‹ De la valeur thérapeutique des courants continusChapitre 17 sur 24 · RÉSULTAT · texte numérisé non relu

RÉSULTAT

Continu, 32 minutes.

Change sur les aiguilles, 30 minutes.

Ulcération superficielle.

Progrès du mal.

Mort parrupture

interne.

Mort 1 mois 1/2 après la dernière

opération

Positif sur 5 élé ments. — Négatif suri. 30 minutes.

Amélioration progressive.

De 12 a 20 minutes ,

Amélioration,

Mort par rupture interne.

Mort 2 mois après la première

opération

Positif, ]$ minutes,

Amélioration.

Mort par rupture interne.

Mort un mois après la dernière opération .

Positif, 15 minutes,

Eschares.

Mort par hémorrhagie externe .

Mort par hémorrhagie externe.

Hémorrhagie par la chute des eschares.

Continu [tendant ■15 min. Changé sur les aiguilles, 85 inin, Total, 130 min.

Mort 7 jours après la dernière opération. — Hémorrhagie produite par caillot central probablement électrique.

Continu, 17 minutes, Continu, 20 minutes .

au mois

Changé sur les aiguilles toutes les 6 a 10 minutes. En tout 10 minutes.

Reaction générale et locale , phlegmon eu se.

Gangrené.

i de juillet 187

Eschares superficielles .

Amélioration progressive .

Mort par hémorrhagie externe.

Guérison.

Mort 31 jours après la dernière opération . — Caillot central probablement électrique.

Récidive 17 mois après, (von observation 21°. )

H. toutes les 5 a 6 minutes.

Id. 25 minutes.

Id. 40 minutes.

Amélioration.

Progrès du mal.

Mort par rupture interne.

Mort 22 jours après la dernière applicatiou. Caillot probablement électrique dans la tumeur opérée.

Id, 40 minutes

Amélioration.

Mort par rupture interne.

Mort 100 jours après.

ld. 40 minutes.

Id. 25 minutes.

Courte amélioration.

Progrès du mal.

Mort par asphyxie .

Mort 2 mois après la deuxième opération, par asphyxie causée par le volume énorme de Tanévi-ysme interne.

Id, 46 minutes.

Amélioration, progrès.

Guérison.

Récidive 3 mois après ( voir observation 20),

Id. 56 minutes.

Amélioration, Progrès du mal ,

Mort par hémorrhagie externe .

Mort 52 jours après. Hémorrhagie produite par l'excessive distension. Caillot central probablement électrique.

Id. 35 minutes.

Progrès du mal.

Mort par rup ture interne.

Mort 13 jours après. Caillot électrique volumineux

Id. 30 minutes.

Prompte amélioration .

Mort par rupture interne.

Mort 13 jours après. Anévrysme périphérique.

Id. 36 minutes.

Eschares superficielles.

Amélioration progressive.

Guérison .

Guérison constatée et durable après 9 mois.

H. 40 minutes.

Id. 15 minutes.

Amélioration progressive.

Guérison.

Guérison constatée et qui dure depuis S mois et demi.

M, 30 minutes.

Amélioration prompte et progressive.

Guérison.

Récidive (voir obs. 14). Guérison constatée 8 mois après la deuxième opération, 1 an après la première.

la. 30 minutes.

Eschares superficielles.

La tumeur durcit après avoir subi une augmentation de volume.

Mort par hémorrhagie externe

Récidive (voir observation 10).

20 mois après la première opération.

Mort, par gangrené produite par la distension, 12 jours après.

Caillot électrique.

Continu négatif.

*~ 15 minutes

— 15 minutes

— 15 minutes

Eschares pénétrantes dans la tumeur. Réaction générale et locale, phlegmoneuse, hémorrhagie.

Mort par hémorrhagie externe.

Hémorrhagie causée par la chute des eschares, Mort 10 jours après la dernière opération. Caillot centra] dont les caractères manquent.

.Change toutes les 3 minutes.

M. 30 minutes.

Amélioration prompte et progressive.

Guérison

Guérison constatée i mois après,

Examen critiqi/e de la galvano-pwicture dans le traitement des anévrysmes de l'aorte ;sa valeur, ses indications. — Manuel opératoire.

Après avoir énumére les différents faits cliniques connus jusqu'à ce jour, nous devons nous demander si l'application de la galvano-puncture, en pareil cas, est scientifiquement justifiée, et si les résultats pratiques dont avons donné les détails sont suffisants pour autoriser cette importante opération.

Un premier point à établir, point du reste qui ne peut être sérieusement discuté, c est que cette méthode est théoriquement rationnelle. Il est évident, en effet, que l'action coagulante du courant de pile ne peut être miseen doute. Les expériences de Prévost et Dumas sur l'albumine de l'œuf, les recherches de Broca cl Regnauld(i) démontrent nettement cette action (2). Mais c'est surtout en lisant le résumé des mille expériences que Strambio avait exécutées en 1847, que la conviction s'affermit.

