‹ De la valeur thérapeutique des courants continusChapitre 5 sur 24 · S 6 7 8 9 10 II · texte numérisé non relu

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La ligne 1' ijui indique l'action ilu pôle positif^après avoir été inférieure a la ligne X (pùle négatif), la croise en un point (point d'égale activité), puis la dépasse pour continuer sa marche ascendante soit en progression, régulièrement croissante (n° 1), soit moins régulièrement avec des intensités successives toujours diminuées (n oa 2 et 3).

La ligne N, qui correspond à l'effet des excitations du pôle négatif, exprime d'abord une activité pins grande de ce pôle, puis, après avoir été croisée plus ou moins tard par la ligne du pôle positif, conserve sa valeur (n° 1 ) ou s'élève encore très-légèrement (n°2) ou, au contraire, tombe assez rapidement et déplus en plus (n° 3).

Ces courbes sont l'expression des résultats que fournit l'excitation des nerfs moteurs de la grenouille. Ces résultats sont applicables, presque sans réserve, aux nerfs moteurs de l'homme et des mammifères. (Yoy. François Frank, art Nerfs, Dictionn. encyclop., p. 209.)

* L'influence unipolaire sur les nerfs de sensibilité est tout à fait inverse de l'influence qu'elle exerce sur les nerfs moteurs, en sorte que les mêmes constructions peuvent représenter ces résultats, à condition de prendre la courbe positive pour la négative et réciproquement. »

(.Chauveau, Comptes rendus Acad. tirs .sciences, 1875-1876.)

rience : « Les nerfs moteurs sont plus excitables par le pôle positif, — les nerfs sensitifs par le pôle négatif. »

La théorie polaire rend compte des modifications dans Tordre des contractions provoquées par les changements dans l'intensité du courant : elle explique d'une façon en général satisfaisante les différents faits physiologiques que nous avons «eus à énoncer. Comme on a pu le voir déjà, les meilleurs esprits tendent à en reconnaître toute l'importance; la théorie nouvelle commence à s'imposer, même en Allemagne, et nul doute que sous l'impulsion de Ilitzig(l), de Brenner, etc., elle ne devienne bientôt prépondérante; ces résultats, du reste, pouvaient être prévus. Déjà M. Vulpian, cherchant à contrôler les faits avancés par M. Onimus, au sujet de la direction du courant, n'était pas arrivé à les reproduire (voir Leçons sur les vaso-moteurs). MM. Morat et Dastre avaient démontré, d'autre part, que quel que soit le mode de l'excitant électrique (courant interrompu rhythmé ou tétanisant, ou enfin courant galvanique), les effets produits étaient toujours identiques et se traduisaient constamment au début par une construction vaso-motrice suivie plus tard de relâchement vasculaire.

Les expériences que le professeur Ghauveau vient de réaliser tout récemment, dans l'intention précisément de juger l'action des courants ascendant et descendant, tranchent définitivement la question. Nous les rapportons ici telles que M. Chauveau a bien voulu nous les transmettre, et saisissons avec empressement l'occasion de lui exprimer toute notre reconnaissance.

« Ces expériences ont pour but de rechercher si la différence de direction des courants est capable de modifier l'action polaire exercée par ces courants sur les nerfs vaso-moteurs.

Pour bien en saisir la valeur, il faut se rappeler quels sont les effets produits par l'excitation du sympathique dans la

(1) Hitzig, Uclier den relativen Werth einiger Elektrisatious Methoden etc. (Arch.fur Psychiatrie).

Teissier. Courants continus. 3

région du cou. Le cordon cervical du sympathique]|est le nerf vaso-moteur de la tête. Quand on l'excite sur un point de son trajet avec des courants interrompus tétanisants, la circulation se ralentit considérablement dans la carotide, parce que les artérioles terminales du vaisseau se contractent. On constate, du reste, très-facilement, avec les explorateurs manométriques employés généralement à cet usage, que la pression s'élève dans les divisions de la carotide, et baisse, au contraire, dans les veines collatérales, au moment même où, à l'aide de Fhémodromographe, on observe le ralentissement du cours du sang dans la carotide.

Il est nécessaire d'ajouter que ces phénomènes se reproduisent toujours, quand on excite le sympathique, quel que soit le point où l'excitation est portée. Seulement, pour arriver à produire les mêmes effets, il n'est pas nécessaire d'employer des excitations aussi tories, quand on les pratique sur la partie du nerf la plus rapprochée de la tête .

Ces considérations préliminaires permettront de comprendre les conditions et les résultats de l'expérience qui va suivre :

Expérience I. — L'expérience est faite sur un cheval vigoureux qui reste maintenu debout.

On découvre en deux points, du côté gauche du cou, le cordon commun au pneumogastrique et au sympathique, a. l'aide de deux incisions , l'une inférieure, l'autre supérieure. Celle-ci, beaucoup plus longue que l'autre, permet de placer un hémodromographe sur la carotide.

