‹ De la valeur thérapeutique du bicarbonate de soude dans l’hyperchlorhydrie protopathiqueChapitre 3 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Il se passe en médecine ce qui arrive pour les autres sciences: c’est quà mesure que l’on étudie une question et que l’on multiplie les moyens d’examen, cette question paraît s'obscurcir et la solution du problème que l’on a à résoudre devient de plus en plus compliquée. Je ne connais pas de meilleures preuves à ce que je viens d'avancer que l’étude de l'emploi des alcalins dans le traitement des affections de l'estomac » (1).

Ces quelques mots de Dujardin-Beaumetz donnent une juste idée du sujet qui nous occupe.

() Dujardin-Beaumetz. — Revue internalionale de médecine et de chirurgie pratique. 1894, p. 337.

HOTTELIER 2

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Si on examine les différentes théories émises sur l’action du bicarbonate de soude on voit qu’elles sont aussi nombreuses que contradictoires.

Les physiologistes s'occupent surtout de l’action du bicarbonate de soude sur l'estomac du chien. Ils arrivent à conclure d’une facon générale à une action excitante du bicarbonate sur la muqueuse gastrique.

Cette opinion a été confirmée tout récemment par les recherches de M. Linossier opérant sur un estomac sain.

D'autres au contraire se plaçant à un point de vue clinique comme Modiano, Gilbert trouvent que ce pouvoir excitant n'existe que dans les estomacs des hypochlorhydriques, et encore cette excitation est momentanée. Îl a au contraire une action dépressive chez les hyperchlorhydriques.

Une troisième opinion enfin, soutenue par Reichmann, ne voit dans cet alcalin qu’un neutralisant pur et simple de l'Hcz sans aucune action sur les fonctions sécrétoires de la muqueuse aussi bien dans l’hyperchlorhydrie que dans l’hypochlorhvdrie.

Au milieu de tant d'opinions diverses, on voit com-

bien il est difficile de se faire une idée exacte de la valeur réelle du bicarbonate de soude, qu'on avait employé tantôt comme un excitant chez les hypo- Chlorhydriques, tantôt comme un neutralisant chez les hyperchlorhydriques, tantôt comme un médicament anodin ou sans importance. Nous:nous sommes demandé si la clinique ne pourrait pas nous fixer d'une façon précise sur la valeur du bicarbonate de

se

soude et nous permettre de faire de ce médicament un auxiliaire précieux contre de certaines affections gastriques.

M. le docteur Tournier qui a eu l'idée première de ce travail, a bien voulu nous fournir tous les documents nécessaires et nous faire profiter de ses longues et patientes recherches sur les maladies de l’estomac.

Les observations que nous publions sont celles de ses malades qu'il a pu suivre pendant plusieurs années.

Elles prouvent que le bicarbonate de soude, non seulement a une action immédiate en calmant les douleurs de l’hyperchlorhydrie, mais qu'il a une ac-

tion curative certaine. Cet alcalin pris à haute dose et pendant très longtemps arrive à guérir d’une façon durable des malades souffrant depuis des années d'hyperchlorhydrie douloureuse, et amenant des phénomènes d’amaigrissement inquiétants.

Dans un premier chapitre, nous passerons en revue les principaux auteurs qui se sont occupés de la question.

Dans une deuxième partie purement clinique nous publierons les observations avec un commentaire.

Dans une troisième partie, la plus importante, nous exposerons les résultats de nos observations, nous efforçant d'expliquer l’action curative du bicarbonate de soude.

Dans un dernier chapitre nous traiterons des inconvénients et des avantages qu'offre ce médicament comparé aux alcalins.

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Arrivé au terme de: nos études, nous sommes heureux d'avoir l’occasion de témoigner notre reconnaissance à tous les maîtres qui ont contribué à notre éducation médicale.

Et d’abord, que M, le professeur Lépine, dont nous avons eu l’honneur d'être l’externe, nous permette de le remercier de la bienveillance qu'il nous a toujours prodiguée. En acceptant la présidence de notre thèse, il nous a donné une preuve nouvelle de l'intérêt qu'il porte à ses élèves et il nous a fait contracter une dette de reconnaissance que nous ne pourrons Jamais acquitter.

M. le professeur Polosson, pendant le trop court séjour que nous avons fait dans son service, nous. a singulièrement facilité l'étude de la pathologie exterre par ses attachantes lecons. Il nous a montré, en outre, par des interventions sagement conduites, ce que désormais, les malades pouvaient attendre des nouvelles méthodes chirurgicales. Puissions-nous ne jamais oublier ses judicieuses démonstrations et mettre toujours à profit un aussi précieux. enseigne ment.

M. le docteur Tournier, chef de clinique à la Faculté, après avoir été pour nous un maître aussi dévoué que bienveillant, pendant tout le cours de nos études, a bien voulu nous inspirer le sujet de notre thèse inaugurale et nous aider de sa vaste érudition, sans laquelle nous n’aurions pu mener à bien notre modeste travail; qu'il veuille bien croire à notre plus profonde gratitude.

Enfin nous n’aurions garde d'oublier M. le doc-

La

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