Nous ne pouvons résister ici au désir que nous avons de donner un aperçu rapide du travail si important de Strambio, véritable chef-d'œuvre de rigueur d'observation , où l'action des différents pôles est étudiée avec le plus grand soin (-1). Les accidents consécutifs à l'introduction de l'aiguille en contact avec l'électrode négative dans l'artère sonl particulièrement éclairés. Slrambio a opéré sur des chevaux, des mulets, des ânes, cl a choisi, comme siège de ses explorations surtout les artèrescarotides et fémorales. Ilaremarqué que qucl-

(1) Broca, des anévrysmes et de leur traitement. Paris, 1856, p. 349.

(2) Le Fort, Dictionnaire encyclopédique des Se. médic, art. Anôvrysme 1866, t. IV, 2° partie; — Jules Rochard, Histoire de la chirurgie française au XIX e siècle, étude historique et critique sur les progrès laits en chirurgie et dans les sciences qui s'y rapportent, pp. 373, 609, 762.

(3) Strambio, Galvano-ago-puntuva dei vasi sanguini per curare gli aneurismi e le varici, stuâj storici — eritici (Gazzettamcdica di Milanu, tome V et VI et tirage à part 1847). — Sperimenti di galvano agopuntttva istituiti sulle arterie e suite ïene dei bruti dai dottori G. Strambio Quaglino, Tizzoni, Restelli (Gazetta mediea di Milano, tome VI et tirage à part, 1847.)

ques secondes après l'introduction des aiguilles dans l'artère, le point correspondant à l'électrode positive noircit, tandis que celui qui correspond à l'électrode négative jaunit. « Les pulsations de l'artère se ralentissent petit à petit, son élasticité diminue, elle durcit dans les points compris entre les deux pôles, l'aiguille positive s'oxyde. Au moment de l'extraction des aiguilles, écoulement plus ou moins abondant du sang, le plus souvent par l'aiguille négative. Si on ouvre l'artère à ce moment, on trouve un caillot fusiforme et conique remplissant exactement la lumière du vaisseau. Sa longueur varie suivant la distance intermédiaire aux deux pôles. Après 24 heures, ce caillot se détache difficilement ; après 40 heures, il est complètement uni. » Un point cependant avait échappé à Strambio, c'est l'ulcération vasculairc qui se retrouve presque toujours au niveau de la piqûre de l'aiguille, correspondant au pôle négatif, ainsi que les expériences que nous rapporterons plus tard viendront le démontrer. Strambio, en effet, prétend que les piqûres artérielles se retrouvent difficilement, surtout celle du pôle négatif. Il n'en est pas moins vrai que Strambio, un des premiers, a affirmé l'importance de la Monopunciure, et que le fait qu'il a signalé, à savoir, les hémorrhagies fréquentes au niveau du pôle négatif, témoigne de l'habileté de l'opérateur et de la valeur de ses recherches.

Nous avons répété dans le laboratoire de M. Marey, avec notre ami le docteur François Franck, une série d'expériences analogues à celles de Strambio. La coagulation du sang dans les vaisseaux, sous l'influence d'un courant même peu prolongé, en est clairement ressortic. De telle sorte que l'emploi de la galvano-punclure, comme moyen destiné à provoquer la coagulation du sang dans une poche anévrysmale, semble s'appuyer sur des bases expérimentales assez solides pour justifierl'application du procédé cala clinique. D'autre part, bien que les observations que nous avons sous les yeux soient loin de pouvoir compter toutes pour des succès même relatifs, il n'en paraît pas moins vrai que les résultats obtenus ne peuvent pas être considérés comme défavo-

TEisaiEu. Courants continus.

râbles. Nous croyons donc que la galvano-puncture, appliquée aux anévrysmes de l'aorte, peut être dans certains cas utilement employée, et qu'il est bon, par conséquent, d'étudier avec quelques détails les règles suivant lesquelles on doit la pratiquer, les indications qui autorisent son usage, les contre-indications qui doivent la faire rejeter.

Procédés opératoires. — Les expériences de Strambio n'eurent pas eu Italie tout le retentissement qu'elles méritaient, parce que, maigre ce plaidoyer en faveur de la monopuncturc, Ciniselli préconisa et préconise encore l'application des deux pôles dans la tumeur. Mais il recommande de ne pas mettre une aiguille en l'apport avec le pôle négatif avant qu'elle ait été parcourue par le courant venant du positif. Il opère de la façon suivante : il fait pénétrer les aiguilles en nombre variable, quatre à six ; puis il met l'une de ces aiguilles en l'apport avec l'électrode positive d'une pile qui porte son nom et dont la force électro-motrice suffit pour décomposer 2 centimètres cubes d'eau acidulée, au trentième d'acide sulfurique du commerce en cinq minutes (1). Le pôle négatif est placé sur le tborax. Lorsque cette première aiguille est restée cinq minutes au contact du pôle positif, Ciniselli rompt le circuit el remet cette même aiguille en rapport avec le pôle négatif. — Le pôle positif est alors placé au contact de la deuxième aiguille implantée dans la tumeur. À ce moment la tumeur est influencée par les deux pôles. On continue de même jusqu'à ce que chaque aiguille ait subi alternativement d'abord l'action de l'électrode positive, ensuite celle de l'électrode négative.

Ciniselli pense ainsi éviter les inconvénients qui pourraient résulter de l'influence immédiate du pôle négatif . Reste à savoir si le courant positif exerce sur les lissus une modification telle que les dangers de l'ulcération soient éloignés.

