VII.e Observation
TJn autre malade fut transporté à l'hôpital pour des douleurs ostéocopes très-aiguës, dont il souffrait depuis long-temps aux tibias des deux jambes , et qui étaient causées par une ancienne vérole. 11 prit deux cents grains d’OpiLM dans l'espace de quarante-six jours. Il se plaignait aussi de quelques douleurs aux épaules, au dos , aux cuisses ; mais celles des jambes l’emportaient , de manière que les autres étaient peu sensibles.
En même temps qu'il prenait l’OpiUM intérieurement, on lui appliquait sur les parties douloureuses, mais notamment sur les jambes, des compresses de linge doux , trempées dans de l’eâu tiède chargée d'une bonne dose d’Opi'JM. Ce traitement fut suivi du meilleur succès ; car le malade fut rendu à la santé la plus parfaite.
VII I.e Observation.
S’il y a des hommes qui ont véritablement la gonorrhée , sans vouloir se le persuader , ou que des raisons de politique engagent à en nier l’origine suspecte , on trouve encore bien plus facilement des femmes qui ne se comportent pas autrement. 11 y a , au contraire , chez
celles-ci , un motif d’erreur de plus ou un subterfuge plus spécieux, dans le flux blanc auquel sont sujettes les femmes même les plus chastes et les plus réservées , flux qu’il est , au reste , facile de confondre avec un flux con^ tagieux.
Une jeune femme vivait dans cette erreur ou dans cette illusion volontaire , sans faire aucune attention à un mal qui n’était que trop d'une nature extraordinaire, c’est-à-dire véné* rienne. Ce qui semblait la confirmer dans son idée , c’est que , comme elle le disait , celui avec lequel elle avait habité était très-sain d’ailleurs. Cette gonorrhée vénérienne qu’elle supporta long-temps , lui causa d’abord une grave douleur de tête , sur-tout la nuit , et ensuite une certaine petite toux qui la menaçait de phtisie.
La position de cette jeune personne ne comportait pas toute espèce de traitement. Ainsi I’Opium, remède commode , secret et en même temps efficace , était ce qui lui convenait le mieux. On l’entreprit donc par les méthodes indiquées ci-dessus; et l’on vint à bout de la maladie avec un succès tout aussi heureux.
N. B. Indépendamment des observations précédentes , je pourrais en citer un nombre égal et même plus grand , dans lesquelles l’issue n’a pas été aussi heureuse. Je les passe sous silence , non pour Yûnter en tauaüque un nouveau
remède , mais pour éviter de trop nombreuses descriptions , persuadé qu’il suffit de prévenir le lecteur que les bons effets de l'Omm ne sont pas constans.
J’ajoute, au reste , qu’il n’en est point résulté de mal , et que lorsque I’Opilm est manié avec la dextérité d’un Pratici;, prudent, il n’y en a point à craindre. Ce qui peut arriver de pire , c’est que, s’il n’est pas suivi do succès, il reste inutile,
J’ajoute encore que les observations ci-dessus peuvent de nner lie à des exceptions , si l’on réfléchit aux traitemens mis en usage dans les maux pour lesquels j’ai ensuite employé I’üpium. Ces traitemens, quelquefois, ou ne sont pas tous connus , ou sont tels, qu’ils peuvent avoir coopéié , sinon d’une manière prompte, du moins insensible , à la future guérison ; d’où il est facile d’en attribuer le mérite au dernier médicament , c’est-à-dire à I’Opium , quand il serait possible qu’elle lût le résultat des autres remèdes.
Le temps et de nouvelles expériences décideront mieux çette question ; et disons-le avec Frank : Quidquid fit , in eo positi sitmus , ut mereatur Opium ulteriùs à Medicis in experientiam trahi. Quoi qu’il en soit , nous en sommes parvenus à ce point, que I’Opium mérite do la part des Médecins-Praticiens d’ultérieures expériences.