‹ De la vie et de l'intelligenceChapitre 118 sur 229 · Voyez ci-devant, p · texte numérisé non relu

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■2. Voyez les cliapities II, III et IV.

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mort. Comment s'y preiidra-t-il pour jeter un jour nouveau sur cet obscur et difficile problème? Par quelles expériences, je ne dirai pas jusqu'ici non tentées, il en est peu de telles dans Bichat, mais tentées sans but clairement conçu, sans plan rigoureusement suivi, fera-l-il avancer enfin, ne fût-ce que de quelques pas, cette question, depuis tant de siècles, si constamment et toujours si inutilement débattue ?

Bicliat voit trois principaux organes, sorte de trépied sur lequel repose la vie ' : le cœur, les poumons et le cerveau ; et il se dit : chacun de ces organes est nécessaire à la vie des deux autres; si je réussis donc à découvrir comment il sert à y maintenir la vie, j'aurai découvert, par le fait même, comment il concourt à en déterminer la mort; « car, ajoute-t-il très-judicieusement, la cause a de la mort n'est ici que l'absence de celle de la « vie ; celle-ci étant connue, l'autre le deviendra « donc par là même -. »

1. « Le cerveau, le cœuv et le ventriciile sont le triumvirat, « le trépied de la vie », avait dit Bordeii : Œuv. rompl.,]). 831. « Les pliysiologihtes ont connu, de tout temps, l'importance de ce « triple foyer...», dit I?ichat , p. 195.

2. Page 197. « L'action de l'un de ces trois organes est essence tiellement nécessaire à cell<^ des deux antres. Quand l'un cesse « entirremput d'agir, les autres ne siuraient eoutinncr ,'i iHre en

>0i BICHAT EXPÉRIMENTATEUR.

Cela posé, Bichat examine successivement comment la vie du cœur dépend de celle du cerveau, comment la vie du cerveau dépend de celle des poumons, comment chacun de ces trois organes est nécessaire à l'autre, et quel est le genre d'influence que chacun exerce sur tous.

La vie du cerveau, par exemple, dépend de celle du cœur, mais comment en dépend-elle? Est-ce par les nerfs? évidemment, non.

Les nerfs vont au cœur et n'en viennent pas; les vaisseaux, au contraire, viennent du cœur et vont au cerveau; ils y portent en même temps le sang et la vie. Si on lie les vaisseaux, c'est l'action du cerveau qui cesse; si on lie les nerfs, c'est, au conti"aire, celle du cœur.

Le chemin des deux actions est donc connu : l'une va, par les vaisseaux, du cœur au cerveau^; l'autre va du cerveau au cœur par les nerfs 2.

« activité; et, comme ils sont les trois centres où viennent aboutir « tous les phénomènes secondaires des deux vies, ces phéno- « mènes s'interrompent inévitablement aussi , et la mort géné- « raie arrive. » Page 195.

1, « Nous pouvons donc établir que lesv.iisseaux sontles agents « exclusifs de l'influence du cœur sur la vie du cerveau, » p. 199.

2. Mais seulement, suivant Bichat, au moyen d'un organe intermédiaire , au moyen du jioumon. « Le cœur ne finit son « action , lorsque celle du cerveau est interrompue, que parce « qu'alors le poumon meurt préliminairement... » P. 406.

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Du cœur et du cerveau passons aux poumons. Les poumons sont le siège de deux sortes de phénomènes : mécaniques et chimiques. Les phénomènes mécaniques, c'est-à-dire la dilatation du thorax et des poumons, ne sont que le moyen ; la fm est le phénomène chimique, c'est-à-dire l'action de l'air sur le sang, la transformation du sang noir en sang rouge ' ; et Bichat le prouve par une expérience admirable que nous verrons tout à l'heure et qui, entre ses mains-, nous a donné la véritable théorie de X asphyxie.

Enfin, le cerveau agit sur le poumon, sur le thorax, sur le mécanisme respiratoire; mais quel est le point du cerveau par où cette action s'opère? Bichat n'a pas trouvé ce point ; il l'a toutefois

1. « Le poumon est le siège de deux espèces très-différentes de « phénomènes. Les premiers, entièrement mécaniques, sont relaa tifs aux mouvements d'élévation ou d'abaissement des côtes et « du diaphragme, à la dilatation ou au resserrement des vési- « cules aériennes, à l'entrée ou à la sortie de l'air, effet de ces monte vements. Les seconds, purement chimiques, se rapportent aux « altérations diverses qu'éprouve l'air, aux changements de coma position du sang, etc., » p. 213. « Quelle que soit la manière « dont s'interrompe l'action pulmonaire, que les phénomènes chi- « miques ou que les mécaniques cessent les uns avant les autres, « toujours ce sont les premiers dont l'altération jette le trouble « dans les fonctions, » p. 278.

2. Je dis entre ses mains, parce que l'expérience, prise en elleéme,avaitdéjà été faite par Lower, comme on le verra plus loin.

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cherché; il l'a même judicieusement cherché; et c'est là un mérite dont, aujourd'hui surtout que ce point est trouvé, il faut savoir lui tenir compte. Je dis plus. Les deux parties essentielles, les deux parties vraiment neuves du travail expérimental de Bichat sont, à mes yeux, celle par laquelle il a achevé la théorie de l'asphyxie, et celle par laquelle il a commencé la recherche du point de l'encéphale d'où part la première impulsion du mécanisme respiratoire. Arrêtons-nous un moment à l'examen de ces deux parties.