En 1861, le docteur A. Tripier a conseillé l'emploi unique de l'électrode positive, afin d'éviter les contractions et les douleurs

(1) L'emploi du voltamètre est absolument nécessaire, car il est indispensable de connaître la quantité d'électricité produite (voir à

qui ont lieu au niveau de l'électrode négative. Andersen, qui a étudié consciencieusement la question, recommande les mêmes précautions. Le docteur Beaumetz s'y est conformé scrupuleusement. Les mêmes règles ont été suivies dans les cas de Proust, Bail, Bernulz, que nous avons rapportés.

Bien que différents auteurs s'obstinent encore à conseiller l'introduction des deux pôles dans le foyer de la tumeur, nous ne craignons pas d'affirmer que la méthode de Giniselli est absolument dangereuse et que l'emploi unique du courant

l'Appendice). Dans le but d'obtenir ce résultat à l'aide d'un instrument plus facilement transportante, M. Gaifle vient de construire un galvanomètre gradue en quantité au lien de Vêtre en tension (tîig. 35).

Fig. 35.

Galvanomètre d'intensité de Qaiffe.

-La déviation de l'aiguille permet d'apprécier cette quantité. — Les divisions du cadran représentent des unités anglaises. (Une déviation d'un degré correspond à un dégagement d'environ de 1 millimètre d'oxygène et d'hydrogène mélangés. En une minute le chiffre exact est 1 millimètre cube, 314 à la température de degré et à la pression de 760 millimètres .

positif est autorisé dans ces circonstances. Les expériences faites avec le docteur F. Frank nous ont fait reconnaître trois inconvénients des plus graves inhérents à la nature des phénomènes physico-chimiques, qui se passent au pôle négatif. L'éleclrolyse du sérum du sang démontre la production d'un dégagement gazeux au niveau du pôle négatif. On comprend toute l'importance pratique d'un pareil fait, puisqu'il est légitime de redouter la production d'embolies gazeuses (voy. plus loin Expériences du 31 mars).

Le danger est surtout grand dans les cas d'anévrysmes par dilatation, car on ne peut espérer l'accumulation des gaz à la partie la plus élevée de la poche, comme cela pourrait se faire dans les cas d'anévrysmes latéraux ne communiquant avec l'artère que par un orifice relativement étroit.

Un autre inconvénient résulte de l'introduction des deux pôles dans l'anévrysme: comme il faut toujours les placer à une faible distance l'un del'autre, la résistance du conducteur animal intcrpolaire est beaucoup moindre, et les douleurs violentes se font sentir au niveau du pôle négatif, lequel est d'autant plus pénible à supporter que son point d'application est plus circonscrit. (Densité du courant, voir Chauveau, Excitât, unipolaires.)

Enfin, dans les expériences sur les artères des animaux, on voit que, quand on a introduit le pôle négatif au voisinage du pôle positif, l'orifice qui correspond au pôle négatif peut donner lieu à un écoulement de sang. ( Exp.du 31 mars 1878. — Carotide gauche et axillaire gauche.) Cela tient sans doute à la cautérisation de la paroi au niveau de l'aiguille négative, qui a pourtant été choisie aussi 'fine que l'aiguille positive.

Donc, un autre inconvénient bien plus grave et qui semble devoir faire repousser la méthode bipolaire dans le traitement des anévrysmes, c'est le danger des hémorrhagies au niveau du point d'application du pôle négatif.

L'un de nos animaux est mort d'hémorrhagie au cinquième jour. L'autopsie a nettement montré l'existence d'une perforalion elliptique de 2 millimètres et demi de haut suri millimètre de large, à bords festonnés, amincis, jaunâtres, sur l'artère

carotide droite, au point d'implantation de l'aiguille communiquant avec le pùle négatif de la pile. — Sur l'humérale gauche une perte de substance identique existait, mais elle était oblitérée par un caillot mou, noir, faisant champignon, et trèsfacile à détacher.

Nous avons constaté chez un autre chien le début de ce travail d'ulcération : 40 heures après Félectro-puncture, en a ouvert l'artère fémorale droite entre deux ligatures. On a trouvé la paroi interne de l'artère profondément entamée dans une étendue de 4 millimètres tout autour du point de pénétration de l'aiguille correspondant au pôle négatif. — Dans la fémorale opposée, où le pùle positif avait seul pénétré, existait un petit caillot plat, rosé, dense et à peine adhérent à la paroi de l'artère.

Exp. I. Dimanche 31 mars. — Chien blaque français de quatre ans. On emploie l'appareil à courant continu de Gaiffe, vingt-quatre éléments maximum. On comprend dans le circuit un nombre d'éléments suffisant pour décomposer 2 centimètres cubes d'eau acidulée au 30 e en 5 minutes. Le pôle négatif est placé sur la face interne de la cuisse droite. On pratique une incision de 3 centimètres au niveau de la fémorale gauche sans intéresser la gaîne du vaisseau, l'aiguille de 1er doux correspondant au pôle positif est enfoncée de 1 centimètre dans la profondeur de l'artère.

Première application, 2 heures 50. — Durée du passage du courant,

7 minutes.

