‹ De la valeur thérapeutique des courants continusChapitre 21 sur 24 · DES APPAREILS ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

DES APPAREILS ACCESSOIRES

Quel que soit l'élément adopté, nous le supposons maintenant disposé en séries pour l'application du courant continu; procédons à l'indication des autres instruments indispensables ou utiles pour une application rationnelle.

Le premier besoin que l'on éprouve lorsqu on veut se servir d'un appareil, c'est de s assurer que les communications des éléments entre eux ou de ceux-ci avec les rliéophores existent réellement. On peut se servir pour cela d'un galvanoscope, ou d'un voltamètre (nous n'avons pas à expliquer ces termes), ou plus simplement, on peut mettre les deux extrémités du fil à éprouver aune petite distance l'une de l'autre sur un morceau de papier trempé dans une colle d'amidon additionnée d'iodure de potassium. Si le courant passe, une tache brune se développe au contact de l'extrémité qui correspond au pôle positif.

Ensuite, il faut, suivant ce qui a été dit plus haut, pouvoir, lorsque le malade, par suite de l'application des électrodes, est intercalé dans le circuit, juger de l'intensité du courant qui le traverse. Il faut donc que ce courant traverse eu même temps un bon galvanomètre. Toutefois, l'indication ainsi obtenue n'est pas comparable à celle des autres appareils ; nous reviendrons bientôt sur ce point.

En outre, puisque Ton doit proportionner, comme nous l'avons vu, le nombre des éléments à la résistance variable que l'on rencontre et au degré d'intensité qu'on veut obtenir, il faul que l'on puisse mettre dans le circuit tel nombre d'éléments que l'on voudra. Cette condition est réalisée par le collecteur qui permet d'augmenter le nombre des éléments de trois en I rois, ou même de deux en deux. Ce passage d'un nombre d'éléments à un autre doit se faire sans interruption du courant; pour cela, le ressort qui passe d'un bouton à

l'autre doit être plus large que l'intervalle qui le sépare, de manière qu'il n'a pas encore abandonné le bouton qu'il ([aille, lorsqu'il a déjà atteint le suivant.

Toutefois cette graduation de l'intensité du courant par l'adjonction de nouveaux groupes de deux ou trois éléments, à peine suffisante lorsqu'il s'agit d'explorer la contractilité, devient tout à fait défectueuse pour l'exploration des organes des sens suivant la méthode de Brenner, ou l'application de courants faibles. On parvient, au contraire, à toute la précision désirable en faisant usage du rhéostat. Qu'on imagine uni' série de bobines représentant une résistance connue et susceptible d'être fragmentée à volonté. Cette série est reliée au courant qui sort de l'appareil pour traverser le malade, de façon à former un circuit dérivé. Il est clair que, si la résistance qu'elle offre est absolue, le courant tout entier passera par le malade comme devant: si cette résistance est nulle le courant tout entier passera par le rhéostat plutôt que de vaincre la résistance de l'organisme.

Si, enfin, la résistance est intermédiaire entre les deux extrêmes, le courant se divisera entre le malade et le rhéostat, et son intensité sera pour chacun d'eux inversement proportionnelle à la résistance. Soit le courant produit par trente éléments Danicll. on pourra de celte façon en dériver une partie quelconque à travers le rhéostat, et cette partie pourra toujours être évaluée exactement d'après la longueur du fil qu'on lui aura fait parcourir dans l'appareil. Cette manière d'opérer offre donc deux avantages : le premier, on vient de le voir, est la production ad libitum du courant ; le second est, qu'il donne des résultats comparables pour tous les observateurs. En effet, quand je dis le courant de ringt éléments Daniell atténué par une dérivation à travers une longueur de fil qui représente 1880 unités de résistance, j'énonce des conditions qui peuvent toujours être reproduites, surtout, si je n'omets pas d'indiquer la surface des éléments. Quant aux unitésde résistance dont il est question, ce sont les unités diles de Siemens qui correspondent chacune à environ 100 mètres de nos iils télégraphiques.

