‹ De la vesicule biliaire envisagée comme lieu d'inoculationChapitre 19 sur 48 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

EFFETS FAVORABLES OU DÉFAVORABLES DE L'INTRODUCTION DANS LA VÉSICULE BILIAIRE DE SUBSTANCES CHIMIOTACTIQUES POSITIVES OU NEGATIVES

POUR LES LEUCOCYTES

Dans le but de reconnaître le rôle joué par l’afflux leucocytaire dans la vésicule, nous avons étudié l'effet de diverses substances ayant sur les globules blancs, les unes une action chimiotactique positive, les autres une action chimiotactique négative. Nous avons vu que l’adjonction à un milieu de culture de bouillon, d'eau peptonée, ou de glucose dans la proportion de 1 p. 100, en favorisant la leucocytose, aide puissamment à la production d'anticorps. Il en serait de même avec l'essence de térébenthine, mais celle-ci a une action bactéricide trop puissante pour qu’on puisse l’employer.

1° Exemple : Lapin, n° 73, inoculé le 5 octobre, reçoit dans la vésicule biliaire 1 centimètre cube d’eau physiologique contenant en suspension deux cultures de vibrions sur gélose de 24 heures à 37 degrés; on à ajouté à la dilution 6 gouttes de térébenthine.

L'agglutination, 10 jours après l'opération, s'élève à 1 p. 100. À l’autopsie, faite 20 jours après, on constate que la vésicule est très légèrement hypertrophiée, renfermant dans son intérieur des leucocytes: il n’y a pas de vibrions: par contre, la térébenthine est restée en très grande partie non résorbée.

2° Exemple : Lapin, n° 79, inoculé le 30 septembre, recoit dans la vésicule 1/2 centimètre cube de térébenthine et 1/2 cen-

Le Ut RE

timètre cube de bouillon ensemencé extemporanément avec une culture cholérique.

Le sérum présente un taux agglutinatif s'élevant dans les 15 premiers jours à 1 p. 500, pour redescendre à 1 p. 50, 30 jours après. À l’autopsie, faite à cette époque : absence de vibrions dans la vésicule.

Lorsque nous étudierons les anticorps, apparaissant à la suite d’inoculations intravésiculaires d’hématies de mouton, nous citerons les résultats obtenus, toutes choses égales d’ailleurs, dans les cas suivants : Le premier, où les hématies sont inoculées seules en milieu isotonique (eau physiologique), le second, où elles sont en milieu chimiotactique négatif (acide lactique en solution à 4 p. 100), le troisième, où elles sont mélangées à des corps possédant un pouvoir chimiotactique positif (spores de charbon tuées). Les résultats sont conformes, dans ces trois cas, aux règles générales. Le pouvoir hémo- : lytique du sérum, dans le premier cas, atteint ! p. 10; dans le second, il reste égal à ce qu'il était auparavant; dans le troisième, il s'élève à 1 p. 100.

Mais si, dans l'exemple que nous avons pris précédemment, le fait d'ajouter une substance repoussant les leucocytes permet de comprendre pourquoi le pouvoir hémolytique reste invariablement au taux qu'il possédait antérieurement, puisque les hématies n'ont pas été détruites, il est difficile d'expliquer comment, avec une substance favorisante, le pouvoir hémolytique s’élève et devient supérieur à ce qu'il eût été sans l'adjonction de cette substance.

Peut-être faut-il admettre, ce qui semble d’accord avec les constatations faites à l’autopsie, que, dans le premier cas, les leucocytes n’ont pas détruit intégralement toutes les hématies, tandis que dans le second, cette désintégration a été complète, poussée jusqu’à la disparition totale de tout vestige héma-

tique.

Inversement, les substances chimiotactiques négatives, en repoussant les leucocytes, empècheront toute formation d’anticorps. L’addition de sels de quinine, d'acide lactique, etc., en quantité extrèmement faible, à la culture inoculée dans la vésicule, entravera l'élaboration, même minime, de substances

immunisantes; et ces résullats sont constants, quel que soit l'antigène considéré : bactérien, cellulaire ou albumineux.

Les expériences venant à l’appui de cette hypothèse seront décrites en détail dans la deuxième partie de ce travail, principalement aux chapitres « Sang », « Choléra » et « Bacille tuberculeux ».

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