Inouyé (du Japon) et M. Mac-Keown (Angleterre), enfin plus tard M. Panas (de Paris), ont essayé indépendamment de moi, et même l'un d'eux plus tôt que moi, d'appliquer l'antiseptique pour désinfecter les chambres de l'œil ; M. Mac-Keown essaya même d'appliquer ce mode pour les débarrasser des fragments de cataractes.

En me familiarisant de plus en plus avec le côté technique de ces nettoyages, je fus à même de les apprécier de plus en plus; et enfin j'ai pu considérablement étendre l'application de ce procédé auxiUaire, de sorte qu'aujourd'hui je l'emploie dans les buts suivants :

a) Comme moyen mitisejitique dans les opératio7is de Vœil sai?i et de Vœil infecté;

b) Poîcr mieux élimitier le sang ou le pus contenu, dans la chambre antérieure;

c) PoiLr éliminer les restes du cristallin : '1° après l'extraction de la cataracte mûre; 2° après l'extraction de la cataracte non mûre ; 3° après l'extraction de la cataracte traumatique.

Quant au premier but, il n'est, d'après notre avis, pour l'œil non infecté, que d'une importance secondaire. Quand il s'agit d'opérer une cataracte ou de faire une iridectomie sur un œil encore libre de toute invasion parasitique, le lavage est sinon nuisible, au moins superflu, v.u que tous les désinfectants irritent inutilement les tissus, ce dont j'aurai encore l'occasion de parler plus tard. Par contre, lorsque nous avons affaire îi

6 MÉMOIEES ORIGINAUX. - D- BOL. WICHRRKIEWICZ.

une agglomération de pus dans la chambre anléricure, soit par suite d'un ulcère de la cornée, soit à la suite d'une iritis purulente produite par un corps étranger impur introduit dans l'œil, une incision suffisante dans le limbe et une irrigation antiseptique de la chambre antérieure peuvent nous rendre les meilleurs services, comme je m'en suis convaincu dans plusieurs cas.

Car non seulement il devient possible d'expulser plus complètement toutes les matières purulentes par cette irrigation, mais de plus de détruire par la désinfection l'action délétère des microbes.

Pendant l'opération de la cataracte, surtout avec l'iridectomiej si le sang remplit la chambre antérieure, il rend très difficile, sinon impossible, la continuation de cette opération et notamment une exécution exacte de l'incision de la capsule ; et si la discision de cette dernière et l'extraction du cristallin réussissaient quand même, toujours le sang resté voilerait la pupille plus ou moins par suite d'une résorption insuffisante et affaiblirait ou détruirait le résultat définitif de l'opération.

Il en est de même pour les iridectomies exécutées pour cause de glaucome; l'hémorragie dans la chambre antérieure est quelquefois si considérable que le sang répandu en prolonge extrêmement la guérison, et même après la résorption des parties liquides il reste encore les débris coagulés et solides qui recouvrent la paroi antérieure de la capsule et troublent fortement le résultat attendu de l'opération.

C'est précisément dans ces cas que l'irrigation des chambres de l'œil est parfois d'une grande importance.

Selon mon expérience il est facile d'éliminer tout d'un coup de la chambre antérieure le sang aggloméré qui ordinairement n'y revient plus, et la pupille ])récédemment voilée devient claire comme sous l'attouchement de la baguette d'une fée. Il ' faut pourtant remarquer ici que cette élimination du sang par l'irrigation de la chambre antérieure après l'iridectomie doit être exécutée avec beaucoup de précaution, pour ne pas blesser le cristallin ; cependant, la main habile de l'opérateur pourvu d'un bon instrument évitera toujours aisément ce danger, surtout s'il pose le bec de l'appareil irrigateur entre les bords de la plaie, sans l'introduire plus profondément dans la chambre.

L'importance de l'irrigation est la plus grande, comme je l'ai

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