Pas de cris, ni de contractures de l'animal, sauf à l'ouverture du courant qui a été faite brusquement. On vérifie la situation de l'aiguille qui est bien engagée dans l'artère jusqu'à la partie vernie,

Deuxième application, 3 heïires. — Durée du passage, 5 minutes. Pas de contraction à la fermeture. L'aiguille est toujours en place.

Troisième application, 5 heures 10. - Durée, 5 minutes. Rien à signaler.

Quatrième application, 3 heures 20. — Durée, 5 minutes. On retire l'aiguille, qui est légèrement oxydée.

Exr. II.— Sur lemémechien. On faitau niveau delacarotidedroite,une plaie insignifiante ; on soulève la gaîne commune au paquet vasculo

nerveux. On passe au-dessous un tube de caoutchouc plat pour ne pas nterrompre le cours du sang dans l'artère. L'aiguille est introduite dans le vaisseau et dans le sens du courant. Elle communique avec le pôle négatif, le tube de caoutchouc est enlevé, le pôle positif est en contact avec la cuisse droite ; le courant est de la même intensité que dans l'expérience précédente. On fait trois applications successives de cinq minutes de durée chacune, l'une h 3 heures 55, la deuxième à 4 heures 5, la troisième à 4 heures 15.

Exp. III. — On découvre, suivant le même procédé, sur le même chien, la carotide gauche. On fait pénétrer deux aiguilles de façon à les faire communiquer avec les deux pôles. Elles sont introduites à 1 centimètre l'une de l'autre; l'inférieure, dirigée du côté du cœur, correspond au pôle négatif; la supérieure, dirigée dans le sens du courant, au pôle positif.

Première application, 4 heures 40.

Aussitôt la fermeture du courant, l'animal manifeste un degré notable d'excitation. On est obligé de diminuer l'intensité du courant de telle sorte que 10 minutes sont nécessaires pour décomposer 2 centimètres cubes et demi d'eau au voltamètre ; le chien manifeste de la douleur; sa respiration est irrégulière, profondément modifiée.

Deuxième application, 5 heures 6. — Durée, 5 minutes.

Un centimètre cube et demi d'eau décomposée au voltamètre. L'animal est agité. Grandes irrégularités du cœur et de la respiration, cris, douleur. On ne fait pas la troisième application. La température prise dans le conduit auditif externe donne les résultats suivants : à gauche, [37" ; il droite 33"; les deux aiguilles retirées sonttrês-oxydées. On détache l'animal, qui semble complètement hébété, triste ; il reste complètement immobile ; l'état normal commence à se rétablir une heure après l'expérience seulement.

Lundi matin 1 er avril, il est calme, gentil, se laisse attacher facilement. On recommence une nouvelle série d'expériences analogues à celles pratiquées la veille. On constate auparavant que la fémorale gauche est dure au toucher et que les battements ont notablement diminué. L'aiguille correspondant au pôle positif est placéeà 1 centimètre au-dessous de la première piqûre, le pôle négatif est en contact avec la cuisse droite. On fait, comme la veille, quatre applications successives de 5 minutes, la première à 2 heures 32,1a seconde à 2 heures 40, la troisième à 3 heures 13, la quatrième a 3 heures 23. L'intensité du courant était suffisant pour décomposer, pendant ce temps-là, 2 centimètres cubes d'eau et demi au voltamètre.

2° On pratique des opérations analogues pour l'humérale, à droite et à gauche. A droite, on fait pénétrer une feule aiguille qui ne sera

- loi -

pas mise en contact avec le courant galvanique ; clans l'humerai gauche on fait pénétrer 2 aiguilles qui correspondront, la supérieure au pôle négatif, l'inférieure au pôle positif.

Première application, 4 heures 37.

L'intensité du courant n'est augmentée que très-progressivement. On ne comprend, dans le circuit, que six éléments au lieu de vingtdeux pendant les deux premières minutes. Malgré cela, cris violents, contractions énergiques, douleurs vives. L'urine est projetée hors de la vessie. Il se fait une légère déchirure au niveau de l'axillaire droite, l'aiguille qu'elle renfermait est expulsée. Durée d'application 12 minutes. Pendant les 8 dernières, 10 éléments sont graduellement intercalés dans le circuit ; la température, prise au niveau delà patte gauche marquant 31° tombe et s'arrête à 30°. A droite, le même thermomètre, appliqué tout de suite après, marque 22° fixe.

Deuxième application, 3 h. 57. — Durée, 7 minutes.

Douze éléments. Bien tolérés.

Troisième application, 3 h. 8. — Durée 9 -minutes.

Quatorze éléments, bien tolérés, écoulement sanguin au pôle négatif, les aiguilles retirées sont très-oxydées. 20 minutes après l'opération (4 heures 37), la température à gauche est de 29°, à droite 22". On détache l'animal et l'on constate nettement que la patte gauche est paralysée, la sensibilité est conservée. Le 3 avril, la patte gauche est encore paralysée du mouvement. Quand on soulève la patte antérieure droite, l'animal ne peut se tenir debout; quand on soulève la patte gauche, il reste droit.

