BU FF UN
(le la vie organique ne pouvait manquer d'être la discordance.
Bichat conclut celle discordance de ce que le rein ou le poumon d'un côté peuvent être plus forts ou plus faibles que le rein ou le poumon de l'autre côté sans que la régularité de la fonclion en soit troublée ' .
Mais en quoi cela prouve-l-il la discordance? cela prouve seulement que X égalité parfaite des organes n'est pas plus nécessaire dans la vie organique que dans la vie animale.
Je ne ferai plus que deux citalions, et même je ne les ferai que pour montrer comment Bichat faisait les siennes.
Une des pages les plus éloquentes de Buffon est celle qu'il a écrite sur Vhomo duplex , l'homme double.
« L'homme intérieur est double, dit Biiffon : il « est composé de deux principes différents par « leur nature et contraires par leur action. L'àme,
1. « Qu'un reiu plus fort que l'autre sépare plus d'urine, qu'un « poumon mieux développé admette dans un temps douné plus de « sang veineux et renvoie plus de sang artériel, que moins de « force organique distingue les glandes salivaires gauches d'avec « les droites, qu'importe'? la fonction unique à laquelle concourt « cliaque paire d'organes n'est pas moins régulièrement exercée;» Page 36.
U) BLFFOiN.
« ce principe spirituel, ce principe de toute con- « naissance, est toujours en opposition avec cet « autre principe animal et purement matériel : « le premier est une lumière qu'accompagnent le « calme et la sérénité, une source salutaire dont « émanent la science, la raison, la sagesse; l'autre « est une fausse lueur qui ne brille que dans la « tempête et l'obscurité, un torrent impétueux qui « roule et entraîne à sa suite les passions et les « erreurs... Il est aisé, en rentrant en soi-même, « de reconnaître l'existence de ces deux principes : « il y a des instants dans la vie, il y a même des « heures, des jours où nous pouvons juger, non- « seulement de la certitude de leur existence, mais « aussi de leur contrariété d'action. Je veux parler « de ces temps d'ennui, d'indolence, de dégoût, « où nous ne pouvons nous déterminer à rien, où V nous voulons ce que nous ne faisons pas, et fai- « sons ce que nous ne voulons pas '... »
Bichat se pénètre de ces belles pages ; il en tire tout ce qu'il peut ; seulement au principe spirituel, à Yâme, et au principe uiatériel, il substitue (ce qui déjà rabaisse beaucoup la question ) ses deux vies; et puis il ajoute :
« Tous les philosophes ont presque remarqué
L ÏMiue II, p. 34tj et siiiv.
ULFFU.N. il
« cette prédominance alternative des denx vies : « Platon, Marc-Anrèle, saint Ângustin, Bacon, saint a Paul » (je ne change rien à l'ordre des noms), « Leibnitz, Van Helmont, Buflon, etc., ont reconnu « en nous deux espèces de principes : par l'un « nous maîtrisons tous nos actes moraux ; l'autre « semble les produire involontairement ' . »
Je demande si rappeler Buffon de celte manière, ce n'est pas plutôt le déguiser que le citer.
Venons à la seconde citation. J'ai tiré la première des Recherches sur (a vie et In mort; ie tire celle-ci de VAnatomie générale, ouvrage publié en 1801, une année après les Recherches.
« J'ai cherché le plus possible , en classant les et fonctions, à suivre, dit Bichat, la marche tracée « par la nature elle-même. J'ai posé, dans mon « ouvrage sur la vie et la mort, les fondements de « cette classitication , que je suivais avant d'avoir « pubhé celui-ci. Aristote, Buffon, etc., avaient vu, « dans l'homme, deux ordi'es de fonctions, l'un qui « le met en rapport avec les corps extérieurs, l'autre « qui sert à le nourrir. Grimand reproduisit cette « idée, qui est aussi grande que vraie, dans ses « cours de physiologie et dans son mémoire sur la a nutrition; mais, en la considérant d'une manière