Pour faciliter l'application du courant de pile au nerf sympathique, on pratique une opération préalable. Au niveau des deux points découverts, et dans une étendue très-restreinte, on sépare avec soin ce nerf du pneumogastrique, et l'on coupe ce dernier en travers. Les deux électrodes sont ensuite appliquées et fixées à 5 centimètres environ en deçà et au delà des deux sections , sur le cordon commun laissé en rapport avec les parties avoisinantes. De cette manière, les électrodes, placées à 35 centimètres l'une de l'autre, sont disposées pour agir sur le sympathique exclusivement. Leur éloignement, du bout central du; pneumogastrique pour la supérieure, du bout périphérique pour l'inférieure, les empêche d'influencer sensiblement ce nerf et de troubler ainsi les résultats de l'excitation du sympathique.

L'expérience étant ainsi préparée, on commence par prendre un

tracé du cours du sang dans la carotide. La courbe présente les caractères types des tracés normaux; l'accélération systoliquede la vitesse de la circulation sanguine s'y montre très-marquée.

Le tracé étalon une fois obtenu, sans arrêter la marche de l'appareil enregistreur, on fait passer par le nerf sympathique un courant de pile descendant ou rétrograde (pôle positif en haut, pôle négatif en bas). — Ne pas oublier que la direction du nerf est ascendante; par conséquent, en employant la terminologie usitée maintenant en électrophysiologie, le courant descendant, c'est-à-dire celui qui suit la direction du nerf, se dirige de bas en haut, et le courant ascendant de haut en bas. 11 en résulte une cause de méprise contre laquelle il faut être en garde. — C'est le courant d'un appareil thermo-électrique spécial , dont la force électro-motrice équivaut à celle de quinze grands couples • Daiuell qui a été utilisé. Pendant qu'il passe, l'animal témoigne toujours de l'inquiétude et de la douleur. A la fin de l'application, il tousse morne comme s'il y avait une action sur le bout central du pneumo gastrique. Quant à l'action sur la circulation carotidienne, elle est des plus manifestes. Deux secondes environ après la fermeture du courant, le niveau des minima, dans le tracé du cours du sang, s'abaisse jusqu'à la ligne d'abscisse qui indique le zéro-vitesse, et les oscillations systoliques diminuent considérablement d'amplitude. (ClIAUVEAU.)

Donc, la vitesse de la circulation s'est considérablement ralentie dans la carotide. Donc, le COURANT ASCENDANT a excité énerglquement les nerfs vaso-constricteurs de la tête.

Ce premier fait constaté, sans toucher en rien aux électrodes, on intervertit la direction du courant à l'aide d'un commutateur qui est placé dans le circuit. Puis, quand le tracé — dont on n'a pas interrompu la marche — a repris ses premiers caractères, on referme le circuit, comme tout à l'heure, pendant dix secondes. Les effets sont de même nature, mais moins accentués. Ainsi l'animal manifeste encore de l'inquiétude, mais il ne tousse pas du tout; quanta l'abaissement général de la courbe de la circulation carotidienne, quoique moins considérable que dans le premier cas, il est encore trèsmarqué.

Donc, la vitesse de cette circulation carotidienne a diminué. Donc, le courant DESCENDANT a exercé aussi une excitation manifeste des nerfs vaso-moteurs de la télé, mais moins énergique que celle que s'est exercée par le courant ascendant.

Deux autres commutations successives permirent de s assurer de l'exactitude rigoureuse de ces résultats. »

Ainsi, cette expérience a démontré que, dans les conditions spéciales où elle a été instituée, les courants descendant et ascendant exercent la même action sur les nerfs vaso-moteurs, mais que l'un, le courant ascendant ou rétrograde, agit plus énergiquement que l'autre.

Il reste à expliquer celte différence d'activité des deux courants. « Je n'ai pas besoin de dire, écrit M. Chauveau, que je ne saurais m'arrêter un seul instant à considérer cette différence • comme un fait résultant de la différence môme de la direction des courants. Il ne s'agit là que d'un effet polaire. Entre, les points d'application des électrodes, le courant éprouve une diffusion qui le disperse dans toute l'épaisseur du cou et qui l'empêche d'agircfhcacementsur le nerf sympathique. L'action effectives exerce exclusivement aux deux points d'entréeetdc sortie du courant. Or, si l'on veut bien tenir compte du fait déjà signalé, que la partie supérieure du nerf paraît plus excitable que la partie inférieure, on reconnaîtra que, dans l'expérience actuelle, les choses se passent comme si l'électrode supérieure seule était en contact direct avec le nerf. On retombe ainsi dans le cas de l'excitation unipolaire, c'està-dire (puisqu'on agit sur un courant relativement fort) que les effets de l'excitation doivent être plus énergiques lorsque l'électrode supérieure est positive (courant ascendant ou rétrograde), que si elle est négative (courant descendant).