L'évaluation de la température, faite avec un thermomètre très-sensible placé entre le premier el le deuxième orteils et isolé avec de la ouate, donne les résultats suivants :

1" Patte postérieure gauche où le pôle positif seul a été introduit dans l'artère, le thermomètre reste fixe à 16°. ; 2" Patte postérieure droite (non opérée) 36°.

3" Patte antérieure gauche (à demi paralysée) où l'on a introduit les deux pôles (20°).

4° Patte antérieure droite (numérale simplement piquée) 20°.

On place ensuite le thermomètre successivement dans les deux oreilles.

1° Oreille gauche correspondant à la carotide où les deux pôles ont été appliqués pendant une seule séance (trois applications successives) 27".

2° Oreille droite, correspondant à la carotide n'ayant subi qu'une seule séance d'excitation par le pôle positif, 30°.

Dans la nuit du 4 au 5 avril, l'animal est mort d'hémorrhagie par la carotide gauche. 11 existe aussi des caillots abondants au niveau do la place correspondant àThumérale de ce côté.

L'autopsie a été faite avec le concours du docteur Pitres, à 1 heure et demie.

N° 1. Au niveau de la fémorale gauche. Toute la région est envahie par un tissu induré, lardacé, résistant, surtout au niveau des points où ont eu lieu les piqûres. Celles-ci sont nettement apparentes. A l'ouverture de l'artère on trouve un caillot adhérent, long de 2 cent. La viine est gorgée de sang dans toute son étendue et dans toutes ses branches. Au niveau des points entourés de tissu lardacé, il existe un caillot de coloration jaune sale, et notablement adhérent.

Humérah gauche. Les veines sont aplaties, les tissus sont infiltrés de sang coagulé en très-grande abondance; la piqûre ayant été faite à 2 centimètres au-dessous du bord du grand pectoral, l'hémorrhagie remonte dans toute la cavité axillairé, dissèque le grand et le petit pectoral et descend jusqu'à la partie moyenne du grand dentelé.

Au niveau du cou, les deux jugulaires externes sontdilatées et gorgées de sang liquide ; les plaies sont infiltrées de liquide purulent.

Les tissus sont modérément enflammés, et un peu lardacés.

Carotide gauche. — Tissu [lardacé tout autour. On retrouve les

piqûres faites à la distance indiquée. La supérieure, qui correspondait

au pôle positif, est en rapport avec un caillot oblitérant totalement la lumière du vaisseau. Au niveau de la piqûre inférieure (pôle négatif existe une petite ulcération longue de 2à3 millimètres sur 1 de large, il bords déchiquetés, amincis et jaunâtres.

La figure 30 rend compte de ces dispositions.

Carotide droite. — Les tissus sont moins lardacés, la gaine moins adhérente. Elle se laissepourtant détacher assez difficilement au niveau du caillot. Sur la face antérieure on aperçoit la piqûre. A la face opposée, la paroi est amincie, malade (on dirait aux dépens des tuniques internes).

Axillaire gauche. — L'artère est perforée dans une longueur de 5 millimètres. Un caillot fait hernie à travers l'ouverture.

Axillaire droite . — Une petite hémorrhagie interstitielle s'observe au niveau de la piqûre.

Expérience. — Chienne de 7 ans. On opère sur les deux fémorales. Dans chacune d'elles, on fait pénétrer une aiguille fine en fer doux, recouverte d'enduit isolable dans une certaine étendue et dont la pointe est enfoncée dans chaque artère d'un centimètre de profondeur. Chacune de ces deux aiguilles sera mise en contact avec un des pôles de la pile, la patte droite avec le pôle négatif, la gauche avec le positif. Tandis que l'autre électrode sera représentée par un tampon de large' surface appliqué sur la paroi latérale du thorax dont on a rasé les poils et mouillé la surface.

Patte droite. — Pôle négatif dans l'artère. Début 5 heures 33 minutes. On intercale successivement dans le circuit seize éléments de la pile Gaifl'e (un centimètre cube d'eau décomposée en quatre minutes au voltamètre). On fait ainsi trois séries 'consécutives sur la même artère. Début 5 heures 38 pour la deuxième. Quand on intercale avec rapidité un nombre d'éléments croissants dans le circuit, l'animal a des secousses dans les membres et manifeste de la douleur. Si au contraire on procède avec lenteur, l'augmentation dé l'intensité du couraDt passe inaperçue.

Troisième application, Sheures 38.' — Quatrième, 5 heures 53 (mêmes conditions).

Patte gauche. —Pôle positif dans l'artère. Quatre applications successives : (5 heures 55), (5 heures 59), (6 heures G), (6 heures 11). Même procédé opératoire que précédemment.

On enfonce ensuite une aiguille d'acier dans l'axillaire gauche; cette aiguilleest abandonnée dans la plaie, à laquelle on fait quelques points de suture, et on laisse l'animal en repos jusqu'au lendemain.

L'examen des artères est fait le 5 avril, à 3 heures du soir (40 heures après les opérations indiquées ci-dessus). L'animal n'estpas sacrifié. L'examen porte seulement sur la portion du vaisseau intéressé dans

l'opération et qu'on a disséqué après l'avoir comprise entre deux ligatures. On constate au niveau de la fémorale droite un petit caillot plat, de 1 centimètre de longueur adhérent à la paroi, ayant visiblement son point de départ au niveau de la piqûre.

