‹ De la vertu de l'opium dans les maladies vénériennesChapitre 10 sur 11 · VI.e Observation · texte numérisé non relu

VI.e Observation

Un Cuisinier d’un âge mûr , entra à l’hôpital après avoir souffert de longues et pénibles infirmités de cause vénérienne , et passé par un

fatras de traitemens aussi longs qu’inutiles. Il souffrait des douleurs cruelles autour des malléoles des deux pieds, et portait un gonflement dur qui s’étendait depuis le jarret jusqu’aux orteils. L’articulation était toutefois saine , mais douloureuse ; les saillies des malléoles étaient augmentées de volume. Le gonflementci-dessus, quoique très-rénitent, n’était cependant que de l’espèce des œdèmes. Il nous dit que depuis environ un mois il était dans ce mauvais état et inhabile à tout mouvement ; qu’il était resté tel après des onctions mercurielles faites en dernier lieu pour un ulcère à la verge et des douleurs aux articulations , symptômes dont il se sentait presque délivré au moment actuel , sa maladie s’étant toute concentrée depuis sur ses deux pieds.

Quelqu’un proposa aussi I’Opium pour ce malade ; on le mit pn effet en usage. Il en prit deux cents et plus de grains , dans l’espace de cinquante jours, avec la décoction de salsepareille , sans qu’on s’aperçût d’un changement notable dans les secrétions et les excrétions. Il fit matin et soir , pendant le même espace de temps , des lotions sur les parties affectées , avec de l’eau opiatisée ) et ce malade s’est parfaitement rétabli.

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