‹ De la valeur thérapeutique de l'électrocoagulation dans les petits épithéliomas et quelques autres lésions de la peau et des muqueusesChapitre 7 sur 52 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Définition-Historique

Chiappini, dans sa thèse, donne de l’électrocoagulation cette excellente définition: ei

« L’électrocoagulation est une électrothérapie qui utilise, contre les néoformalions pathologiques, les effets destructeurs des courants de haute fréquence; effets bien différents de tous ceux qui sont dus aux autres agents physiques, thermogènes et cryogènes. »

On attribue généralement à Morton (1881) la première utilisation des courants de haute fréquence. Mais c'est à d’Arsonval que revient le mérite d’avoir le premier utilisé les effets obtenus par le passage de ces courants sur les organismes vivants; en 1896, ii utilise des courants d’une intensité de 500 milliampères; et c’est peurquoi en 1913, le congrès international de Physiothérapie, réuni à Berlin, adopte le terme « d’arsonvaltsation » pour désigner le courant alternatif de haute fréquence.

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En 1904, Guilloz, de Nancy, détruit les papillomes par l'étincelle de résonance; mais ce sont surtout les travaux de Bernd (Vienne), Laqueur (Berlin), qui vulgarisent la thérapeutique des courants de haute fréquence.

Un grand progrès est accompli à la suite des études de Doyen. Ses premières expériences datent du mois d'août 1907, et en 1909, il présente, au congrès de Budapest, l’ensemble de ses recherches sur l’étiologie et la ‘thérapeutique des cancers. Reprenant les travaux de d’Arsonval, il crée le terme d’ « électrocoagulation » et en caraetérise l’action. Il constate qu’en employant des électrodes appropriées, la chaleur se condense avec une telle intensité autour de la plus petite électrode, que les albumines du tissu se coagulent et qu’une escarre se forme el s’élimine d’elle-même dans les jours qui suivent.

Le grand mérite de Doyen est justement d’avoir utilisé l’élctrocoagulation dans la thérapeutique des tumeurs malignes. Malheureusement, cette méthode nouvelle, peu perfectionnée, proposée d'emblée pour une besogne ardue, ne répondit pas aux espoirs fondés sur elle. Suivant le mot de Bergonié : « Venue trop tôt à une physiolhérapie trop jeune, la méthode a failli compromettre le bon renom de lélectrothérapie française en lui attribuant des propriétés miraculeuses. » La chirurgie générale et la physique médicale ne s’intéressent plus à l’électrocoagulation ;' c’est la période de l’oubli.

Cependant en 1911, la méthode se développe, à l'étranger, Heer et Keyes publient les résultats obtenus. En France, la chirurgie des voies urinaires est la seule

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à profiter largement des bienfaits de la diathermie, grâce à Heilz-Boyer et Cottenol.

En 1912, Bourgeois el Poyer, à la consultation de la Nouvelle Pitié, traitent par l'électrocoagulation des cancers inopérables de la langue et de l'épiglotte, la tuberculose nasale, les synéchies, les angiomes.

Dès 1914, les Anglo-Saxons reprennent l'étude de l'électrocoagulation. Patterson, en 1917, publie des observations de cancers de la bouche traités par l'électro- ‘ coagulation. Mackensie, en particulier, signale qu'aucun traitement ne peut être comparé à cette méthode. Hill- Kelly et Rose l’utilisent de leur côté.

En France, en 1922, Bordier de Lyon, publie :« Diathermie et diathermothérapie ». Il substitue au terme d’électrocoagulation celui plus précis de diathermocoagulation. Pour Chiappini, il vaut mieux conserver le terme d’électrocoagulation parce qu’il a été proposé par Doyen, créateur de la méthode, et parce qu’il donne une idée plus exacte du procédé.

Le livre de Bordier comporte des points de technique minutieusement déerits et qui ont, à n’en point douter, beaucoup servi la cause de l’électrocoagulation.

Vers la même époque, le docteur Ravaut, de Paris, donne à cette thérapeutique un essor particulier en ce . qui concerne la Dermathologie.

En 1924, Bourgeois et Poyet publient de nouveaux résultats dans le traitement des adhérences vélo-pharyngées.

En 1925, Stéphani, de Nice et Chiappini son élève, remettent en honneur l’électrocoagulalion et, reprenant les idées de Doyen, Padaptent de nouveau au traitement

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des cancers. Chiappini, dans sa thèse consacrée au cancer des lèvres traité par l’électrocoagulation, cite treize observations dont une surtout démontre les avantages de la méthode.

Depuis cette date, la question a été reprise par plusieurs auteurs étrangers et français.

En 1926, Grant E. Ward, William Clark dans les « Archives of Physical Thérapy » insistent sur les indications et les limites de l’électrocoagulation.

En 1927, Castex de Chateauroux, de Fourmestraux, publient leurs statistiques.

En 1929, Durin, dans sa thèse «-Diathermo-coagulation en Dermatologie apporte les statistiques de cancers et tumeurs diverses traités par l’électrocoagulation. Les observations déjà publiées en 1924, furent complétées au cours des années suivantes. Les résultats ont été non pas excellents, mais suffisamment bons pour considérer certains malades comme guéris ; chez d'autres, des récidives sont apparues : elles furent traitées par de nouvelles séances d'élctrocoagulation, seules ou associées à la chirurgie ou à la radiothérapie.

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