Ci-devant, p. lOo
2. Recherches pfu/sioloi/i(iiii's sur ht vie et la i/iort, p. i274.
3. Page 251. « Pompez avec une seringue tout l'air de la tra- « chée-artère;... ouvrez ensuite une artère (jnelconque, la caro- « tide, par exemple : dès que le sang rouge, contenu dans cette « artère, se sera écoulé, le sang noir lui succédera pres([ue tout à
liO BICIIAT EXPERIMENTATEUR.
Cette expérience montre tout et dit tout : en premier lieu, c'est bien dans le poumon et par l'action de l'air que le sang se change de noir en rouge ; en second lieu, le contact du sang noir n'arrête pas le mouvement du cœur gauche, puisque la circulation continue; elle continue avec du sang noir; ce n'est donc pas faute de sang, comme le veut Goodwyn, mais faute de sang rouge que souffrent et périssent alors les parties ' ; enfin, ce même sang noir, dont le simple contact - n'arrête pas le mouvement du cœur gauche, arrête ce mouvement et anéantit la vie du cœur, des poumons, du cerveau, de tous les organes, lorsqu'il a eu le temps d'en pénétrer le tissu profond et intime'.
L'action délétère du sang noir sur le tissu pro-
« coup et sans passer, comme dans le cas précédent^ par diverses « nuances; alors aussi le jet reste encore très4ort pendant quel* « que temps; il ne s'affaiblit que peu à peu, tandis que si le sang « noir n'était point un excitant du cœur, l'inteiTuption du jet « devrait être subite... » p. 251.
1. « Les différents organes ne cessent pas d'agir dans l'as- « pliyxie, parce que le cœur n'y envoie plus de sang, mais parce « qu'il y pousse un sang qui ne leur est point habituel.... » p. 251. "^
2. Le simple co/itacf, c'est-à-dire le simple passage du sang à travers les cavités du cœur.
3. « Si l'asphyxie avait sur les fonctions du cœur ime sem- « blable influence» (semblable à ceUe que lui attribue Goodwyn)^ « il est évident que ses phénomènes devraient toujours com- « mencer par la cessation de l'action de cet organe, que l'auéaû-
BICIIAT ËXPEKlMEiNTATEUK. 111
loiid des organes est donc la cause, la véritable cause, la cause enfin trouvée, de Vasp/njxie\
Je me rappelle avoir plus d'une fois entendu M. Cuvier admirer le génie de Bicliatpour les expériences décisives, et, à ce propos, citer cette expérience même que je viens de rapporter.
.l'ai pourtant un reproche à faire à Bichat, et lequel? celui que je lui ai déjà fait par rapport à Buffon, par rapporta Bordeu, celui qu'il mérite toujours, celui de ne pas citer; c'est qu'en nous présentant ici sa belle expérience, il oublie de nous avertir qu'il n'est pas le premier qui l'ait faite ; que ce premier est Lower, bien que Lower n'en ait pas tire
« tissement des fonctions du cerveau ne serait que secondaire... « Cependant asphyxiez un animal,... vous observerez constam- « ment que la vie animale s'interrompt d'abord, que Ifs sensa- « tions, la perception, la voix se suspendent, que l'animal est « mort au dehors, mais qu'au dedans le cœur bat encùre quelijue « temps, que le pouls se soutient, etc., » p. 2a0.
1. « Je crois que le sang noir agit sur le cœur ainsi que sur « toutes les autres parties,... c'est-à-dire en pénétrant sou tissu, « en affaiblissant chaque fibre en particulier... Le sang noir- ne « pénètre le tissu du cœur par- les artères coronaires, qu'après « avoir traversé les deux cavités à sang rouge. C'est par son con- « tact avec les fibres charnues à l'extrémité du système artériel, « et non par son contact à la surface interne du cœur, que le « sang noir agit. Aussi, ce n'est que peu à peu, et lorsque chaque « fibre en a été bien pénétrée, que sa force diminue et cesse « enfin, tandis que la diminution et la cessation devraient être « presque subites dans le cas coatr;ùre, » p. 255.
Il2 mCllAT EXI'KRIME.NTATEIR.
sans doute, et ne pût en tirer, à l'époque où il écrirait, en 1660, avant les découvertes de la nouvelle chimie, ce qu'eu a tire Bichat, c'est-à-dire la théorie de l'asphyxie^ .
in. — Du point par lequel le ceiTeaii a^t sur le mécanisme respiratoire.
Bichat coupe les deux nerfs de la huitième paire, et la respiration continue'.
Il coupe la moelle épinière entre la dernière vertèbre cervicale et la première dorsale; et, aussitôt, les muscles intercostaux sont paralysés, la respiration ne se fait plus que par le diaphragme'.
Il coupe les nerfs phréniques seuls, et le dia-
1. Voyez, sur Lower et son expérience, mon Histoire de la découverte de la circulution du sany, p. 119 (seconde édition). « Il y a longtemps, dit très-bien Goodwyn, que Lower a observé, « dans les animaux vivants, que le sang qiii jaillit d'une bles- « sure faite à la veine pulmonaire est d'une couleur vive. 11 « savait déjà que le sang, que l'artère pulmonaire porte dans « le poumon, est d'une couleur noire; il en conclut que le sang « prend sa couleur brillante dans son passage à travers le pou- M mon. Observant ensuite que, quand les animaiix ont cessé de tf respirer, le sang que verse la blessure de la veine pulmonaire « est, au contraire, noir, il attribue la production de la couleur « brillante du sang pulmonaire aux effets de la respiration » , p. 33.
2. Page 372. La section de la huitième paire agit sur le tissu du poumon, et non sur le mécanisme respiratoire. Voyez làdessus mes nombreuses expériences.