Traité des Sensations, préambule de l'Essai raisoiinr
GàLL. Ii9
« expérience pour les vérifier et juger de leurs « effets ; marchant ensuite, la balance à la main et « le compas de l'autre, il a mesuré le temps et l'es- « pace ; il a reconnu tous les dehors de la nature, c( et, ne pouvant en pénétrer l'intérieur par les « sens, il l'a deviné par comparaison et jugé par « analogie ' . . . »
Descartes avait dit, avant JBuffon : « Je ne puis « demeurer d'accord de ce qu'on avance, à savoir : « que cette erreur « (il s'agit de l'erreur causée par un bâton qui paraît rompu dans l'eau) « n'est point a corrigée par l'entendement, mais par l'attouchea ment; car, ajoute-t-il, bien que ce sens nous fasse «juger qu'un bâton est droit...., néanmoins cela « ne suffit pas pour corriger l'erreur de la vue ; « mais, outre cela, il est besoin que nous ayons a quelque raison qui nous enseigne que nous de- « vous, en cette rencontre, nous fier plutôt au ju- « gement que nous faisons en suite de l'attouche- « ment qu'à celui où semble nous porter le sens de « la vue, laquelle raison ne peut être attribuée au « sens, mais au seul entendement; et, partant, dans « cet exemple même, c'est l'entendement seul qui (t corrige l'erreur du sens ^. »