INTRODUCTION
En retirant un sac de collodion, chargé de sporotrichum, dont nous tentions d’exalter le pouvoir pathogène par passage dans le péritoine de lapin, nous vimes ce sac, après les vingt jours qu'il était resté dans la cavité, si adhérent à la face inférieure du tissu hépatique, qu'à première vue on eût crû être en présence d'une vésicule biliaire hypertrophiée. L'idée nous
vint alors d'employer cette même vésicule, préalablement liée
à son col, au même titre qu’un sac de collodion. Mais les différences de propriétés des parois étaient telles que nous n’eûmes que des échecs. Quelques gouttes d’une culture de diphtérie inoculée dans cette cavité causa la mort rapide de l'animal; il en fut de même avec le charbon, puis avec des cultures staphylococciques, etc. Etudiant les phénomènes qui se passaient à l’intérieur de cette vésicule, lors de l’inoculation d’un antigène, à virulence atténuée, nous vimes qu'ils paraissaient être sous la dépendance presque- exclusive des leucocytes qui, atlirés par cet antigène, arrivaient à le détruire et à produire en retour des anticorps spécifiques.
Le problème consistait donc à obtenir un antigène à virulence assez faible, pour ne point provoquer de phénomènes réactionnels trop violents, et cependant à virulence assez intense, pour provoquer la formation d'anticorps en quantité notable. Les résultats que nous obtîinmes d’abord avec le vibrion cholérique, le bacille typhique, puis avec le bacille tuberculeux aviaire et le sporotrichum, enfin avec des antigènes organiques, albumines et hématies, montrèrent que, par ce procédé, on. pouvait arriver à obtenir d’une façon très rapide
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et sans mettre la vie de l'animal en danger, des anticorps puissants et doués dans quelques cas (vibrion cholérique et
bacille tuberculeux) de propriétés immunisantes, actives et
passives, très nettes.
Tous les phénomènes d’immunisation, dans la méthode que nous employâmes, semblent en étroit rapport avec la leucocytose, apparaissent et disparaissent avec elle; aussi pourrait-on émettre l'hypothèse que la persistance de l’immunité ou la récidive de certaines maladies est essentiellement soumise à cette influence leucocytaire (4).
Les affections diphtériques, tétaniques, cholériques ou pesteuses ne s’accompagnent point d’immunisation, mais, la guérison obtenue, leurs agents causals ne demeurent pas à l’état pathogène dans l'organisme, et, de ce fait, aucune réaction leucocytaire ne persiste.
Par contre, dans le cas d'infection éberthienne (nous laissons de côté les autres affections : maladies éruptives, etc., dont l'agent est inconnu), où l’immunité persiste fort longtemps, le bacille semble, d’après les recherches récentes, subsister très souvent peadant plusieurs années dans divers recoinsdel'organisme (vésicule biliaire, appendice, cæcum, ete. ); et, de ce fait, la formation, ou plus exactement l'entretien de la
résence des anticorps dans l'organisme, s'explique par les réactions leucocytaires continues vis-à-vis de cet agent pathogène persistant. Nous verrons plus loin les preuves que l'on peut fournir à l’appui de cette hypothèse.
Enfin, dans les cas d'affection staphylococcique ou streptococcique, l’immunisation, loin d’être obtenue, laisse une sensibilité parculière de l'organisme à subir la même affection. Ne peut-on pas alors admettre que Les anticorps, en quantité suffisante, sont effacés par la prédominance des antigènes loxiques, qui mettent l'organisme en une phase négative continue ?
. (4) D'ailleurs, il parait en êtré de même pour les phénomènes d'immunisation. contre les champignons. Bruno-Bloch a montré que les Trichophytons qui provoquent de fortes suppurations déterminent, par cela même chez les animaux inoculés, l'immunité contre une nouvelle inoculation. ep
Le plan de cette étude comprend deux parties :
1° La première, surtout théorique, dans laquelle seront mentionnées les généralités relatives au sujet de ce travail (rôle de la bile, des globules blancs, des substances chimiotactiques et du foie dans la production des anticorps vaccinants et immunisants);
2° La seconde, surtout expérimentale, dans laquelle on décrira les résultats obtenus par l’inoculation de divers antigènes bactériens (vibrion cholérique, bacille d'Eberth, bacille tuberculeux aviaire, sporotrichum), ou organiques (albumine et hématies).
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