PRODUITS A PARIS DU À° FÉVRIER AU 25 DÉCEMPRE
Dans un laps de temps assez restreint du 6 mars au 14 avril 4891 nous avons assisté à l’évolution d’une petite épidémie de variole qui a sévi dans le dix-septième arrondissement, non loin du rond point des Ternes dans l’espace compris exactement entre la terminaison de l'avenue dés Ternes, le commencement de l’avenue Niel, la fin de la rue Rennequin et la rue Poncelet.
Les renseignements oblenus ont permis d'établir d’une manière irréfutable le premier point de contage; du moins en ce qui concerne un des deux foyers que nous allons décrire. Nous jugeons en effet indispensable pour la clarté de la description de subdiviser notre étude en deux parties distinctes, nous réservant en terminant de rattacher les deux foyers l’un à l’autre.
OBSERVATION I
Le 6 mars 1891, M!eB... Jeanne, âgée de 21 ans, demeurant rue Laugier, n. 9, entre à l'hôpital d’Aubervilliers dans le service de M. Netter, atteinte de variole dont l'invasion remonte au 2 mars.
La malade nous apprend que son logement est situé au
cinquième étage, mais que dans la même maison au premier
M5) de
étage, un jeune homme, M. D..., est actuellement en traitement pour variole.
Elle n’est pas entrée dans le logement contaminé, mais elle était en relation suivie avec la mère du malade. Défiante, elle évitait autant que possible de lier conversation avec la mère du jeune homme, et ce n’est que lorsque cette dernière lui eut assuré que le médecin ne voyait pas d’inconvénient à leurs entrevues qu’elle a renoué la conversation.
Le lendemain, poursuivant notre enquête, M" D... nous apprenait que son fils avait certainement été contaminé par Mme de L..., rue Bayen, n. 9, atteinte de variole: M. D... ,sur lequel il est facile de reconnaître les pustules en dessiccation d’une variole cohérente à la face, déclare à son tour qu’il rendait asséz souvent visite à Mm° de L... actuellement presque remise. Reçu chez Mme de L..., nous savons bientôt de cette dame que depuis plus de trois semaines, elle ne quittait pas son appartement lorsqu'une variole discrète, dont les traces sont visibles, se déclara. Avant l’éruption la fille de Me de L..., accompagnée de ses deux petites filles venait de la campagne, absolument bien portantes toutes trois:
Au boutde quelques jours de séjour les deux enfants prenaient la scarlatine ; et peu après l’éruption variolique paraissait chez la grand'mère, qui, nous insistons, ne se rappelle pas avoir vu de varioleux. La grand'mère se levait à peine que sa fille contractait la variole. Comment se fait-i} que à quelques jours ‘d'intervalle, la grand’mère et ses deux pelites-filles aient contracté une fièvre éruptive différente, il nous est impossible de le dire, mais nous n’hésitons pas à faire de la rue Bayen le point de départ de la maladie ; les
dates nous donnent raison.
DS
MaisM. D... prenaitses médicaments rue Poncelet, n° 22, chez M. X..., pharmacien. La bonne du pharmacien, G... Alexandrine (Obs. III) portait elle-même les médicaments chez M. D... et le7 mars elle était prise à son tour. À la même époque la concierge de la rue Laugier, n° 9 (voir Obs. IT), dont la loge est située en face l'appartement de M. D...., était atteinte. Enfin le frère du pharmacien qui serendra à son tour chez M. D... sera la dernière personne atteinte à notre connaissance.
Ainsi dans l'espace d’une quinzaine de jours sept varioles provenant sûrement de la seule et même source se déclarent. Trois malades vont à l'hôpital, quatre reçoivent des soins à domicile.
Le tableau suivant montrera la marche de la contagion.
sa fille
Mie B., 9, rue Laugier.
Mne N., 9, rue Laugier.
Mme L. Sos 19, rue Bayen.
9, rue Laugier. Mie G., 22, rue Poncelet.
M. X. id,
ee
OBSERVATION I
MieB... Jeanne, âgée de 21 ans, demeurant, 9, rue Laugier, entre à l'hôpital le 6 mars 1891 atteinte de variole, invasion 2 mars.
Eruption moyenne sur le visage ; très légère sur le corps et sur les membres. Elle sort Le 11 avril 1891.
un à fear
OBSERVATION II
N... Catherine, âgée de 58ans, concierge, rue Laugier, n° 9, entre à l'hôpital le 8 mars 1891, atteinte de variole hémorrhagique, où elle meurt le 11 mars 1891, invasion 6 mars.
OBSERVATION III
G... Alexandrine, âgée de 24 ans, cuisinière, rue Poncelet, 22, entre à l'hôpital le 10 mars atteinte de variole cohérente sur la face et sur le corps. Les premiers symptômes s'étaient déclarés le 7 mars. Elle quitte l’hôpital le 11 avril 1891.
La désinfection a été faite réguliérement dans chacun des logements contaminés, grâce sans doute à l’état social des personnes malades.
Nous savons aussi que tous les parents de Mie B...
un
e sont fait revacciner.
Vers la même époque et dans le même quartier, nous avions encore à constater de nouveaux cas de variole.
Le 9 mai entre au pavillon des hommes (Obs. IV) le nommé H... Emile, qui habite l'impasse Roux qui elle-même aboutit à la rue Rennequin. )
H... nous déclare qu'il a vu une jeune fille atteinte de variole. Cette jeune fille était femme de ménage rue Saussier- Leroy, n° 22, qui est parallèle exactement aux rues Bayen et Laugier, et perpendiculaire à la rue Poncelet à laquelle elle aboutit. Q
Nous apprenons que le mari et la femme chez qui Mi X... était domestique (d'elle-même que nous trouvons impasse Roux avec des traces très marquées d’une variole
récente) ont eu à tour de rôle la maladie.
ki eu
heu contaminé.