Fémorale gauche. Pas de caillot, début d'ulcération.

Ijii.rillaire gauche, où l'on a seulement enfoncé une aiguille, est absolument saine.

Ces expériences sont, il nous semble, plus que suffisantes pour rendre compte des accidents notés par les différents observateurs ; des abcès qui ont été signalés par Capelleti, Bossé, Vigueire ; deshémorrhagies, des esebares sur lesquelles le professeur Leforl insiste avec tant de raison dans son article Anéwysme, du Dictionnaire encyclopédique et dont on trouve plusieurs exemptes frappants dans le tableau des opérations que nous avons sous les yeux (1). Nous croyons donc pouvoir presque poser en principe et sans plus amples commentaires que seule V action du pôle positif peut être employée dansPélectro-punclure pour la cure des tumeurs anévrysmatiques. Du reste, il ressort aussi de nos expériences que la présence seule du pôle positif est nécessaire en pareil cas. puisque c'est seulement à son niveau que s opère la coagulation. Ceci est non-seulement démontré par les expériences que nous avons rapportées, mais encore par l'électrolyse du sang fait en vase clos, opération dont nous produirons les détails. — Quelle heureuse influence peut-on donc attendre de l'action du pôle négatif, puisque la coagulation du sang se fait surtout au niveau du pôle positif, et qu'il n a que l'inconvénient de provoquer la douleur et de déterminer les ulcérations vasculaires?

Mais il ne suffit pas d'avoir démontré l'action coagulante du pôle positif cl les dangers inhérents à l'action du pôle négatif dans l'électro-puncture appliquée aux anévrysmes. Il faut se demander encore, pour justifier complètement l'emploi de la méthode : 1° si le coagulum formé au niveau du pôle positif est

(1) Dans les deux cas de Keyes (New-York medic. Journ.) et de Simpson (Thorac. anév. in which galvano puncture was usedas,) le malade mourut après la quatrième séance; dans les deux cas, le volume de la tumeur avait augmenté. Dans un autre cas de H. Simpson, nous

— lo5 —

assez solide, assez adhérent pour ne pas devenir lui-même la source d'accidents (embolies par exemple) ;2"si le même résultat nepourraitpasêtre obtenu par un nuire procédé (exemple : introduction pure et simple dans la poche d'un corps étranger irritant les parois de la poche ou devenant lui-même le point de départ d'un coagulum) : — acupuncture (1).

1° A la première question nous répondrons : bien qu'il existe dans la science des observations où le caillot formé sous l'influence de L'électricité semble avoir disparu le lendemain de l'opération (par dissolution? — puisquedes accidents emboliques n'ont pas élé notés), comme nous le pouvons voir dans les cas de Capelleti, Laugier, Voillemier, rapportés par Broca, à propos d'anévrysmes des membres, iln'y a paslàde raison suffisante pour constituer une contre-indication formelle à l'opération.

Les expériences faites sur les animaux montrent que le caillot commence à adhérer dès les premiers moments de sa formation, et les autopsies pratiquées jusqu'à ce joui' prouvent que le coagulum reste intimement lié aux parois de la poche. Ceci résulte aussi des sk cas d'anévrysmes de l'aorte traités par l'électro-puncture dont Ciniselli a pratiqué l'autopsie et dans lesquels nous voyons les caillots électroly tiques variant de 2.j0 à 665 grammes et trouvés intimement adhérents aux parois de l'anévrysme.

2° Nous pensons que l'intervention du courant de pile joue dans l'espèce un rôle nécessaire et que l'acupuncture simple ne suffit pas pour entraîner la production d'un coagulum

trouvons : Homme de trente-huit ans. - Anévrysme de la crosse de l'aorte, première séance de galvano-puncture le 26 février 1x76. — Diminution de volume très-marquée, amélioration de l'état général. Deuxième séance le 11 octobre. Inflammation, abcès extérieur a l'anévrysme. Ouverture de l'abcès le 14 novembre. Amélioration. Le 21 décembre, rupture de l'anévrysme ; mort subite.

(1) Cette méthode a été dernièrement remise en honneur pour les anêorysmes de l'aorte, par G. Bacelli (Ga:. med. lotub., mars et avril 1878.) Bacelli plante dans l'anévrysme un petit mouvement d'horlogerie eu spirale, pour y déterminer la coagulation : or jusqu'à présent» les résultats n'ont pas été favorables,

volumineux. Sans cloute, comme le prouvent des expériences inédites que le docteur Pitres a bien voulu nous communiquer, le petit foyer d'artérite qui se développe au niveau de la piqûre peut devenir le point de départ d'un coagulum. Mais d'autres expériences démontrent aussi qu'une coagulation rapide et importante peut être obtenue par l'électrolyse en dehors de tout travail inflammatoire et de l'action de toute espèce de corps étrangers. Par conséquent, l'influence du courant de pile joue dans l'espèce un rôle de premier ordre et son intervention doit jusqu'à présent être considérée comme nécessaire.

Expérience. — Démontrant la coagulation du sang complet au pôle positif, e.n vase clos, indépendamment de tout travail inflammatoire sous l'influence de corps étrangers.