U. — De la théorie de l'asphyxie.

Les anciens n'ont pas connu la théorie de l'asphyxie ; Haller lui-même n'en a rien su ; il s'en tenait aux causes mécaniques et ne soupçonnait pas encore les chimiques. Il ignorait tout ce que la chimie moderne nous a appris : que l'air est composé de deux gaz, qu'un seul de ces gaz, le gaz oxygène, est capable de transformer le sang noir en sang rouge, et que le sang rouge seul est capable d'entretenir la respiration et la vie.

Pour Haller, l'asphyxie n'était que l'interruption de la circulation pulmonaire, intcrriiplion causée par un élal (X expirai ion prolonf;ée (c'est l'expression même dont il sp sort : In expiratione, guam poni-

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onus stabilcm superesse), par l'affaissement du poumon, que produit cette expiration, par l'obstacle mécanique que des vaisseaux repliés sur euxmêmes, dans un poumon affaissé, opposent au cours du sang '.

Haller se trompait. Ni l'affaissement du poumon, Hi les replis de ses vaisseaux, ni Y expiration prolongée par conséquent, n'empêchent la circulation pulmonaire^; et la véritable cause, la cause effective de l'asphyxie n'est point mécanique.

Goodwyn est le premier qui ail vu la cause chimique. On venait de découvrir et de séparer l'un de l'autre les deux gaz distincts dont l'air se compose ; déjà même, on avait remarqué ce que je rap-

1. « la expiratioue verùm pulmoundique uvgetur, et in multô « minorem molem coinprimitur... Vasa ergô sanguiuea breviora « quidem fiiintj... eademqne angustiora nuoc simt... Sanguis î< erg6 quidem in piilnione undique compriniitur... Qiiare ab « expiratione, quam ponimus stabileni superesse, pulmouis pro « sanguine immeabilitas oritur, quam neque absque palpitatione « et vitioso conatu, neque demùm omninô ullis suis viiihus, cor « vincere queat. » (Ekmenta plujsiolorjiœ, lib. VIII, sect. IV, §XXV.)

2. « J'ai prouvé que l'état de plénitude ou de vacuité de l'es- « toinac et de tous les organes creux, en général, n'apporte dans

«leur circulation aucun changement apparent » (Bichat,

p. 241.) «Ouvrez des deux c6tés la poitrine d'un animal vi- « vaut, le poumon s'ajlaisse aussitôt;... cependant la circulatiou « n'éprouve point l'influence de ce changement subit; elle se « soutient encore quelques minutes au même degré.... » p. 243.

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pelais il n'y a ([u'uii instanl, savoir, que l'iiii de ces gaz, Vair dépldoyistiqué, Y air vital, comme on disait alors, ou, comme on dit aujourd'hui, Yoxyfjène, a seul la propriété de transformer le sang noir en sang rouge ' .

Goodwyn en conclut que ce sang rouge pouvait bien avoir seul aussi la propriété d'exciter ou d'entretenir le mouvement contractile du cœur, et particulièrement celui du cœur gauche -.

Et, ce point admis, tout semblait trouvé : le cœur gauche cessant d'agir, la circulation s'arrête, les parties ne reçoivent plus de sang; c'est faute de sang qu'elles meurent; et, telle est, pourGoodwyn, la cause de l'asphyxie ^.

1 « .... Ne pourrait-on pas induire des expériences précédentes « que la couleur rouge du sang est due à la combinaison de

<( l'air éminemment respiratde avec le sang? » (Lavoisior,

Mém. de VAcod. des sci., an. 1777^ p. 192.) « Le docteur Priestley « a démontré que l'air atmosphérique change la couleur du sang, « même à travers les membranes d'une vessie... » (Goodwyn: Di. connexion de la vie nvee In respiration , traduction française, p. 39. Paris, 179S. La ijublication du livre original est de 1789. )

2. « La qualité chimique que le sang acquiert en passant par « les poumons est nécessaire pour entretenir l'action du cœur... » Ibid., p. 50.

3. « Lorsque la respiration est interceptée, l'éclat de la couleur « du sang diminue par degrés, et les contractions de l'oreillette « gauche s'arrêtent bientôt... La cessation des contractions de « l'oreillette vient du défaut de qualité stimulante dans le sang c( lui-même... » /6k/., p. 30.

BICIIAT EXPERIMKNTATKl U. lO'J

Cet homme habile Yenait de faire un pas; il en fallait faire un autre : le contact du sang noir n'arrête point le mouvement du cœur gauche , ni la circulation, par conséquent; et je viens, sans {)Uis tarder, à cette expérience de Bichat que j'ai annoncée ', et qui montre à l'œil comment tout se passe.

et Adaptez, dit Bichat, nn tube à la trachée-ar- « tère, mise à nu et coupée transversalement sur « un animal;... ouvrez ensuite et fermez alterna- « tivement le robinet, et vous ferez changer, à « volonté, le sang noir en sang rouge ou le sang a rouge en sang noir, en ouvrant le robinet ou en « le refermant-.

a Si on bouche, dit-il encore, la trachée d'un a animal, une artère quelconque étant ouverte, on « voit le sang qui en sort s'obscurcir peu à peu, et « enfin devenir aussi noir que le veineux. Or, mala gré ce phénomène qui se passe d'une manière « très-apparente, le fluide continue encore quelque <t temps à jaillir avec une force égale à celle du a sang rouge ^... »

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