Voilà certainement la manière la plus simple de graduer le courant et de transmettre les indications relatives. Il est vrai que remploi des unités de l'Association britannique a quelque chose de plus séduisant en ce qu'elles sont en connexion avec les unités de temps, de longueur et de poids ; mais ce serait, croyons-nous, imposer des considérations trop spéciales. Nous pensons, en tout cas, que le rhéostat métallique doit faire partie intégrante des appareils destinés à la pratique.

Il faut encore pouvoir renverser à volonté le sens du courant; à cela sert l'inverseur dont sont pourvus tous les appareils. Ce mécanisme est utile pour produire les alternatives vol laïque s.

Enfin, les interruptions, qu'il vaut toujours mieux faire dans la partie métallique du circuit, s'obtiennent avec l'électrode de Meyer.

Voilà, croyons-nous, le moins que l'on puisse exiger d'un appareil pour le courant continu.

Les rhéophores n'exigent pas de mention particulière.

Quant aux électrodes, nous recommandons exclusivement ceux en charbon recouvert de peau de chamois. Leur forme doit être aussi variée que possible pour répondre à tous les besoins. Il ne faut pas perdre de vue que la largeur de leur surface a une grande importance, l'effet local pour un même courant étant d'autant plus marqué que l'électrode est plus étroit, ce qui se comprend si l'on se reporte à la manière dont l'électricité se distribue en entrant dans l'organisme. On devra donc employer des électrodes étroits lorsqu'on voudra agir sur des organes profonds.

La peau de chamois a l'inconvénient d'augmenter considérablement la résistance, mais cela à un point de vue seulement, car. en permettant de maintenir l'épiderme humide, elle diminue considérablement la résistance énorme de celui-ci. A ce propos, faisons remarquer que, lorsqu un électrode humide est appliqué pendant quelques minutes sur le même point, on peut constater sur le galvanomètre que l'intensité du courant augmente : parce que la résistance diminue au niveau de électrode. Il y a à cela deux causes : d'abord, le ramollis-

semenl croissant de l'épiderme, ensuite un commencement d'électrolyse qui se traduit par de la rougeur autour de l'électrode. Il faut tenir grand compte de cette circonstance dans l'application du courant continu au diagnostic.

Quant au commencement d'électrolyse en question, il n'a pas d'inconvénient lorsqu'on se limite, comme on le fait généralement aujourd'hui, à des intensités de courant modérées et à de courtes séances (de deux à dix minutes) d'électrisation.

Autrefois, on arrivait très-fréquemment à la production d'eschares. Cela avait fait proposer l'emploi en thérapeutique des électrodes impolarisables (zinc amalgamé dans sulfate de zinc ), mais nous voyons que ce serait là une complication inutile.

Depuis quelques années, on emploie beaucoup les courants très-faibles, appliqués pendant des temps très-longs. Comme généralement on se serf pour cela d'électrodes d'étain recouverts de peau de chamois, il en résulte que l'intensité du courant, surtout si les électrodes sont distants, est véritablement des plus minimes, ce qui n'empêche pas une action physiologique et thérapeutique incontestée A ce sujet, il est peut-être intéressant de rappeler la pile indiqueeparCiniselli.de Crémone, et dont il aurait obtenu des résultats thérapeutiques. Elle consiste simplement en deux plaques. Tune de cuivre et l'autre de zinc, réunies par un fil métallique et placées à demeure sur la peau, à une distance quelconque l'une de l'autre. C'est l'organisme qui représente le liquide. Cette simple et originale disposition aurait un défaut, c'est la disproportion entre la résistance intérieure et la résistance extérieure. Nous nous sommes assurés néanmoins qu'elle agit. Il serait peut-être bon, en raison de sa commodité, de l'essayer avec quelque suite.

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