‹ De la valeur thérapeutique des courants continusChapitre 4 sur 24 · G II · texte numérisé non relu

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nique doit inévitablement favoriser les fonctions de la nutrition (I).

Nous avons, depuis le commencement de cet exposé, parlé plusieurs fois de courants ascendants., descendants, d'influences polaires, sans nous expliquer sur la valeur essentielle de chacun de ces termes et sans discuter le rôle physiologique à attribuer à chacun de ces éléments. Nous réservions pour la fin de ce chapitre cette importante question, question d'autant plus délicate que l'influence, en thérapeutique, des courants ascendants el descendants a été soutenue en France avec autant de conviction que de talent par un homme dont la compétence en électro thérapie est reconnue de tous, et que jusqu'à ces derniers temps on a fait jouer dans la science allemande un rôle considérable à la direction des courants galvaniques.

Nous croyons cependant que l'importance attribuée à la direction dans le sens du courant doit être singulièrement restreinte, el ([ne c est à l'action inhérente à la nature et aux propriétés spéciales à chaque pôle, qu'il faul rapporter les différentes modifications produites suivant la place qu'on leur avait fait occuper.

Les recherches du professeur Chauveau, sur les excitations unipolaires commencées en 1 859 el complétées en 1875 el 1870 •par nue série de communications à l'Académie des sciences. sont venues jeter un jour tout nouveau sur le problème. M. Chauveau s'est attaché à reconnaître quelle était l'action de chaque péile successivement mis en eonlael avec le conducteur nerveux etsuivanl l'intensité variable du courant. M. Chauveau pensait en cela se rapprocher davantage des conditions réalisées dans les eas d'application médicale, où l'on ne place pas directement les électrodes sur le conducteur nerveux, où ils sont séparés souvent par de larges distances qui permettent au courant de se diffuser à travers les tissus, lui laissant seulement au niveau des pôles uni 3 densité suffisante pour produire une

(1) Rollett, Ann. laiiversali di medicina, 1877.

action déterminée (voir l'exp. 11, p. 36, où les effets produits sont abolis à cause de la vaste surface des électrodes). On connaîtles résultats auxquels est arrivé M. Chauveau (nous

les rappelons simplement en note (1), y joignant le schéma

« (1) J'appelle excitation unipolaire l'action locale exercée par les courants électriques sur les nerfs au point d'application d'une électrode, quand cette électrode est seule en contact immédiat ou médiat avec le nerf conservé en place dans ses rapports normaux, et ne peut guère agir efficacement qu'au point de contact lui-même, à cause de la grande diffusion qui au delà disperse immédiatement le courant dans toutes les directions.

« La disposition expérimentale qui donne l'idée type de l'excitation unipolaire est la suivante. Le sujet qui subit cette excitation est couché dans un bain d'eau salée, qui le baigne à moitié, sur la moitié émergente, on choisit un point répondant à un nerf superficiel; et l'on y applique une fine électrode, tandis que l'autre électrode plonge largement dans l'eau du bain »

M. Chauveau a formulé en ces termes les lois de l'excitation unipolaire :

« 1° Pour tout sujet dont les nerfs sont en parfait état physiologique, il existe une valeur électrique le plus souvent très- faible, quelquefois modérée, rarement très-élevée, qui donne aux pôles le même degré d'activité dans le cas d'excitation unipolaire des faisceaux nerveux moteurs. Les contractions produites par l'excitation positive et l'excitation négative, avec cette intensité type du courant, sont égales à la fois en grandeur et en durée.

« 2° Au-dessous de cette intensité, les courants égaux produisent des effets inégaux dans les deux pôles, l'activité du pôle négatif est plus considérable .

« 3° Au dessus de la valeur type de l'intensité du courant, l'inégalité se produit en sens inverse. C'est le pôle positif qui présente la plus grande activité, et la différence souvent considérable croit assez régulièrement avec l'intensité du courant, si l'on ne franchit pas les limites au delà desquelles les nerfs s'altèrent, ou tout au moins se fatiguent.

«4° Cescourants forts agissent d'une manière inégale sur les faisceaux nerveux sensitifs, suivant la nature du pôle en contact avec le nerf; n.o's Vinégalité est renversée au lieu d'être symétrique avec celle qui se manifeste dans les contractions musculaires produites par l'action des nerfs moteurs. Avec des courants forts d'intensité parfaitement égaie, l'application même médiate de l'électrode négative sur les nerfs est plus douloureuse que l'application de l'électrode positive. »

Le schéma ci-joint représente ces différents détails.

qui perxnel d'en saisir rapidement les principaux traits. Remarquons seulement l'importance, au pointde vue pratique, de cette formule posée par i\I. Chauveau el démontrée par l'expe-

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