Archives de la Guérie, vol. 109, fol
358 DE LA YALLIÈRE A MOXTESPAX.
plus étourdi qu'autre chose et je suis persuadé que le bon succès que vous avez eu en ceci vient plutôt du bonheur qui vous suit partout que de votre grande capacité. Les services importants que vous rendez à MM. les États ne me font point douter qu'ils ne vous récompensent comme vous le méritez et qu'ils ne v< >us rendent capable de devenir avec le temps bourguemestre de quelque bonne ville. La gratification que l'on vous a faite est au-dessus de votre mérite, mais elle est, comme je crois, peu capable de défrayer longtemps la Uible que l'on nous mande que vous tenez.
Il est venu ici un père théatin italien qui s'est mêlé de dire la bonne aventure à tout le monde. Il l'a dit à la petite fille que vous connaissez et lui a prophétisé que beaucoup de gens l'aimeraient, aucun ne l'épouserait, et que cependant elle accoucherait entre cy et un an et demi. A l"égard du chevalier pour lequel vous l'avez souffletée si souvent, le père théatin l'a assuré qu'il était le plus grand fripon qui fut au monde. Voilà, Monsieur, les plus grandes nouvelles qui se débitent présentement en cette Cour.
Je suis tout à vous.
M. Carlier a ordre de donner à chacun de vos maréchaux des logis 500 livres pour leurs maîtres1.