Une deuxième expérience a été faite sur l'excitation des nerfs vaso-moteurs par les courants ascendants et descendants, mais dans des conditions tout autres. Cette fois on a cherché à réaliser des conditions expérimentales qui permissent d'annihiler autant que possible l'action polaire pour dégager le plus possible l'action propre exercée par le passage du courant ascendant ou descendant.

Exp. II. — On a choisi pour cela le membre postérieur de 1 âne. Des explorateurs manométriques furent placés sur les vaisseaux collatéraux du doigt (artère et veine) suivant les procédés appliqués dans le travail de MM. Dastre et Morat. Le tracé de la pression intravas-

culaire fut enregistré, et pendant la marche tlu cylindre on fit passer dans la partie terminale du membre un courant de pile (le môme que dans la première expérience) tantôt ascendant, tantôt descendant. L'application des électrodes était faite sur la peau par l'intermédiaire de deux grandes éponges imbibées d'eau salée, dont l'une reposait sur la face interne de la jambe, l'autre sur les faces externe et antérieure du doigt. Dans ces conditions, l'électricité entrant et sortant par une très-large surface n'était pas propre à produire des effets polaires bien considérables.

Les résultats furent à peu près négatifs. Les tracés sphygmographiques ne furent pas sensiblement modifiés par le passage du courant, soit que celui-ci fût descendant, soit qu'il fût ascendant.

Cette expérience fut faite sur un animal placé sous l'influence du chloral qui diminue beaucoup l'excitabilité des nerfs vaso-moteurs. Il est possible que, répétée sur un animal non soumis au sommeil chloralique, elle donne d'autres résultats. Ces résultats montreraient peut-être une action propre exercée par la direction des courants continus sur l'excitabilité des vaso-moteurs. Mais j'estime que ce ne serait qu'en employant des courants assez forts pour être insupportables par la douleur qu'ils détermineraient à la peau, aux points d'application des électrodes, de la négative particulièrement. » Ces données sont, il nous semble, plus que suffisantes pour entraîner la conviction. Elles montrent de la façon la plus évidente qu'il n'existe aucune différence entre le mode d'action des courants ascendants et des courants descendants, et que les degrés, dans l'intensité de la production des phénomènes dus en apparence à la direction du courant, ne sont autre chose que le résultat d'une influence polaire.

Ceci ressort d'une façon plus nette encore, s'il est possible, d'une nouvelle expérience que M. Chauveau a exécutée, le 12 avril, dans le laboratoire de physiologie expérimentale de la Faculté de médecine de Lyon. Cette expérience n'est que la répétition de la première que nous avons déjà rapportée, mais elle a été faite dans des conditions meilleures encore : on a eu, en effet, dans cette seconde expérience, trois moyens au lieu d'un, pour apprécier les résultats de l'excitation des

nerfs vaso-constricteurs de la tèle : I e la vitesse du sang dans la carotide ; 2" la pression inlra-carolidiennc ; 3° la pression dans l'artère faciale (bout central). Or, les indications de ces trois phénomènes s'ont absolument synergiques et concordantes. Une condition n a pas peu contribué à cette identité d'indications : on a pris le nerf sympathique aussi bas que possible (on est plus sûr alors de ne pas comprendre les tiiels propres au pneumogastrique, et particulièrement les tiiels appartenant au système du nerf dépresseur). On voit apparaître dans toute leur netteté et leur régularité les résultats immédiats de l'excitation des vaso-constricteurs de La tête,' c'est-à-dire te ralentissement dota circulation et l'élévation de la pression sanguine dans les vaisseaux artériels, le tout déterminé par la constriction des arlérioles périphériques. (les différents détails de l'expérience sont enregistrés dans les tracés 4 et •> page 39. C sux-ci donnent : I" l'indication du moment où se font les excitations (signal électrique — E du tracé) :

2° La durée de l'excitation (chronographe battant les secondes — S du tracé) ;

11" La vitesse du cours du sang (VC du tracé).

4" La pression intra-carotidienne (PC du tracé) :

5° La pression intra-faciale (PF du tracé) ;

La pression dans la carotide est prise naturellement sans arrêt du cours du sang; c'est la pression latérale, autrement dit, le pouls normal.

Pour Tarière faciale, le vaisseau est lié et l'appareil explorateur de la pulsation fixé sur le bout central; les excitations ne durent que cinq à six secondes, afin de ne pas altérer rapidement un tissu vivant, au point d'application des pôles. Et encore y avait-il déjà diminution de l'excitabilité à la troisième reprise.

11 n est pas besoin de plus longues explications pour comprendre les enseignements fournis par la lecture de ces tracés, où l'on voit des deux côtés que le pôle positif et le pôle négatif produisent le ralentissement de la circulation carotidienne, en même temps que la pression s'élève dans l'artère carotide et dans l'artère faciale.

Fig 1. Excitation galvanique du grand sympathique, l'oie négatif a la périphérie ((Jiiauveau).

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