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ployé, rue Meslay, n° 41, dans le 3° arrondissement, non loin de la place de la République, entre à Aubervilliers, pavillon n° 4. Il meurt le 29 février des suites d’une variole bémorrhagique secondaire. Ce malade est retenu nuit et jour par ses occupations, rue Meslay, n° 41. Mais il a un domicile rue Championnet, n° 105, où il se rend une fois par semaine, le dimanche, pour changer de linge. V... ne sait pas où il peut avoir contracté la variole. Dans la rue Meslay et ses environs, il n’a jamais entendu dire qu’il y ait des varioleux. Il est à présumer que la maladie a été contractée rue Championnet.
Nous connaissons déjà deux malades habitant à quelques mètres du n° 105 de ladite rue.
Le 27. — Au matin V... va à la consultation de Lariboisière, où on l’engage à se rendre à l'hôpital spécial d’Aubervilliers. Nous ne pouvons pas savoir sûrement si la voiture réglementaire lui a été offerte. Le malade arriva exténué à 3 heures après midi, il est reçu d'urgence. Interrogé le lendemain matin à la visite, V..., plus reposé, raconte qu’en sortant de Lariboisière, il a pris le tramway du boulevard Ornano à la Bastille, pour descendre place de la République, et prévenir ses patrons de son entrée à l'hôpital ; il a refait ensuite le même trajet en sens inverse pour se rendre rue Championnet, il s’est enfin rendu à lhôpital par le chemin de fer de ceinture. Avant d’entrer, V..., très fatigué, a pris un peu de menthe et d’eau chez un marchand de vin établi à la porte presque de l'hôpital.
OBSERVATION IV
Thomas Pierre, journalier, #9 ans, demeurant passage
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Duhes:e, n° %, entre à l'hôpital le 2 mars (invasion du 93 février), atteint de variole discrète. Le malade ne pent nous donner aucun renseignement; il n’a jamais été en contact avec des varioleux. Mais le passage Duhesme est contigu à la rue du Mont-Cenis, et presque en face le passage du même nom. Nous croyons pouvoir supposer que la maladie a été
contractée dans le quartier.
OBSERVATION V
Le 9 mars entre à la salle des femmes la nommée Il... Delphine, couturière, âgée de 37 ans, domiciliée à Saint-Ouen, villa Byron, n° 9, atteinte de variole cohérente, et qui a éprouvé les premiers symptômes le 3 mars 1891. Cette malade a pris la variole de sa fille apprentie impasse Saint-François, n° 1, à proximité de la rue Letort, qui a été soignée par elle à Saint-Ouen. La jeune fille aurait contracté la maladie à son atelier. Aussi nous nous rendons impasse Saint-François, n° 1, et la concierge nous raconte que plusieurs cas de variole se sont produits dans le voisinage. Dans la maison même dont elle a la garde une jeune femme était en traitement il n’y a pas un mois, cette personne a quitté l'immeuble il y a quelques jours, et sa mère que nous allons voir ne peut nous donner sa nouvelle adresse. Deux autres locataires, le mari et la femme, marchands des quatre saisons, étaient atteints presque simultanément ; à peine relevés, comme ils sont tenus de gagner leur vie, ils ont repris leurs occapations et nous n'avons pas la chance de les rencontrer. La malade sort guérie le 17 avril. |
OBSERVATION VI
Le jeune C.... Alfred, journalier, âgé de 49 ans, habite
EU 17 Lors passage Gravelle, no 14, à Levallois-Perret où il n’aja uais été en contact avec des varioleux. Il entre dans nos salles le 8 avril (invasion du 80 mars) atteint de variole discrète et nous apprend qu’il a pris la maladie à son atelier rue Championnet, n° 87, où il est occupé par un fabricant de corsels. La concierge de la maison et sa belle-sœur qui habitent ensemble,ajoute-il, avaient la variole, il n’est pourtant pas entré dans la loge dont la porte était lé plus souvent ouverte pour permettre le renouvellement de l'air. Lui et ses camarades s’arrêtaient de temps en temps pour causer avec les convalescentes sans entrer dans la pièce. Nous visitons la concierge et vérifions l’exactitude du récit de C... Les deux femmes ont des traces évidentes de la maladie et nous découvrons en outre: 1° qu’un jeune garçon a été contaminé tout récemment ; 2 que le mari lui-même de la concierge termine sa convalescence. Nous pouvons savoir de plus qu’elle a contaminé la dame Viet Marie également concierge.
- OBSERVATION VII
En effet, le 10 avril, lanommée V... Marie, âgée de 27 ans, concierge, rué Championnet, n. 93, entre dans le service atteinte de variole avec éruption abondante à la face et légère sur le reste du corps (invasion du 2 avril). La malade avait deux fois rendu visite à son amie de l’impasse Saint- François pendant la période aiguë dela maladie, jamais elle n’avait épouvé le moindre malaise. Mais la premiére concierge pour se distraire et à peine entrée en convalescence, s’est
rendue à son tour plusieurs fois rue Championnet, n.93, el
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c'est à ce moment que la dame Viet a ressenti les premiers symptômes d'invasion.
