‹ De La Valeur Thérapeutique Du Fenugrec (Trigonella Foenum Graecum) Dans Le Traitement Des Athénies Et Des États De Maigreur AnorganiqueChapitre 2 sur 10 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si dans ces dernières années la pharmacopée s’est enrichie de nombreux médicaments synthétiques, si depuis un siècle on a découvert le principe actif d’un grand hombre de drogues, il n’en est pas moins vrai qu'une thérapeutique bien comprise ne devra pas négliger de recourir à la vertu des plantes. C'est l'opinion du professeur Pouchet : « Certes, dit-il, je Suis le premier à reconnaître l'avantage indéniable des principes actifs, pour létude de l’action physiologique, qui permet d'interpréter l’action thérapeutique d’une drogue végétale; mais je crois que l’emploi du principe actif, au détriment de la préparation galénique, n'est qu'une simplification apparente et qu'il constitue une atteinte portée à l'action médicamenteuse totale ».

Brissemoret qui a reproduit cette phrase dans son livre intitulé « Essais sur nos préparations galéniques » ajoute : © L'emploi du principe actif est excellent pour atteindre rapidement un but déterminé; mais son emploi exclusif prive le médecin d’une arme de choix dans la lutte contre la maladie: on reconnaît aujourd’hui que la digitaline n’a pas l'action de l'extrait de digitale, la morphine celle de

l'extrait d’opium, ni la quinine celle de l'extrait de quinquina ; la conicine n’apaisera pas les douleurs, comme le peut faire un emplâtre d'extrait de ciguë, etc.

L’extrait, en effet, ne contient pas seulement les principes définis, dont l’action toxique plus ou moins accentuée à été censée représenter l’action médicamenteuse de la plante, il renferme aussi des substances ignorées qui accompagnent ces CGrps connus et qui leur sont combinées. Effectivement leur rôle est'considérable, ainsi que le montre l'exemple suivant :

L’écorce de bourdaine doit ses propriétés purgatives à l’'émodine, dont elle contient 2,667; les autres principes définis, que l’on peut isoler de la plante, ne fournissent pas d’émodine en se décomposant, aussi ne purgent-ils pas administrés isolément. Or, une dose de 2 gr. d'émodine suffit à peine pour produire l'effet purgatif provoqué par 4 gr. d'extrait fluide de bourdaine, lesquels ne représentent que O gr. 10 d’émodine.

Quelles sont les causes de cette différence d’action ? On ne peut les attribuer qu’à la combinaison dans laquelle l’émodine se trouve engagée dans la bourdaine et dans son extrait, et à son association à d’autres substances, qui, renforçant son action, s'oppose aussi probablement À sa diffusion dans l’économie, d'où son action locale plus éner. gique.

En d’autres termes, la forme sous laquelle le principe défini préexiste dans l'extrait, lui imprime une activite qu'i perd, lorsqu'il se trouve dégagé de ses combinaisons el associations naturelles.

Nous avons vu que les combinaisons, qui existent à l’état vivant dans les tissus végétaux ou animaux, étaient en général peu stables: leur activité dépend souvent d'une élévation de température. Cette idée préoccupait déjà les anciens pharmacologistes :

Les vertus des plantes, écrivait Van Helmont, sont leurs facultés vitales ; on ne saurait trop respecter l’état naturel des simples, quand il s’agit de leur donner une forme pharmaceutique”. »

le fenugrec a précisément l’avantage d’être employé tel quel, et les préparations qu'on doit lui faire subir pour le désodoriser ne semblent pas altérer ses propriétés, puisque ‘nos observations confirment les résultats donnés par lui depuis la plus haute antiquité. Sur le conseil de notre maître, M. Paul Blum, nous avons voulu rendre à cette drogue la place qu’elle mérite de tenir dans l'arsenal thérapeutique.

Elle a l'avantage d’être sans aucun danger, de pouvoir être supportée par les estomacs les plus délicats, de ne provoquer aucun accident d’intolérance, bref d’être utile sans jamais être nuisible. Il y a peu de médicaments chimiques qui pourraient mériter un pareil éloge.

Si on ne trouve pas dans ce travail des analyses chimiques personnelles,. c'est qu'il n’est pas facile de faire de pareilles recherches lorsqu'on n'est pas familiarisé avec ces travaux délicats. Au surplus les analyses qui figurent dans ce travail sont toutes de date récente et ont été faites par des spécialistes éprouvés.

Par contre nous avons essayé de vérifier par l'analyse des urines l’influence que cette drogue pouvait avoir sur le métabolisme général. Mais les résultats ont été négatifs en ce sens que les variations étaient de l’ordre des modifications qui sont susceptibles de se produire d'un jour à l’autre, Sans interventions médicamenteuses. Aussi avons-nous négligé de donner ces résultats.

Mais en médecine, c’est toujours à l'observation clinique qu'appartient le dernier mot,

Or les résultats que nous avons obtenus sont nets et précis. Appuyés sur 26 observations, ils permettent d’af-

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