IV. Le débiteur devient infâme (Gaius, Il
L'infamie entrainait dans l’ordre public certains effets. Celui qui en était frappé devenait indigne de tous honneurs ou dignités, il perdait le jus honorum, et notamment était exclu de toutes les fonctions municipales C'était un rude châtiment à l’époque de Cicéron, alors que les Romains étaient si jaloux de tout ce qui touchait à leurs droits politiques.
L'infamie n’était pas sans influence dans le droit privé: le débiteur vendu ne pouvait plus plaider pour autrui {postulare pro alio) et toutes les fois qu’il jouait dans un procès le concernant personnellement, le rôle de défendeur, il devait fournir la caution yudicatum soloi.
L'infamie s’attachait également à la mémoire de celui dont les biens étaient ainsi vendus après sa mort. Pour prévenir ce résultat, celui qui mourait insolvable avait eu soin d’instituer son esclave, devenu ainsi son héritier nécessaire. C’est sous le nom de l’esclave que les biens étaient vendus et c’est lui qui devenait infâme.
L'infamie n’était produite que par la venditio bonorum. Elle ne dérivait ni de la simple mssio in possessionem , ni de la cession de biens suivie de vente, quoique l’une et l’autre, dans une mesure qu'il est difficile de préciser en droit, entamassent gravement l'exiséimatio du débiteur (L.1, GC. VIT, 71). Elles le faisaient en effet présumer insolvable et sa réputation ne pou-
vait qu’en souffrir.