‹ De la vesicule biliaire envisagée comme lieu d'inoculationChapitre 18 sur 48 · HOT · texte numérisé non relu

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d'une culture en bouillon de pneumocoque, âgée de 24 heures, une faible quantité (0 ec,1 à 0 ce,2) de bile de bœuf provoquera la destruction, la désintégration complète des éléments bactériens. La culture s’éclaircit en 15 minutes et l’examen direct, l’'ensemencement, l’inoculation, révèlent l’absence de tout germe visible, vivant et virulent (phénomène de Neufeld). Les mêmes phénomènes se produisent avec la bile de lapin dans des cultures de méningocoques et de gonocoques.

Au contraire, la bile pure de bœuf, ensemencée avec une culture âe bacilles typhiques, colibacilles, paratyphiques, etc., favorisera le développement de ces bactéries (milieu d’enrichissement de Conradi pour le bacille d’'Eberth); il en est de même avec la bile de lapin ensemencée avec les bacilles typhique, coli et le vibrion cholérique. Bien mieux, ce sera un milieu de prédilection pour ces éléments bactériens, qui s’y développeront avec une rapidité beaucoup plus grande que dans loute autre substance nutritive.

D'autre part, la bile paraît avoir une action particulière sur la virulence de certains bacilles, de la tuberculose en particulier, la modifiant, l'atténuant dans des proportions sensibles, à condition toutefois que la bile soit de même origine que le bacille; autrement dit, il est nécessaire d'employer de la bile humaine pour le bacille tuberculeux humain, bovide pour le bacille bovin, etc. (Calmette). On connaît les essais de vaccination très intéressants qui ont été obtenus par cette méthode Calmette et Guérin) (1).

Mais là encore, dans tous ces différents cas où l’action de la bile favorise nettement le développement des corps microbiens, sa présence dans la vésicule biliaire paraît être nuisible, car son action leucocytaire répulsive l'emporte de beaucoup sur l'action attirante leucocytaire provoquée par les bacilles.

Il en résulte que l’inoculation de vibrion cholérique, par exemple, dans la vésicule biliaire non vidée de son contenu, mais liée, ce qui constitue en réalité un ensemencement du vibrion cholérique avec de la bile, déterminera très rapidement la généralisation du vibrion dans l'organisme et pourra pro-

(1) Annales de l'Institut Pasteur et C. R. de l'Académie des Sciences, années 1907 à 1912.

AC. He

voquer la mort, le milieu de culture étant particulièrement favorable, et rien n'entravant le développement.

Exemple : Lapin n° 57, inoculé le 21 octobre dans la vésicule biliaire suivant le mode habituel, avec une goutte de culture en eau peptonée de vibrion cholérique, âgée de 18 heures, à 37 degrés : 12 heures après l'inoculation, mort. A l'autopsie, peu de lésions; liquide péritonéal peu abondant, mais louche, contenant une proportion énorme de vibrions et de polynucléaires renfermant eux-mêmes des vibrions. La vésicule biliaire est aplatie, flasque, congestionnée, renfermant des placards de cellules muqueuses avec inclusion des vibrions. Si l’on répète la même expérience, mais en ne liant point d'abord la vésicule, on obtient de: résullats différents :

Exemple : Lapin n° 55, inoculé le 20 juillet intravésiculairement avec quelques gouttes d’eau peptonée contenant du vibrion cholérique. Le col vésiculaire n’est pas lié, et la bile est laissée.

Le taux agglutinatif est mesuré 5, 10, 15, 20 et 30 jours après l'opération. Primitivement de 1/10 ; il ne subit aucune variaon et reste identique à ce qu'il était antérieurement.

Le 20 septembre, deux mois après l'inoculation, l’animal est de nouveau opéré; sa vésicule est mise à nu. Son volume n’est pas modifié et son contenu, clair, a conservé sa teinte verdâtre. On relire, par ponclions, quelques gouttes du liquide : sur frottis, on voit des cellules épithéliales en petite quantité et point de vibrions cholériques. L'ensemencement de ce liquide en eau peptonée est cependant positif, et décèle la présence de vibrions.

On pose une ligature de soie sur Le col, transformant ainsi la vésicule en cavité close; et on suture la paroi abdominale.

Vingt-quatre heures après, le vibrion cholérique a passé dans la circulation générale (ensemencement positif en eau peplonée de 1 centimètre cube de sang retiré par ponction intracardiaque ).

Trente-six heures plus tard, l'animal est mort.

Il résulle de ces faits que le vibrion, contenu dans la vésicule biliaire libre et chargée de bile, pousse abondamment dans ce milieu.

Les évacuations intermittentes de tout le contenu étant

fréquentes, les bactéries, au fur et à mesure de leur production, sont rejetées dans l'intestin, où elles ne peuvent causer, chez l'individu adulte, aucun phénomène morbide.

Au contraire, si la vésicule est liée à son col, les vibrions développés avec intensité dans cet excellent milieu, et ne pouvant se déverser dans l'intestin, se répandent dans la circulation générale.

En un mot, que la bile ait une action tavorable ou nuisible sur les bactéries, cette action restera toujours minime en regard de celle beaucoup plus importante qu'elle présente vis-à-vis des leucocytes.

Et quoiqu'il soit très probable que, dans certains cas (nous avons en vue le bacille tuberculeux), la bile bien employée, pourrait, en imprégnant seulement les bacilles laissés quelque temps en contact avec elle et lavés ensuite, être un adjuvant utile, il paraît nécessaire, dans toutes les inoculations intravésiculaires, de vider totalement le contenu biliaire. Par les lavages successifs, à l'eau physiologique et mieux à l'eau légèrement alcalinisée qui a la propriété de dissoudre les éléments biliaires et la mucine, on obtiendra une poche dans laquelle on inoculera les bacilles en cultures pures et non modifiées par le milieu.

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