‹ De la vertu de l'opium dans les maladies vénériennesChapitre 1 sur 11 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

Peu d’années après la publication des Nouvelles recherches cliniques cle Past.a sur la vertu de l’opiuiii dans les maladies vénériennes , j’eus occasion de connaître cet opuscule et d’en vérifier le contenu. J’ai depuis lors constamment employé ce médicament dans les mêmes circonstances, et avec un succès tel, que j’ai eu lieu de m’étonner qu’il ne fût pas plus communément répandu dans la pratique. J’ai pensé que cet abandon d’un excellent remède , dans des cas extrêmement graves, cpii font souvent le désespoir de la médecine , tenait bien plutôt à l’ignorance de ses bons effets , qu’à une indifférence condamnable d’ailleurs, et qui serait contraire à l’esprit d’humanité qui conduit les médecins.

vj avant-propos.

Cette raison m’a donc engagé à traduire l’opuscule de Pcista , persuadé qu’on me saura gré de faire revivre des observations oubliées depuis 1788, époque de leur publication , et qui méritent cependant toute l’attention des gens de l’art.

Ce n’est pas que depuis cette même époque , notre Europe ait totalement négligé l’usage de l’opium dans les affections vénériennes; mais on trouve en France, toutefois, peu d’indices qui prouvent que la médecine l’ait mis à contribution. Cependant , comme il manque à l’histoire de cet usage , tout ce qui s’est passé depuis 1 788 , et même à certaines époques antérieures, jusqu’à présent, je vais tâcher de remplir cette lacune , bien imparfaitement , j’en conviens , puisque depuis 1732 il n’est pas venu à ma connaissance qu’on ait rien publié , en France sur-tout , sur cette importante matière.

Au reste , Pasta a commis , par rapport

AVANT-PROPOS. VlJ

aux Français , une erreur sans cloute involontaire , à l’occasion de 1 admission de l’opium dans les cas de maladies vénériennes. Je rectifierai cette erreur ; et il restera démontré que les Français ont peut-être , à cet égard , l’antériorité sur les Italiens.

Par exemple, notre auteur n’accorde aux médecins français la connaissance de cet lisage de l’opium qu’en 1 787; et cependant, si l’on consulte les commentaires de médecine par Duncan , vol. 1 o , on y trouve une lettre d’un Gentleman de retour du continent d’Europe , par laquelle il est évident qu’on traitait déjà , et même avant 1781 , à l’hôpital militaire de Lille, les maladies vénériennes au moyen de l’opium. « Le médecin de cet hôpital , » y est-il dit , a depuis quelque temps » administré l’opium à tous les malades » siphilitiques , et a réussi au delà de » tout ce qu’on peut dire. »

viij avant-propos.

Les nouveaux mémoires de l’Académie de Stockholm, pour 1784? contiennent entr’autres quatre observations détaillées des bons effets de l’opium dans des cas de symptômes vénériens , tels que ulcères, carie, condilômes , douleurs nocturnes, etc. par André-Jean Hagstrom .

Ce qui donne ensuite à la lettre du Gentleman anglais ci - dessus indiqué , toute l’authenticité d’un fait historique , ce sont les expériences faites à ce même hôpital de Lille , par les Commissaires chargés par la Cour, en 1785, de suivre les traitemens tentés par le Docteur Merlin , avec l’opium , dans les maladies vénériennes. Il résulte de ces expériences que l’opium ne peut pas être rigoureusement considéré comme anti-vénérien, administré seul , mais qu’il réussit après les traitemens mercuriels infructueux , et qu’il est sur - tout un bon auxiliaire du mercure : il pousse aux urines et à la peau.

avant-propos. IX

L’époque où se terminent les expériences du Docteur Pasta , est aussi une époque remarquable en Angleterre , en Suède, en France. Dans un traité de matière médicale donné à Londres , en 1788, par Monro , l’opium est considéré, d’après des expériences répétées, non comme un anti - vénérien par luimême , mais comme un moyen propre à faire soutenir plus long-temps l’usage du mercure , et à hâter la disparition des symptômes vénériens qui auraient paru résister à ce médicament, lesquels cèdent facilement ensuite à de hautes doses d’opium , associé à un régime doux. On trouve dans l’ouvrage intitulé Lecture pour les naturalistes , imprimé à Stockholm la même année , un article de M. Rydborck , lequel assure que l’opium a manifesté une grande efficacité dans l’arthritis vénérienne , dans les ulcères et les douleurs ostéocopes. M. Pecot , chirurgien à Besançon , a consigné dans

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