Tube en U (voltamètre) . — Dans un mélange réfrigérant (glace et sel marin), enveloppe isolante. — On fait arriver dans l'une des brandies du tube en U du sang pris directement dans une fémorale de chien. Aussitôt le courant ordinaire traverse le sang, et au bout de 2 minutes (1 centimètre cube d'eau ayant été décomposé) on vide le tube en U toujours rempli de sang liquide. Dans l'éprouvette qui coiffait le pôle négatif quelques bulles de gaz, pas de trace de coagulum .

Dans l'éprouvette correspondant au pôle positif, coagulum noirâtre, adhérent à la surface de la pointe de platine. En lavant à grandeeau, le coagulum ne se détache pas.

On l'étalé sur du papier à filtre, on laisse sécher (il sera examiné ultérieurement.) Trois expériences consécutives avec le même résultat. D'où Ton peut conclure que :

1* La coagulation dans le sang pourvu de fibrine s'opère comme dans le sang défibriné, au pôle positif.

2° Le coagulum est formé; non-seulement d'un nuage albumineux, mais encore et surtout de fibrine adhérente.

3° Dans le môme temps, il ne se dépose pas de caillot au pôle négatif.

On tue l'animal en piquant le ventricule gauche avec l'aiguille du pôle positif pendant que le pôle négatif est représenté par une large surface. Grands cris après dix secondes d'application (3 millimètres cubes d'eau décomposés). — Arrêt du cœur, — tétanisation, — relâchement, — quatre grandes inspirations, — pas de reprises du cœur.

Cette expérience met en évidence l'action polaire de la pile. Ici, en effet, on ne peut invoquer l'influence du corps étranger sur la coagulation de la fibrine.

— Dans chaque branche du voltamètre se trouve l'extré-

mité d'un fil, et la coagulation ne se fait qu'au niveau du pôle positif (1).

Et maintenant, comme résumé de cette longue discussion, quelles sontdonc les conclusions que nous devons tirera la fin de ce chapitre, et quel jugement devons-nous porter sur l'emploi de rétcctro-puncturc dans la cure des anévrysmes de l'aorte? A un point de vue absolu et en considérant les différentes observations que nous avons sous les yeux, sauf deux ou trois faits de guérison (2) dont la valeur clinique pourrait peut-être encore être discutée, on ne peut pas dire que la méthode compte des succès complets. Néanmoins, dans une maladie aussi grave (pie celle-ci et dont l'issue est toujours fatale, il est permis de considérer comme relativement encourageants les résultats obtenus jusqu'ici. Les faits d'amélioration prolongée et rapportés par différents auteurs dignes de foi en témoignent.

Ainsi donc la galvano-puncture doit définitivement prendre place dans les procédés rationnels appliqués au traitement des anévrysmes de l'aorte Reste à savoir maintenant quels sont les cas dans lesquels on peut y avoir recours ; quelles sont les conditions qui en contre-indiquent l'emploi.

A ce propos, deux éléments doivent être pris en considération : 1° la disposition de l'anévrysme, 2° l'état du cœur.

1° Quand on aura pu s'assurer que l'on a bien réellement

(1) Quant au mécanisme de cette coagulation, les expériences commencées, mais qui n'ont pas encore donné de résultats assez définitifs pour être rapportés ici, permettent de penser que ce mécanisme est complexe et que le phénomène de la coagulation du sang complet pourvu de fibrine, sous l'influence de l'électrolyse, est loin de pouvoir être assimilé à celui de la coagulation dans les situations albumineuses, voire même dans du sérum ou dans du sang détibriné.

(2) L'Alger médical 1878 publie p. 349 une observation de Ferdinand Verardini de Crémone. — 2 aiguilles d'acier dans la tumeur. Pile de Volta. — l re opération 17 sept, interversion du sens du courant pendant 24 minutes. — 2 1 ' opération, 13 octobre. — Le 30 octobre 1875, la malade sort guérie en apparence. Quelques mois après, à la suite de grands efforts, les battements reparurent. — Nouvelle application de la galvano-puncture : l re op. 17 février. — 2'' op. 18 avril. — 3 e op. 2 mars. Le 30 sa santé semble parfaite.

affaire à une véritable poche anévrysmale et surtout que

cette poche communique avec l'aorte par un oriticc relativement étroit, on pourra espérer retirer un profit utile de la galvano-puncture. La coagulation sera favorisée, en effet, par l'ébranlement moindre de la masse sanguine contenue dans la poche, sous l'influence de l'ondée systolique, et les causes d'embolies seront par cela même considérablement restreintes. Nous ne saurions en dire autant des vastes dilatations, ou le même avantage ne saurait assurément être obtenu.

Gela paraîtra d'autant plus rationnel encore, si l'on pense que ces sortes de dilatation coïncident le plus souvent avec des altérations athéroinateuses de l'artère, lésions dont l'existence doit interdire en général une intervention active.

2° L'intégrité du cœur constitue elle aussi une condition de succès relatif, de même que les altérations d'orifice et surtout l'insuffisance aortiqne doivent être considérées comme compromettant l'issue de l'opération. Outre que des dangers immédiats peuvent naître par le seul fait de l'existence de ces lésions, les tentatives du traitement actif sont on peutdire inutiles, par cette simple considération que le malade, exposé à mourir dans un laps de temps plus ou moins rapproché, des suites de son affection cardiaque, ne retirerait aucun avantage sérieux d'une opération pénible malgré son apparente simplicité (obs. de Dujardin-Beaumetz).

