OBSERVATION VI COMMUNIQUÉE PAR M. LE DOCTEUR TOURNIER
Hyperchlorhydrie. — Forme douloureuse. — Grande quantité
de bicarbonate. — Aucun aecident.
22 novembre 93. Mme P..., 41 ans, aucun antécédent ni personnel, ni héréditaire. Aucun trouble gastrique dans sa jeunesse: toutefois elle s’est beaucoup serrée étant jeune fille, c’est à partir de cette date qu’elle souffre de l’estomac. Mariée ” à vingt ans, elle continue à souffrir.
Pendant sa première grossesse elle accuse un ictère prolongé. Immédiatement après ses couches elle prend plusieurs crises. La douleur se localise à droite dans la région hépathique, elles se répètent plusieurs fois, et on pense à de la lithiare biliaire. Ces accidents, ainsi que l’ictère disparaissent.
Nous voyons la malade en décembre 1893 pour la première fois. Elle souffre de l’estomac depuis six ans sans qu'aucun traitement, qu'aucun médicament puisse la soulager. Elle se fait maintenant des piqures de morphine qui n’arrivent point à la calmer: Ces douleurs surviennent environ deux heures après les repas elles se localisent & la hauteur de l’épigastre
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et correspondent dans le dos le long de la colonne vertébrale.
Toute absorption d’aliments ranime cette douleur au point que la malade est arrivée à ne plus faire qu’un seul repas par
jour. Elle diminue de poids tous les jours elle pèse actuelle
ment & kilogs. F Ce n’est qu'avec beaucoup de peine que nous pouvons lui passer la sonde après l'absorption de pain et d’eau. F Au bout d’une heure, on retire très peu de liquide. AT. 28 x Réaction de con lb. et combiné = très intense. Diagnostic ‘: hyperchlorhydrie, forme très douloureuse. Traitement : bicarbonate de soude à haute dose: 16 grammes par jour après les repas. Régime: Belladone. Le 30 décembre. La malade revient, elle va beaucoup mieux. ses crises sont moins fortes. ;
Le 17 février. — On fait de nouveau l'examen du chimisme stomacal. — On trouve très peu de liquide, pas de réactions
d'Hc ni libre, ni combiné. La malade ne souffre. plus, mais
elle continue malgré cela son traitement.
Le 1er janvier 1896. Nous venons de revoir la malade, elle é
. pèse aujourd’hui 105 kilos. Elle ne souffre plus du tout de son estomac, ele a seulement un peu d’oppression après le repas et une sensation de pesantéur dans la région épigastrique.
Elle suivit d’un peu Join son régime ; met quelques gouttes
de vin dans son eau, mange une où is oranges sans qu ‘elle se sente incommodée. Toutefois, quand elle prend de la salade ses douleurs reviennent et elle est obligée de prendre une dose de bicarbonate de soude plus forte. Elle nous dit en avoir pris pendant ces quatre ans jusqu’à 20 grammes par Jour. à
Aucun trouble du côté des urines, aucun phénomène de
Cystite. La constipation a en outre complètement cessée et.
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elle ne reproche rien à ce médicament sinon de la faire grossir dans des proportions exagérées.
OBSERVATION VII COMMUNIQUÉE PAR M. LE DOCTEUR ToURNIER
Hyperchlorhydrie. — Amaigrissement considérable.
C..., cultivateur, 40 ans, très bonne santé antérieure, aucun antécédent héréditaire, pas d’alcoolisme, il boit du vin à ses repas. Existence dure, laborieuse. :
Il fait remonter le début de son affection à quatre ans. Il a commencé à éprouver quelques malaises après les repas et même un peu de ballonnement. Depuis deux ans ces douleurs se sont peu à peu accentuées et ont pris le type hyperchlorhydrique, mais chez lui elles sont acceniuées le matin. Sensation de tiraillements et de crampes entre cinq et six heures. Amaigrissement considérable depuis quelque temps.
Régime des hyperchlorhydriques. Teinture de belladone, bicarbonate de soude à dose moyenne. Juillet 1893.
Le malade revient le 25 août et n’a pas été amélioré complètement, les douleurs ont cessé, mais il ne peut manger. Après un repas d’épreuve de pain et de viande, on trouve : réaction de l’acide chlorhydrique intense. Vert brillant donne une teinte vert pré, A.T. = 3.96. Poids 59 kilogs.
Pendant huit jours on le met au régime du lait et du bicar-
bonate de soude.
MAP AR EEE
Revu le 24 décembre. Le malade a engraissé de trois kilog, va trés bien, ne souffre presque plus, a continué son régime.
Nous avons demandé au malade son état actuel en 1896. « J'ai fait usage du bicarbonate de soude pendant au moins six mois, j'en absorbais 250 grammes en quinze jours; je n'avais pas de dose fixe, c’est-à-dire que je le faisais à proportion de la douleur. Si une dose ne suffisait pas j'en prenais une seconde, puis une troisième jusqu’à ce que la douleur fut disparue et je recommençais quand il en survenait une autre” Vous dire que je suis complètement guéri serait trop dire, mais je suis bien mieux et selon ce que je mange et selon le travail auquel je me livre il apparait quelquefois une nouvelle douleur moins vive dont j'ai facilement raison avec une petite dose de bicarbonate de soude.
« Pendant la première année de mon traitement je n’ai pour ainsi dire pas varié (1 kilog à peu près), aujourd’huiencore je n’ai varié que de quatre, soit six kilogs de mon poids que j’ai repris. Pendant que je souffrais beaucoup je me suis aperçu que lorsque je ne déjeunais pas le matin j'étais bien mieux, si bien, que maintenant je ne déjeune qu’à onze heures et fais encore un autre repas vers les six heures du soir.À moins que je fasse usage d'aliments tout à fait contraire je me trouve bien. En observant ce traitement je' me porte bien, je Suis vif, gai, d'humeur égale et pas mal à mon aise. J'ai repris une bonne partie de mes forces, mais pas toutes com plètement ».