PROPRIÉTÉS DU LIQUIDE VÉSICULAIRE
Nous savons que la vésicule biliaire présente en son intérieur, bientôt après l'inoculation cholérique, un liquide blanc crémeux, plus ou moins épais suivant l’époque d’inoculation, et ne renfermant plus de vibrions après un temps relativement court. Les frottis sur lames, les ensemencements en eau peptonée et les inoculations demeurent toujours négatifs.
Toutefois un point paraît intéressant : ce liquide, dépourvu alors de bactéries, lourdement chargé de globules blancs; dont quelques-uns sont en voie de dégénérescence, dont les autres sont encore en pleine activité (la proportion des uns aux autres variant en sens inverse au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la date d’inoculation), n’est pas un liquide indifférent, neutre. |
Si l’on inocule à un cobaye (cobaye 53) dans la cavité péritonéale, tout le contenu, âgé de 1 mois, de la vésicule biliaire d’un lapin, dont le sérum agglutine à 1 p. 500, l'animal ne présente aucune réaction générale. Mais si, 6 jours après, l'on inocule dans cette même cavité péritonéale quelques centimètres cubes d'eau physiologique, contenant en suspension 1/2 tube de vibrion cholérique, âgé de 24 heures sur gélose à 37 degrés, l'animal ne présente, cette fois encore, aucune réaction.
Et cependant tout autre cobaye qui reçoit seulement cette demi-culture cholérique meurt certainement en l'espace de 18 à 24 heures. De même mourra tout cobaye dont l’inoculation vibrionienne, intrapéritonéale, sera précédée 6 jours auparavant de quelques gouttes d’un liquide favorisant l’hyperleucocytose, tel que 1 centimètre cube d’eau peptonée glucosée, comme on peut le constater par le tableau ci-après.
Le fait d'avoir fait précéder de 6 jours au moins l'injection vibrionienne par l'injection du liquide vésiculaire, doit faire écarter l'hypothèse d'une de ces hyperleucocytoses péritonéales