LETTRES DE LOUIS XIV AU MARQUIS DE LA VALLIÈRE
Paris, le 11 décembre 1665.
Monsieur le marquis de La Yallière, je suis fort satisfait du compte que vous me rendez par votre lettre du 2o du mois passé et principalement de la manière dont vous en avez usé à l'égard du cavalier qui s'était enivré à Nimègue. Continuez à m'informer de ce qui viendra à votre connoissance et tenez toujours la main à ce que la compagnie de mon fils vive dans l'ordre que je souhaite.
1. Nous rappelons qu'en outre des lettres de Louis XIV et de Louvois au marquis de La Vallière que nous publions ici, plusieurs autres, non moins importantes, ont été citées presque en entier dans les cba pitres III et VII, consacrés au marquis de La Vallière. Nous n'avons pas cru devoir, pour cette raison, les reproduire ici. La même remarque est à faire au sujet des lettres du marquis de La Vallière à Louvois et au prince de Condé.
Je veux croire qu'elle n'a point de part aux dérèglements qu'on débite ici que mes troupes ont commis puisque vous ne m'en dites rien, mais, si par hasard il se trouvait quelqu'un qui en lut coupable, j'entends qu'il soit châtié sans attendre autre réponse et qu'enfin vous me donniez avis par la première commodité de tout ce que vous saurez sur le sujet de ces bruits-là.
Le peu d'assistance que je vois que vous avez eue dans vos querelles me fait une peine extrême; je vous recommande d'y remédier autant qu'il sera possible et de faire que votre exemple et celui de vos compagnons excite les autres à supporter patiemment celte fatigue et de plus à ne trouver jamais de difficulté aux choses qui seront de mon service.
J'ai mandé au sieur de Louvois que de Lisle demeure maréchal des logis de la compagnie de mon fils et s'en va vous trouver en Hollande , comme aussi de vous envoyer deux brevets des maréchaux des logis de la même compagnie, les noms sont en blanc pour le remplirdes deux brigadiers que vous en jugerez plus dignes et encore un troisième brevet, le nom aussi en blanc, pour faire un des brigadiers qui restent lieutenant dans mon régiment de cavalerie en la place de Villatte à qui je donne la lieutenance de la compagnie colonnelle que je remets sur pied.
Je vous en ai dit assez par ma précédente lettre pour être assuré que vous ferez tous vos efforts afin de rendre la compagnie de chevau-légers de mon fils aussi belle
et bonne que je souhaite qu'elle soit. J'ajouterai pourtant qu'à moins d'une application extraordinaire qu'il est à craindre pour vous que celle des gendarmes qu'on lait à présent n'efface le lustre de l'autre.
Le chevalier de Clermont-Tonnerre qui vous succède à la cornette sera au premier jour à sa charge. Cependant je prie Dieu qu'il vous ait, monsieur le marquis de La Yallière, en sa sainte et digne garde l.
Paris , 25 décembre 1665.
M. le marquis de La Vallière, vous me rendez si bon compte de ce qui se passe aux lieux où vous êtes que j'ai un grand plaisir à lire vos deux lettres des 12 et 5 de ce mois. Je suis fort satisfait de l'empressement que la compagnie de mon fils a fait paraître dans le transport des fascines commandées pour combler le fossé de Lochen, mais je ne le suis pas moins de voir ce que toutes les lettres qui sont venues de ce quartier là disent à votre avantage, étant très persuadé que vous le méritez bien.
Il était de l'honnêteté de renvoyer au rhingrave l'étendard et les timbales de la compagnie de feu son fils, comme du bon ordre de le faire de la participation du sieur de Pradel et vous avez satisfait fort bien à l'un et à l'autre.
J'approuve, toutes choses égales, que les places à