II nous est permis maintenant d'être bref au sujet du manuel opératoire. On trouveradu reste dans la communication de M. Beaumetz, ainsi que dans les observations par nous produites, les indications techniques qui doivent guider dans l'application du procédé. Disons toutefois que le choix des aiguilles employées n'est pas absolument indifférent. M. Broca a pensé qu'il n'était pas nécessaire d'employer des aiguilles revêtues d'un enduit protecteur, en s appuyant sur cette considération théorique : qu'un courant d'intensité suffisante pour produire la coagulation du sang n'est pas assez fort pour déterminer Pescharification. Nous croyons néanmoins que cette précaution est utile et qu'il est bon d'employer des aiguilles enveloppées d'une couche isolante de gulta-percha.

Ces aiguilles ont en général de <> à 8 dixièmes de millimètre de long, et 6 à 7 millimètres de diamètre (fig. 37). On implante

Pig. 37.

habituellement trois à quatre de ces aiguilles dans la tumeur; on les fait pénétrer au niveau des points où les battements sont le plus accentués. Les oscillations que le courant sanguin leur imprime, en ébranlant leurs pointes, indiquent qu'elles sont convenablement placées. Alors commence l'opération. On met successivement chacune de ces aiguilles en rapport avec le pôle positif de la pile, le contact est maintenu cinq minutes pour chacune d'elles, et quand la série est épuisée, on recommence une seconde application.- On renouvelle ainsi trois ou quatre fois la manœuvre, l'intensité du courant, comme nous l'avons vu, étant telle que 2 centimètres cubes et demi d'eau se trouvent décomposés en cinq minutes.

Quant au pôle négatif , il est représenté par une large plaque recouverte d'une épaisse peau de chevreau dont on a soin de maintenir l'humidité, et il s'applique à la périphérie, soil au niveau du thorax, soil mieux encore sur la face antérieure d'une des cuisses.

Une précaution sur laquelle nous ne saurions trop insister, consiste à n'augmenter que très-graduellement l'intensité du courant (de même pour la rupture), afin d'éviter les contractions et les sensations pénibles qui résultent de changements trop brusques (voir les observations et les expériences).

On retire ensuite les aiguilles. On étend nue légère couche de collodion au niveau de la piqûre et l'on recommande au malade de garder l'immobilité. Certains auteurs conseillent de placer une vessie de glace au niveau de la tumeur, mais c est là, croyons-nous, un procédé inutile, car l'influence coagulante du froid est loin d'être démontrée. Nous pensons qu'il vaut mieux donner un peu de digitale au malade, afin de régulariser l'action du cœur; quelques toniques peuvent aussi être prescrits.

Nous terminerons ici ce que nous avions à dire au sujet de

l'action chimique des courants de pile dans leur application à la thérapeutique.

11 y aurait sans doute bien d'autres questions à aborder à ce propos, et en premier lieu celle de savoir si c'est à l'action électrolytique des courants continus qu'il faut attribuer lesprê tendues résorptions d'épanchements dans les séreuses ou les articulations dont Remak, Benedikt et d'autres observateurs semblent avoir constaté un certain nombre de cas; la résorption des tophus de la goutte ou des exsudats inflammatoires comme d'autres le voudraient encore, etc., etc.

Nous sommes forcé de nous taire sur ce point, car l'expérimentation est muette jusqu'à ce jour, et l'observation trop insuffisante pour nous permettre de porterun jugementprécis, d'abord sur la valeur des faits, ensuite sur l'interprétation qu'on en a donnée.

Est-ce en provoquant la décomposition des liquides ou des exsudats épanchés, par son action électrolytique, que l'électricité favoriserait cette résorption, possible peut-être, mais non encore démontrée? Ne serait-ce pas au contraire par une sorte d'action de transport (effet cataphorique), ainsi qu'on serait autorisé à se le demander, en se fondant sur les expériences déjà anciennes de Porret, et sur les vues émises, avec réserve il est vrai, par Becquerel? Ne serait-ce pas plutôt enfin par suite d'une action vasculairc réflexe, ainsi que E. Cyon en a émis l'hypothèse dans ses Principes d'électrothèrapie (1), que ce résultat serait obtenu?

Il y a là autant de questions intéressantes, mais sujettes à de nombreuses controverses, auxquelles il est impossible de répondre dans l'état actuel de la science (2).

(1) Cyon, Pri/icipes d'électrothèrapie, Paris, 1873.

(2) Nous ne nous étendrons pas non plus sur l'action prétendue dissolvante des courants de pile sur les calculs vésicaux, action étudiée depuis longtemps par Bouviers Desmortiers, Gruithuisen, Prévost et Dumas (Ac. se. 1822). De nombreuses tentatives infructueuses ont depuis longtemps aussi fait renoncer à ce mode de traitement. Il eût été peut-être plus juste d'insister plus longuement sur l'emploi de Télectrolyse dans la cure des kystes hydatiques du foie, méthode qui

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