Ainsi après une enquête aussi minutieuse que possible nous avons pu réunir {7 cas de variole en l'espace de deux mois seulement, soit du 6 février au 10 avril.
7 malades ont été traités à l'hôpital.
10 » dans leur domicile.
Total 17 malades.
En résumé, nous avons pu remonter à la véritable source de onze cas sur dix-sept cas; le sieur Roland a pris la variole dans un logement contaminé rue Championnet, n. 98, le sieur C... l’a prise de sa concierge passage du Mont-Cenis, un locataire de l'impasse Saint-François, n. 1, a contaminé notre malade, la femme Hacquet, plus trois autres personnes, enfin la concierge de la rue Championnet n. 87 donne la maladie à nos malades CG... et V... et à trois autres personnes. Mais il est évident que tous ces casse rattachent les uns aux autres. à
Remarque. — Dans cette relation deux cas surtout nous paraissent intéressants. Ils sont pleins d'enseignement et prouvent combien sont peu suivies les prescriptions de salubrité de première utilité.
D'une part l'observation III peut suggérer les réflexions suivantes. Il peut arriver que par négligence d’un côté ou par ignorance où mauvais vouloir de l’autre, à la consultation, dans un grand hôpital un malade atteint de maladie contagieuse ne soit pas dirigé immédiatement sur l'établissement convenable, malgré les moyens nombreux de transports
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institués à ceteffet (1). Et comme ici, il pourrase faire qu'un malade reconnu: contagieux, circule d’un lieu dans un autre . pendant plusieurs heures, au détriment de la santé publique et aussi de la sienne.
I serait donc utile de bien persuader aux malades’ dont le diagnostic est certain qu’il est de leur intérêt de profiter des moyens nombreux mis à leur disposition.
Quant à l'observation n° Il, Charignon, elle démontre une fois de plus l’indifférence des uns, le peu d’autorité que possèdent les autres. En effet, dans uné grande compagnie de chemin de fer, où tout ést soumis à une discipline sérieuse, et où chaque ordre est exécuté sans réplique ; une première circulaire recommande aux agents de se présenter à une époque déterminée, au Cabinet du médecin consultant. Mais cette circulaire qui émane du médecin reste sans effet. Une seconde invitation, plus pressante, sans doute, n'aura pas plus de succés, et il est à présumer qu'on en restera là pour longtemps. Il est étonnant que l'administration de la Compagnie du nord ne rende pas la vaccination obligatoire pour son personnel, tandis qu’elle l’est devenue à la Compagnie de! Paris à Lyon. |
Nous allons dans ce paragraphe faire la description du foyer le plus important que nous ayons eu à constater et dont nous sommes à peu près certain d’avoir découvert le
véritable point de départ.
1. La ville de Paris et la préfecture de police mettent à la disposition du public des voitures spécialement réservées au transport des personnes qui les demandent pourvu qu'elles possèdeut un cer-
tificat de médecin.
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Si on se reporte aux dates des entrées à l'hôpital et aux dates de l'invasion de la maladie ehex les divers sujets, on est en droit d'ineriminer comme premier facteur de contage là fille de M. R..., boulanger, rue de Toqueville, n° 79.
Disons toutefois qu'il nous a êté impossible d'obtenir le moindre renseignement de M. R..., qui a toujours énergiquement refusé de répondre à nos questions et qui s’est toujours vetranché derrière des généralités. Interrogé, ce négociant n'a pas nié que sa fille ne fût malade, mais il nous dit en propres termes que la jeune fille avait une simple éruption de sang qui n'avait rien à voir avee la variole.
Cependant le témoignage de plusieurs de nos malades nous confirme dans notre opinion, et nous Risons partir le foyer de la petite épidémie que nous déerivons ici, de la rue Tocqueville, ne 7
7 OBSERVATION 1
En effet, le 5 mai 1891, entre au pavillon des femmes la nommée A... Anaïs, âgée de 24 ans, demeurant rue de Lévis, n° 46, porteuse de pain chez M. R..., boulanger, rue de Toequeville, ne 72. -
Le jour de l'entrée à l'hôpital, la malade prèsente une éruption abondante à la période de dessiccation (l'invasion est du 28 avril, l'éruption du 30 avril 1891), les pustules sont presque desséchées et elle sort guêrie le SL mai.
La nommée A... nous déclare qu'elle était employée à la boulangerie de la rue de Tocqueville ; elle sait parfaitement que la fille du boulanger était traitée pour une maladie dent an cachait svigneusement le nom. Elle fut chargée un jour par ses patrons de faire un travail quelconque dans l'appar-
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